LES LECONS DU MAL - Thomas H. Cook
Sélectionné Par Juliette -- 25 mars 2011
Après Les Feuilles mortes, le nouveau roman noir de Thomas H. Cook est publié par les éditions du Seuil : dans les années 50, dans l'Etat du Mississipi, un professeur, Thomas Branch, issu de la haute bourgeoisie, dispense un cours thématique sur le mal, à des lycéens de condition modeste. L'un d'eux est le fils d'un meurtrier. Et je ne vous en dirai pas plus, puisque l'auteur prend un malin plaisir à proposer de nombreuses fausses pistes...
L'ensemble paraît de prime abord pompeux (le titre, le ton du narrateur, quasi prophétique, et la couverture aussi, au cas où vous n'auriez toujours pas compris), où l'on vous annonce le pire sans le préciser, et où le suspense est maintenu jusqu'à la dernière ligne. Mais il convient parfaitement au climat du Sud des Etats-Unis et au personnage de Thomas Branch, dont la splendeur familiale est révolue et qui se complaît dans sa supériorité intellectuelle. Thomas H. Cook s'amuse, manipule ses personnages et son lecteur, avec une forme de sadisme raffiné, comme un supplice de Tantale narratif ("vous n'aurez jamais le fin mot de l'histoire..."). Un roman efficace, qui vous met sur des charbons ardents.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Philippe Loubat-Delranc.
Le Seuil Policiers - 21,50 €

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Passionné par les aventures de Sherlock Homes, Andrew Lane a imaginé l'adolescence de ce fameux détective. A quoi ressemblait-il ? Qui étaient ses amis ? Où et quand a-t-il acquis son esprit logique, ses qualités de boxeur, sa fascination pour les abeilles ?
Miguel Syjuco est un auteur trentenaire encore inconnu chez nous, mais qui, assurément, n'est pas destiné à le rester. Avec Ilustrado, ce jeune philippin - qui écrit en anglais et vit à Montréal - nous offre un premier roman proprement époustouflant. Ce récit kaléïdoscopique, à la narration éclatée, nous plonge dans l'histoire philippine des deux derniers siècles, mais aussi - surtout- dans l'esprit du narrateur, un certain Miguel Syjuco (vous me suivez ?) et de son mentor, Salvador Crispin, vieil enfant terrible des lettres philippines, mort (suicidé ?) sans avoir livré le Grand Roman auquel il travaille depuis de nombreuses années.
Une photographe fascinée par la pluie, un jeune garçon qui se souvient des conquêtes féminines de son père, un étrange couple de messieurs vivant ensemble depuis la mort de celle qu'ils aimaient tous les deux... Kawakami Hiromi peint par petites touches le portrait d'une rue animée de Tokyô au travers de la vie de ses habitants qui se côtoient sans se connaître vraiment. Les récits s'entrecroisent et se rejoignent de manière subtile, chaque personnage jouant un rôle dans la vie d'un autre. Au travers de la mort d'un proche, d'un amour passionné ou déçu, d'une maladie ou d'un souvenir, les voix des habitants se conjuguent avec simplicité et humanité. Un roman au goût de nostalgie, doux et beau à la fois!
A l'occasion de l'anniversaire du grand-père, toute la famille se réunit dans une propriété chargée de souvenirs et de secrets. La présence exceptionnelle des enfants et petits enfants va réveiller une blessure profonde, une tragédie qui les a tous marqués de façon différente. Ces retrouvailles pleines de tendresse et de nostalgie cachent aussi des non-dits et des reproches. Au fil du week-end, chacun va enfin accepter ce passé douloureux et s'épanouir après 30 ans de silence.
Dernier né des honorables éditions Monsieur Toussaint Louverture, Le dernier stade de la soif est une première traduction d'un auteur américain à l'aura mythique ; la préface de Nick Hornby est un panégyrique enthousiaste et appétissant. L'objet, de la couverture au dos, est déjà une réussite, avec ses écritures en creux qu'on caresse... Mais venons-en au propos du livre ; il s'agit d'un écrit de 1968, largement autobiographique, qui revient sur les déboires de Fred Exley. A la manière d'un puzzle, on reconstitue au fur et à mesure la dérive de cet homme, à contre-courant du rêve américain des années 50. Hôpital psychiatrique, comptoirs de bar, Chigaco, New York, Los Angeles, mariages ratés : Exley est un personnage du chaos, qui se plaît à bousculer son entourage. Impossible pour lui de rentrer dans le rang, de réussir un entretien d'embauche (mémorables passages...), ou de finir un manuscrit. Ce génial poivron est cependant un conteur hors pair, capable de vous émouvoir lorsqu'il parle de son père, de vous faire rire quand il parle de ses conquêtes féminines et de vous troubler quand il décrit les gens dits normaux. Un très beau livre, à tous égards.
