WILSON - Daniel Clowes
Sélectionné Par Juliette -- 30 septembre 2010
Les qualificatifs manquent pour décrire ce cher Wilson, ou alors ils sont orduriers. Car c'est une belle ordure,Wilson, chauve, misanthrope, discoureur, méprisant. Il vit seul avec son chien, mais à la mort de son père, il va chercher à retrouver son ex-femme. La pauvre.
70 saynètes en une page, avec des registres graphiques qui varient d'une page à l'autre, mais qui forment une histoire globale ; cette construction donne un rythme bien particulier à la narration : en bas de page, vous avez une chute, drôle, grinçante ou cruelle. Pas de répit pour Wilson donc. Et on a beau le détester, ce personnage devient au fil des pages de plus en plus humain. Pour sûr sa coquille de grincheux mythomane est épaisse, et son amour des chiens n'a d'égal que son mépris du genre humain, mais son cheminement, une quête du bonheur totalement chaotique, est exemplaire. Depuis la mort de son père, jusqu'à la découverte d'un petit-fils, Wilson se cherche parmi ses semblables, à coups de vannes et d'humour à froid. Et Clowes réussit ce dosage de sarcasme et de mélancolie qui font de ce livre un chef d'oeuvre.
Traduit de l'anglais
Cornélius - 22 €

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Bien que le drapeau rouge soit certainement l'objet le plus symbolique du communisme, il n'existait que peu de choses sur le sujet (*), aucun livre en tout cas qui soit aussi richement illustré que celui que propose aujourd'hui Pierre Znamensky aux éditions du Rouergue. Sur près de 350 pages, ce gros et beau livre vous dit tout, ou presque, sur l'histoire et les avatars du drapeau rouge dans l'espace et dans le temps. 
Encore un imagier, me diriez-vous... Mais celui-ci est fort sympathique, dans la lignée de mon Toutimagier (Tourbillon) ou encore d'Honoré de la tête au pied (Loulou et cie). Les grands thèmes sont ici abordés de manière chronologique, le fil conducteur étant le déroulé d'une journée : le jour se lève, le petit-déjeuner est servi, de la tête aux pieds, am stram gram, allons faire un tour, à table, promenons-nous, l'heure du bain et pour finir au clair de lune.
Voici une toute nouvelle collection fort sympathique où l'on retrouve une petite fille pleine de vie. Les thèmes abordés sont bien choisis et originaux, les histoires sont tellement justes (je pense que l'auteur a une fille) avec toujours une pointe d'humour, les dessins sont jolis, colorés et variés, le format est petit, pratique et cartonné, et enfin le prix très abordable.

Il a 11 ans en 1978, et vit à Palerme. Avec deux camarades, ils se retranchent du monde de l'enfance, de leur famille, de l'école, et composent une cellule : ils recherchent une rupture radicale, se choisissent de nouveaux patronymes, inventent un langage et se lancent dans l'action politique. 1978 est l'année de la mort de Moro, une année de plomb.
Première fortune d'Allemagne, Juliana Kant mène une vie bien rangée avec mari et enfants. Malgré sa méfiance et la présence constante d'un "garde du corps", elle va se faire piéger en 6 mois et 6 jours. Un homme va la séduire, filmer leurs ébats et tout révéler à la presse. N'ayant pu anticiper et gérer cela, Karl Fritz est renvoyé du jour au lendemain, alors qu'il a consacré toute sa vie à la famille Kant. Pour se venger, il raconte leurs secrets et habitudes à une romancière et en profite pour dénoncer leur passé douteux pendant la seconde guerre mondiale.
Dans ce premier tome intitulé L'étrange mariage de Nils Swedenborg, Johanna nous raconte comment ses parents se sont rencontrés, ou plutôt comment une belle et mystérieuse étrangère à la recherche d'un mari a un jour débarqué dans un village au nom imprononçable pour jeter son dévolu sur le très gentil mais très idiot Nils Swedenborg.
Franck - l’homme - est un jeune marginal, l’un de ceux qui errent de lieu en lieu sans trouver nulle part leur place et qu’on croise Gare du Nord ou ailleurs.
Nous voici dans une PME, elle édite des revues pour enfants mais peu importe son activité, l'intrigue qui s'y noue est universelle. Cette PME vient d'être rachetée, sauvée ainsi d'un dépôt de bilan programmé. Sauvée jusqu'à quel point ? Qui restera ? Qui partira ? Qui "prendra du galon", puisqu'il n'est pas interdit de rêver ?
La vieille Aliide vit en recluse, en bordure d'une forêt, le plus loin possible de ses compatriotes estoniens ; un matin, elle trouve une jeune femme, en piteux état, dans son jardin. Zara fuit la Russie, poursuivie par des mafieux. Aliide la recueille, non sans méfiance. Leur rencontre, qui mélange confidences et mensonges, est l'occasion pour ces deux femmes de se dévoiler, et de se révéler.
