BLACK-OUT – Loo Hui Phang & Hugues Micol

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Sortir de l’ombre une figure oubliée d’Hollywood, et pas n’importe quelle figure, celle d’un acteur métis de l’âge d’or. Avec son sang comanche, noir, mexicain, chinois, Maximus Ohanzee Wildhorse est la magnifique incarnation de cette Amérique multiple. Repéré dans une salle de boxe de Los Angeles par Cary Grant, il devient acteur. Pour le cinéma, il sera Maximus Wyld, l’acteur aux mille visages. Il jouera l’indien de western ou sera asiatique. Mais son regard critique et engagé nous fait découvrir les coulisses de l’usine à rêves sous l’angle de la question raciale.

Black-out est une savoureuse fiction, où vous croiserez de nombreuses stars, producteurs et réalisateurs. Les créatures et les créateurs d’Hollywood racontent avec franchise (loin de la légende mise en place par les studios) la construction de cette usine à fictions. Et les passages avec John Ford et les Navajos sont fantastiques (encore mieux qu’une chevauchée). Mais il y a aussi la face b, et les invisibles : les race movies, les comédiens pionniers noirs américains, la place des indiens dans le westerns. Véritable anthropologie du cinéma américain, c’est incroyablement documenté, réfléchi. Et comme c’est malin de passer par un personnage totalement fictif pour vous en apprendre tant sur le cinéma…

Quant au dessin d’Hugues Micol, il est grandiose.

Futuropolis – 28

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