HISTOIRE DE MES ASSASSINS - Tarun J Tejpal
Sélectionné Par Juliette -- 30 septembre 2009
Un journaliste apprend par la télévision qu'il vient d'échapper à une tentative d'assassinat déjouée par la police. Cinq personnes sont arrêtées, toutes connues pour leur passé criminel, mais qui les a engagés ? Le narrateur fait l'aller-retour, à chaque chapitre, entre son monde, son activité de journaliste, son milieu social et ses attachements personnels, un ensemble qu'il décrit amèrement, et le monde et l'histoire de ces cinq tueurs, issus de milieux pauvres et qui ont eu des itinéraires cabossés.
Sans concession, Tejpal enquête, décrit, critique la société indienne contemporaine, sa corruption, sa soif d'argent, et n'hésite pas à malmener son double narratif. Lorsqu'il raconte dans ces histoires dans l'histoire, la vie des cinq tueurs, il abandonne ce ton mordant, et offre à ces brigands une belle profondeur ; la répartition des rôles entre bourreaux et victimes devient floue. Au-delà du tableau social, on retrouve avec bonheur l'auteur de Loin de Chandigarh, son don pour la métaphore crue, son humour féroce et sa sensualité turbulente.
Traduit de l'anglais (Inde) par Annick Le Goyat.
Buchet Chastel - 25 €

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Une jeune viennoise en villégiature dans un hôtel suisse reçoit une lettre alarmante de sa famille : elle doit trouver à tout prix de l'argent. Un créancier potentiel réside à l'hôtel, M. Dorsday, mais il exige d'elle un service particulier. Le dilemme auquel est confronté Else est le centre de ce monologue : acceptera-t-elle la proposition du libidineux M. Dorsday pour sauver son père ?
Non l'ami, tu n'as pas écouté Vincent Delerm toute ta vie et ce nouveau volume de l'excellente collection "Formes" tombe à pic pour te rappeler qu'à ton époque, hardeux tu fus, et que tu n'as pas attendu l'invention des concours de Air Guitar pour te la donner avec les copains devant la glace de l'armoire de Mamie. Dans ce très chouette bouquin, retrouve les Grands Anciens (Black Sabbath, Aerosmith...) , les Légendes (Hendrix, Les Yarbirds, Lynyrd Skynyrd...) les seconds couteaux (Judas Priest, Thin Lizzy) et même ceux dont tu avais oublié jusqu'à l'existence (Uriah Heep, j'avais un super disque jusqu'à ce que mon frère le fauche.) Interroge-toi aussi les oublis ou omissions (quid de Cheap Trick, exemple).
En mai dernier, j'avais adoré le roman Voleurs de Christopher Cook, et vous avez été nombreux à partager mon enthousiasme si j'en crois les retours de lecture. C'est donc avec excitation que j'ai ouvert Bethlehem, Texas le recueil de nouvelles du même auteur chez le même éditeur. Et je n'ai pas été déçu. On retrouve la même région, l'Est Texas, voisin géographique et culturel de la Louisiane, et les petits blancs très religieux qui la peuplent. C'est vraiment très chouette, et si l'écriture de Cook vous a plu, vous pouvez y aller sans hésiter. Une petite remarque cependant : si les douze ou treize longues nouvelles (certaines font cinquante pages) qui forment le recueil sont toutes intéressantes, toutes travaillées, certaines me semblent difficiles d'accès. (En d'autres termes, difficile de se plonger dedans à l'issue d'une bonne journée de travail, en tous cas pour moi). C'est en particulier le cas de la nouvelle qui ouvre le recueil, qui gagne à être lue à la fin. Un très bon recueil de nouvelles, donc, mais pour un public peut-être plus restreint que le roman Voleurs. Toutefois, si vous aimez comme moi à la fois les nouvelles d'Annie Proulx et celles de Russell Banks, je vous engage à faire l'essai sans hésiter.
La fille du gouverneur de Louisiane est enlevée et son garde du corps est retrouvé dans un sale état dans le coffre d'une voiture de collection. Le ravisseur annonce au F.B.I. qu'il se rendra à la condition que Ray Hartman, un obscur aide judiciaire new yorkais, revienne à la Nouvelle Orléans et qu'il l'écoute. Ce qui signifie que ce tueur de la mafia va nous raconter sa vie, de Cuba à Las Vegas, en passant par Los Angeles et la Nouvelle Orléans. Pendant le récit, le F.B.I. traque le moindre indice qui l'aiderait à retrouver la jeune fille.
