JEANNE ET MARGUERITE - Valérie Péronnet
Sélectionné Par Stephanie -- 31 août 2011
Marguerite dite Guitta tombe amoureuse d'Eugène dès le premier regard, un coup de foudre tenu secret jusqu'à leurs fiançailles. Nous sommes en 1906. Lui est à Zurich pour ses études, elle à Nice. Jeanne est séduite par un inconnu sur Internet. Ils se rencontrent et n'ont plus envie de se quitter. Mais il ne reste jamais longtemps, il doit partir en mission.
Pour supporter l'absence de l'autre, elles ont choisi l'écriture. La séparation paraît ainsi moins longue. Guitta et Eugène s'écrivent tous les deux jours. D'ailleurs pour que le temps paraisse moins long, elle classe et relit toute leur correspondance régulièrement. Et Jeanne écrit des lettres à son "James Bond", mais elle les conserve, car elle ne sait jamais où il se trouve. Un autre point commun les unit, chacune à son époque va subir les ravages de la guerre, celle de 14-18 pour la première, et des plus actuelles pour la seconde.
Deux histoires d'amour tragiques et passionnées à un siècle d'intervalle, des lettres enflammées et sensuelles, pleines de tendresse et de désespoir. Deux femmes malheureuses, seules et éperduement amoureuses, liées à leur bien-aimé à vie.
Editions Calmann-Lévy - 14.50 €

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1187, quelque part au Royaume de France... Esclarmonde, quinze ans refuse le mariage que son père veut lui imposer, et choisit de devenir recluse. Recluse, c'est à dire "emmurée vivante", dans une cellule jouxtant l'Eglise, que l'on construit spécialement pour elle. Comme seule possibilité de contact avec le monde extérieur, reste la petite trappe qui lui permet de suivre la messe dans la chapelle attenante et de recevoir sa nourriture. Le statut de recluse lui vaut un prestige certain, et fait d'elle une sorte d'intercesseur entre le Ciel et les croyants. Ce prestige gagne encore le jour où Esclarmonde -entrée vierge dans sa réclusion - accouche d'un garçon. On accourt désormais de loin pour avoir le privilège de s'entretenir avec elle, à travers sa lucarne. Esclarmonde trouve dans la présence de ce nouveau-né une force nouvelle ainsi qu'une certaine forme d'équilibre. Jusqu'au jour où l'enfant, qui grandit, ne peut plus franchir la lucarne, frontière entre sa mère et le monde...
Elle est vieille, laissée à l'abandon et elle a une très bonne mémoire. Voici l'histoire d'une maison située dans un tout petit village. Elle nous raconte la vie de ceux qui l'ont habitée et surtout celle d'Hector, un metteur en scène à la tête d'une troupe itinérante, qui a eu un drôle de projet : la transformer en théâtre.
Enfermée dans une cellule, une femme refléchit à la réaction insensée qu'elle a eue la veille face à un inconnu : elle l'a assommé avec une bouteille de vin. Comment en est-elle arrivée là ? Face à M. K. en salle d'interrogatoire, elle raconte son dur quotidien, elle parle de ses origines, évoque son passé. Interprète d'origine indienne, elle écoute et traduit à longueur de journée les requêtes de demandeurs d'asile. Sa position est délicate : elle ne peut jamais intervenir, elle ne peut qu'écouter et traduire les questions et les réponses qui sont inventées la plupart du temps. Les demandeurs d'asile ont compris que la vérité n'aboutit à rien, alors ils mentent et surtout se font passer pour de grandes victimes. Avec les années, elle est devenue blasée, elle connaît par coeur leurs mensonges, elle n'est plus touchée par ces inconnus qui défilent, elle est devenue écoeurée de l'inaction dont elle est témoin. Durant l'entretien, elle se dévoile.
Dahbia et Soltana ont grandi ensemble dans le même village, en Kabylie. Elles auraient pu mener la même vie, mais le père de l'une a quitté l'Algérie avec sa famille, quant au second, il est parti seul en France.
Les nombreux lecteurs et lectrices de Véronique Ovaldé peuvent se réjouir, car ils retrouveront dans Des vies d'oiseaux tout ce qui fait le charme (et le succès !) de l'auteure, cette faculté à se jouer des frontières entre réel et imaginaire, à créer des personnages immédiatement attachants, qu'elle fait exister en quelques lignes, à la faveur d'un détail qui sonne plus "vrai" qu'une longue description.
Antoine est médecin, dans un Paris post-apocalyptique coupé du reste du monde, où même le strict nécessaire fait défaut. Au-delà des limites de la ville, la guerre fait rage, qui oppose les troupes gouvernementales aux assiégeants, les "infectés". Ces derniers sont touchés par une maladie qui les transforme en êtres bestiaux, animés d'une violence qui semble avoir, pour certains d'entre eux, une dimension politique. Voici pour le cadre de l'histoire, un décor crépusculaire évoquant davantage l'ambiance du Paris de la guerre franco-prussienne qu'un univers à la Mad Max ou à la Walking Dead.
Le système Victoria nous parle de la passion sensuelle que partagent David, quadragénaire marié, conducteur de travaux (un cador dans sa spécialité) plutôt de gauche et Victoria, paradigme de la femme de pouvoir, cadre très supérieur à la Word Company, libertine assumée et très organisée (le fameux système Victoria). Vous êtes contents pour eux, mais vous vous en foutez ? Sur le papier, moi de même, sauf que du même Reinhardt, j'avais lu Cendrillon, et que le sens du récit de l'auteur m'avait pas mal bluffé. Cette fois aussi, j'ai marché à fond.
Chic, voici un bon gros roman américain comme on les aime, un de ceux capables de vous scotcher pour une lecture de plus de 500 pages, presque d'une seule traite. Nous sommes dans la banlieue huppée d'une Californie conforme à tous les clichés, pas une seule planche de surf ne manque au décor. Et dans ce décor idyllique évolue la famille Ziller, Warren le père, son épouse et leurs trois enfants. Idyllique ? Pas tant que ça : car le père Warren, agent immobilier, s'est lourdement endetté pour offrir aux siens un cadre de vie un peu au dessus de ses moyens et, manque de chance, il est en train de perdre tout son capital (et l'argent qu'il n'a pas) dans un projet immobilier qui tourne au gros, gros fiasco... Certain qu'il va se refaire, Warren cache la triste réalité à sa famille, tant qu'il est possible. Un mensonge qui bien sûr n'arrangera pas la situation.
Ellen est professeur d'Histoire dans une université américaine. Invitée à Berlin à l'occasion des 20 ans de la chute du mur, elle entame ce voyage avec émotion et appréhension, et repense à son séjour dans les années 70. Dans l'avion, elle rencontre David, qui lui aussi, ne fait pas ce voyage par hasard. Derrière un prétexte professionnel, tous deux espèrent se libérer d'un passé assez lourd et éclaircir certaines zones d'ombre.