Histoire de vérifier que les filles de de "Girls don't cry" n'ont pas le monopole de l'humour, jetez un coup d'oeil aux aventures de Macho, Parano et Déprimo, les trois anti-héros des drague-misères, qui jettent leur dévolu sur la gent féminine avec une persévérance et une absence de complexes qui n'est malheureusement pas toujours payée de retour. Comme dit l'un des trois compères , leur vie, ce serait plutôt "presque pas de sex in the city". Et quand ils parviennent à conclure, il arrive que la dignité humaine en prenne un coup ! Toute ressemblance avec des personnages ou des situations réels ne serait bien sûr que pure coîncidence.
Marion vient de réaliser son rêve en ouvrant une librairie à Chamonix. Elle tombe peu à peu sous le charme d'un de ses clients, guide de montagne. Avec lui, elle redécouvre les Alpes. Pourtant adepte de randonnées, elle va apprendre à emprunter des chemins beaucoup plus difficiles. Tout semble parfait dans sa vie et pourtant un jour tout va basculer suite à une étrange nouvelle...
... mais qu'est-ce qu'elles jacassent! les filles en question sont au nombre de trois et sont bien de leur temps. La frange, les fringues, le rock, le tour de taille et bien sûr, les garçons. Sous forme d'instantanés en une page, on suit ces charmantes bécasses et leurs déboires, pas franchement existentiels, mais au combien drolatiques. Ces séquences joliment dessinées épinglent les travers d'une jeunesse superficielle avec un humour qui n'est pas dénué d'une certaine tendresse pour ces belles idiotes. Une bande dessinée qui fera sans nul doute rire les jeunes filles et femmes, mais qui ravira aussi leurs mères.
Marre des feignasses qui font rien qu'à se plaindre et à défiler pour un oui pour un non ? Réjouissez-vous, car voici de la vraie B.D de winner, avec plein d'idées pour vaincre la crise. DRH, vous y puiserez de nombreuses idées originales pour concocter de sympathiques plans sociaux sans jamais verser dans la sinistrose. Amis nantis, vous y découvrirez des astuces simples et amusantes à mettre en oeuvre pour jouir pleinement de votre patrimoine sans éveiller la bête jalousie des économiquement faibles. Comme toutes les BD franchement rigolotes, elles ne font pas rire tout le monde. Témoin, ce commentaire pécho sur le site d'un distributeur de livres, que je vous livre in extenso car il me semble un excellent argument de vente.
Joe est serial killer, un psychopathe qui tue des femmes, mais pas que : il a deux poissons rouges, un boulot (agent d'entretien au commissariat, où il se fait passer pour le gentil simplet), une mère. Raconté en partie à la première personne, le quotidien de ce tueur prend une tournure étrange quand il se met à enquêter sur un meurtre qu'on lui attribue à tort.
Le ton est donné dès le départ, mais les péripéties ne manqueront pas de vous surprendre : ce thriller est drôle et méchant, comme son protagoniste, qui se fait passer pour le ravi de la crèche et se croit supérieurement intelligent. Cet antihéros est responsable de nombreuses horreurs, mais il en reçoit une rétribution bien méritée, à commencer par les dîners avec sa mère (ah mais quelle excellente idée de personnage!). Les passages qui décrivent leurs rencontres et leurs rapports sont franchement à se tordre : cet auteur néo-zélandais nous réinvente le genre du roman de serial killer, où l'humour le dispute au suspense. Idéal pour faire passer la morosité de la rentrée...
Lila est une jeune femme peu ordinaire qu'on découvre dans un Paris très futuriste, dans les années 2100. La capitale est alors devenue une ville fortifiée extrêmement contrôlée et les livres sont devenus le symbole d'une constestation dangereuse. Au delà des murs d'enceinte, "la Zone". La banlieue a été le théâtre d'importants affrontements qui ont transformé les quartiers en bidonvilles et ses habitants en rejets de la société.
Le nouveau roman d'Agnès Desarthe débute par l'extrait d'un fait divers dans un quotidien régional. Première phrase choc, une annonce violente et dramatique. Jérôme apprend que le premier amour de sa fille, encore lycéenne, vient de mourir dans un accident de la route. Il va devoir l'aider à survivre après ce décès brutal, mais il en est incapable. Il préfère aller seul dans la forêt, respirer l'odeur des arbres, gratter la terre et ramper sur les sentiers.
Du sable, un toboggan, banal pour un square. Et pourtant, 40 ans auparavant le décor était tout autre. Une prison pour femmes.