Pelecanos revient en très grand forme, avec un roman d'une force et d'une originalité remarquables. Dans l'univers codifié du roman noir, le pardon et la rédemption sont un thème moins exploré que celui de la vengeance. C'est pourtant ce sillon que creuse le roman de George Pelecanos, le quinzième ou seizième traduit en français. Washington, encore une fois, et les années 70 qu'il fait revivre magnifiquement. Alex est un jeune ado, blanc, sans histoires, qui un jour va suivre les mauvaises personnes au mauvais endroit. Cela va lui coûter quelques mois d'hôpital et des cicatrices que les années n'effacent pas. Vingt ans plus tard, la route d'Alex va croiser à nouveau celle de Raymond, l'un de ses trois agresseurs. Le décor, simplissime, est planté. L'art de Pelecanos est de donner une réelle profondeur à ces personnages, ni tout à fait bons, ni franchement mauvais. Certains auteurs, c'est vrai en particulier dans le policier, manient leurs personnages comme des pions au service d'une intrigue. Cela peut donner des histoires haletantes, mais rarement de grands livres. Pelecanos fait justement l'inverse. On ne le lit pas pour l'intrigue, mais pour savoir comment vont réagir ses héros, auxquels on s'attache car ils nous apparaissent étrangement proches.
A l'âge de 55 ans, Helmer se sent enfin prêt : il aménage différemment les pièces de sa maison, déplace son père grabataire dans son ancienne chambre, jette tout ce qui est inutile...
La Révolution culturelle comme si vous y étiez, vue à travers les yeux d'un jeune garçon, "Petit Li", fils d'un apparatchik de la province du Yunnan. Le récit est très autobiographique, et c'est le premier publié en France par Li Kunwu, un auteur apparemment très connu en Chine où il a publié une trentaine d'albums. Le récit est habilement construit, décrivant à la fois la folie collective qui s'empara de la Chine, et l'incapacité de la cellule familiale à constituer un rempart qui puisse protéger les enfants. L'endoctrinement des gamins, la trouille des parents devant leur progéniture potentiellement délatrice font particulièrement froid dans le dos.
Excellente idée que de mettre en images et en bulles Une histoire populaire des Etats-Unis, le "best seller" d'Howard Zinn afin de mieux le faire connaître au plus grand nombre, en tous cas aux amateurs de B.D. Howard Zinn est un historien qui fait référence, son oeuvre est traduite dans de nombreux pays (en France, chez Agone). Zinn s'attache à présenter l'histoire américaine d'un point de vue inédit, celui des petites gens, point de vue forcément différent de l'histoire officielle. Engagé politiquement à gauche, Howard Zinn est avant tout un historien, son discours s'appuie sur des faits, on a le droit d'être d'accord ou pas avec les conclusions qu'il en tire.
L'adaptation du bouquin est très vivante, en bonne partie grâce à un procédé plutôt astucieux, Zinn devenant lui-même un personnage de la bande dessinée. Sobre et clair sans être renversant, le trait de M. Konopacki (qui vient du dessin de presse) est là avant tout pour être au service du propos de Zinn, et il y réussit fort bien. A ceux qui trouvent les bulles définitivement indigestes, rappelons
1) qu'ils ont bien tort
2) que l'ouvrage original, Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours est disponible aux éditions Agone, au prix de 22 euros.
Derrière cet énigmatique titre à rallonge se cache un roman tout aussi loufoque. Sam Pulsifer a 18 ans, lorsqu'il met le feu à la maison d'Emily Dickinson, par accident, comme il aime à le répéter. Un accident qui lui vaut 10 ans de prison et l'animosité de ses voisins. Il refait donc sa vie plus loin, dans la branche la plus éloignée possible de la littérature, se marie, fait des enfants, et coupe les ponts avec sa famille et sa ville natale. Sauf qu'il est un cafouilleur, et que son bonheur de banlieusard ne va pas durer.
Jimbal, surnommée Courte-patte, cherche un moyen pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle apprend justement que le Calife promet une belle récompense à celui qui délivrera les îles tristes de leur tristesse. Il lui faut combattre un énorme dragon des mers, qui bloque toutes liaisons entre les îles et le continent. Jimbal n'hésite pas une seconde, elle accepte le défi, emprunte un petit bateau et part seule... Elle n'imaginait pas une seconde que la légende du dragon était fausse et qu'elle serait pourchassée par le Grand Vizir... Les îles existent bel et bien, mais les habitants sont prisonniers et traités comme des esclaves...
Une star de cinéma cache, derrière son image de mâle américain dans toute sa splendeur, une double vie ; une américano-mexicaine complexée grandit dans East L.A. et trouve tant bien que mal un job et l'amour ; un jeune couple fuit l'Ohio et leur famille violente ; un clochard installé sur la promenade prend sous son aile une jeune fumeuse de crack. Le récit suit ces quatre lignes, entrecoupés de chapitres courts comme des dépêches sur l'histoire de Los Angeles, et d'autres plus développés, et absolument passionnants, qui développent des aspects de la ville, comme les autoroutes.
Cela aurait dû être une fête d'anniversaire banale. Il aura fallu un cadeau et une remarque blessante pour que la fête bascule dans un véritable drame. On sent alors le lien qui unit tous les invités : la tension, les non-dits, les secrets de famille.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils vivent dans la même ville. Aujourd'hui, le 20 mai, ils pourraient se rencontrer, se croiser, partager leur déception de la vie et surtout trouver en l'autre la force de survivre et d'échapper à leur quotidien.