Voici un livre qui régalera les amoureux de la politique tendance "microcosmique", pour paraphraser feu le meilleur économiste de France. Bref, les lecteurs du canard, de Marianne et plus généralement ceux et celles qui se souviennent que Couve de Murville fut le nom d'un premier ministre et pas celui d'un vainqueur du prix de l'Arc de Triomphe. De Couve, il est d'ailleurs question dans le livre de Patrick Girard, ainsi que de l'ensemble des barons du gaullisme, de l'époque du Général à la fin des années Chirac. Sur près de 300 pages, Patrick Girard nous épate et nous intéresse par sa connaissance des arrière-cuisines de la chose politique, lesquelles, si elles ne sont pas forcément ragoûtantes, se révèlent en revanche toujours intéressantes.
Présentateur des informations régionales, Franck présente des faits divers sans importance, place de temps en temps des blagues qu'il achète à un soi-disant comique. Sentimental et extrêmement gentil, il est attristé par chaque annonce de décès et accepte la moindre inauguration.
Itô, un jeune homme d'affaires japonais, perd les pédales après une rupture amoureuse et braque un supermarché, mais s'en sort lamentablement. Il se fait alors embarquer par un homme mystérieux afin d'échapper aux policiers, se réveille le lendemain matin dans un appartement inconnu et découvre avec stupeur qu'il est sur une île oubliée de tous, repliée sur elle-même depuis plus de 150 ans.
Il y a des romans imparfaits, voire un peu bancals, dans lesquels on décèle un vrai potentiel : Golgotha est de ceux là. L'histoire tient sur le dos d'un timbre poste : un flic venge la mort d'une mère et d'une fille, en tuant le caïd de banlieue qu'il tient pour responsable, sachant que cette vengeance lui coûtera la vie. Mais l'intérêt du bouquin ne vient pas de sa construction, bien que l'enchaînement tragique des effets et des causes soit plutôt bien rendu par l'auteur. Non, Golgotha vaut essentiellement par sa capacité à nous plonger de manière très crédible dans un univers violent et glauque, à cent lieues de ce que le mot "Argentine" évoque d'ordinaire pour nous. Il est intéressant de le souligner aussi, les flics du récit échappent aux stéréotypes : ni chevaliers blancs, ni salopards corrompus comme apparaissent souvent les forces de l'ordre décrites dans les romans noirs latino-américains. Bref, Golgotha mérite votre lecture. Je trouve au bouquin un air de de parenté assez affirmé avec Carancho, un bon film noir argentin que vous pouvez voir en ce moment (grouillez-vous). C'est noir, violent, un peu foutraque et au final tout de même convainquant.
Jay Porter est un avocat de seconde zone à Houston, dont la principale cliente est une prostituée. Pour l'anniversaire de sa femme, enceinte, il réussit à organiser une petite croisière dans le bayou. Mais la soirée est troublée par une série de coups de feu et des appels au secours, et ce n'est que le début des événements qui vont bouleverser la vie de Jay Porter, qui aurait tant voulu demeurer tranquille dans son coin.
Magnus vit dans un monde étrange en pleine révolution
avec une ville haute et ses privilégiés et une basse qui accueille les plus démunis. Héritier de la plus grande fortune de Syllirie, il vit avec un père radin et égoïste, dans une propriété tellement immense qu'il est obligé d'aller prendre son petit-déjeuner en trotinette, se lève grâce aux sonneries de 12 réveils à cause d'une maladie du sommeil, étudie dans la ville haute dans la fameuse université des sciences de Friecke, exclusivement réservé aux garçons.
Mais depuis peu, rien ne se passe comme prévu. A cause d'une arrivée fracassante lors d'un devoir sur table, il va devoir faire plus de 1300 heures de colle au dortoir des punitions. Ses nouveaux compagnons sont de vrais caids et son quotidien devient un calvaire. Au sein de son université, des rumeurs circulent sur l'apparition de créatures terrifiantes, ses camarades de dortoir ont disparu, un homme de la ville basse lui propose une mission curieuse...
Désirée et Benny sont de retour ! Si vous avez apprécié le Mec de la tombe d'à côté, vous serez également séduit par cette suite toute aussi comique.
Jeff Sutton est chauffeur de taxi à Dallas, cinq jours sur sept. Le sixième jour est consacré à la lessive, le dernier au repos. Une vie pépère et monotone, que Jeff aurait volontiers continué à mener encore quelques dizaines d'années. Sauf que... Pour s'être montré un peu trop serviable avec une cliente, Jeff se retrouve embringué dans une sordide affaire d'enlèvement d'enfant, dans lequel il joue le rôle du coupable idéal, immédiatement jeté en prison.