ET CA VOUS FAIT RIRE ? Dagsson Hugleikur
Sélectionné Par Yves -- 22 juin 2009
La Scandinavie, cette terre de grands comiques qui nous a déjà donné Ibsen, Strindberg et Ingmar Bergmann, nous permet cette fois-ci de découvrir Daggson Hugleikur, Islandais de son état et auteur de ce recueil de dessins humoristiques, assez justement intitulé Et ça vous fait rire ? En ce qui me concerne, la réponse est franchement oui. Ce petit bouquin m'a bien fait marrer, comme il vous fera rire si vous aimez Reiser et Vuillemin, et l'humour style Hara-Kiri. On l'aura compris, le sympathique Dagsson Hugleikur ne fait pas toujours dans la dentelle ni ne pratique l'humour à fleuret moucheté. Contrairement aux dessinateurs cités plus haut, adeptes des jolies couleurs marronnasses et du trait qui déborde, l'ami Dagsson privilégie une certaine sobriété. Quelques traits dignes d'un enfant de 4 ans moyennement doué, et c'est marre. L'intérêt on s'en doute est tout entier dans les répliques et la transgression. Très drôle, donc, mais je vous conseille tout de même d'ouvrir le bouquin et de vous faire votre propre idée avant de l'offrir à un ami/un parent "qui aime bien rigoler". Pas sûr que cela fasse rire tout le monde...
Sonatine - 12 euros
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Trois soeurs livrées à elles-mêmes grandissent au manoir Eden : Aurore, sage et obéissante, aimant la cuisine et la propreté, Alice, rusée et aventurière, passionnée par les feux d'artifice et enfin Nico née avec un drôle de don. Sur le point de mourir, leur mère remet une flûte à Alice en lui révélant son immense pouvoir.
On a beau être fan de Taniguchi, force est de reconnaître que l'animal est parfois inégal, témoin son précédent album La montagne magique, tout à fait dispensable. Mais chic, cette fois-ci, c'est un Taniguchi en très bonne forme qui nous revient, avec un album à classer dans sa veine autobiographique/intimiste, dans la lignée donc de Quartier lointain ou du Journal de mon père. Un zoo en hiver nous parle des débuts dans le métier d'un jeune mangaka, qui quitte sa province et "monte" à Tokyo pour vivre sa passion. Comme d'habitude chez Taniguchi le trait est superbe, les vues du zoo sous la neige, en particulier, sont à tomber. Certains lecteurs pourront trouver l'histoire d'amour au coeur de ce récit un peu mièvre mais bon, le process de création des manga et le climat de tension nerveuse qui l'accompagne sont parfaitement rendus. En conclusion, si vous aimez Taniguchi, vous ne devriez pas être décu(e).
Une petite ville du Wyoming , Absaroka, est administrée par Walt Longmire, un sheriff proche de la retraite, dont le sens de la répartie épice le quotidien de ses collègues. Mais le meurtre d'un jeune homme, Cody Pritchard, va raviver les tensions avec la communauté indienne de la réserve voisine. Ce crime renvoie à une affaire précédente, celle du viol de Little Bird, une jeune indienne.
La bonne idée que voilà : rééditer 5 est le nombre parfait d'Igort ! Vous ne l'aviez pas lu, vous êtes maintenant obligé. En deux mots, un porte-flingue napolitain à la retraite reprend du service pour venger son fils. L'intrigue est très bien construite, avec ce qu'il faut de traîtres, de mafiosi classieux et de petites frappes. Igort respecte le genre, tout en proposant de nouvelles variations : des lumières blafardes, un personnage fantomatique, une poésie et un onirisme qui contre-balance la violence réaliste. Et quel dessin : à chaque planche Igort fait preuve d'inventivité, alternant crayon, plume, aplats, jouant sur des compositions en petites cases resserrées puis sur des cases ouvertes ou des pleines pages. C'est magnifique, tout simplement.
Vous aimez les thrillers complexes, avec serial killer gratiné ? Vous devriez apprécier votre rencontre avec Thomas Bishop, un vilain garnement qui a passé 15 ans dans un hôpital psychiatrique, soit les deux tiers de son existence. Gros échec de la politique de soin américaine, puisque non seulement il en sort très méchant, mais surtout très intelligent. Thomas Bishop s'enfuit en brouillant les pistes et commence une sanglante traversée des Etats-Unis.

"Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette..." Grâce à Lucile Placin, vous connaîtrez enfin la suite ! A la manière de Ah les crocodiles, les tout-petits s'amuseront à fredonner cette comptine, une des plus connues et appréciées des 2/3 ans.
La collection "A la queue leu leu" s'aggrandit petit à petit _ 31 titres aujourd'hui _ , en publiant soit des textes courts sur la vie de tous les jours (les copains, la tétine, les toilettes) soit des comptines (Savez-vous planter des choux?, Le roi dagobert, Dix petites poules...) avec des variantes ou des suites inattendues. Avec des illustrations hautes en couleur, dignes d'un bel album pour les plus grands, un format à l'italienne et une fin rigolote, ce tout-carton séduira tous les petits.
On avait dit sur ce site tout le bien que l'on pensait de L'affaire Courrier de Marta Morazzoni à l'occasion de sa parution en 2008, et c'est donc avec beaucoup d'impatience qu'on guettait le prochain roman de l'écrivaine italienne. Attente récompensée par ce très joli texte, ou plus exactement ces textes, puisque L'invention de la vérité se structure en deux parties étroitement imbriquées, et qui se font écho. Les chapitres impairs content l'histoire de la création de la tapisserie de Bayeux, chef-d'oeuvre anonyme du Moyen-Age, par une reine du nord de la France et trois cents brodeuses venues de l'ensemble des provinces. Les chapitres pairs décrivent la dernière visite que fit le célèbre critique d'art britannique John Ruskin à la cathédrale d'Amiens, à la fin du XIXème siècle. Deux récits indépendants et qui se répondent, formant un subtil enchevêtrement, une toile que tisse Marta Morazzoni chapitre après chapitre dans une langue élégante et raffinée. L'invention de la Vérité est un roman difficile à résumer mais qui se laisse appréhender aisément. Laissez-vous conquérir par la petite musique de Marta Morazzoni !