SUBURRA – G. de cataldo – C. bonini

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suburraAprès les excellents Romanzo Criminale et La saison des massacres (suivis de trois ou quatre opus que je n’ai pas lus) le magistrat Giancarlo de Cataldo –ici accompagné du journaliste d’investigation Carlo Bonini- poursuit son exploration des plus noirs versants de la société italienne contemporaine.

La lecture du roman – 470 pages avalées en un lundi pluvieux, autant dire que la lecture vous happe- laisse une drôle d’impression et l’envie d’en savoir davantage. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est ce qui relève de la fiction ? Dans cette interview, De Cataldo nous donne quelques clés.

Après un rapide prélude qui nous raconte un casse des années 90, l’histoire débute dans la chambre d’un palace romain, où l’ambiance est clairement au bunga bunga. Car nous voici à la toute fin de l’ère berluscolienne, un moment où comme dit l’autre, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Dans la Rome pervertie décrite par les auteurs, la collusion entre mafia, milieux politiques, affairistes et cléricaux semble totale. Tous cherchent à s’entendre afin de réaliser le gigantesque projet immobilier (bétonnage d’ une côte des environs de la capitale) qui va les rendre richissimes.

Face à cette puissance politique, criminelle et financière, Le lieutenant-colonel Marco Malatesta apparaît bien seul . Aidé d’un procureur intègre et d’Alice, une militante altermondialiste pour laquelle il ressent une certaine inclinaison, il entreprend de lutter contre l’hydre mafieuse et en particulier contre la tête pensante du projet, le Samouraï , personnage charismatique passé du néo fascisme au banditisme pur et simple, dont il fut autrefois le disciple. Un polar politique aussi addictif qu’il est effrayant.

Traduit de l’italien par Serge Quadruppani

Editions Métailié – 23 euros

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