LA VIEILLE ANGLAISE ET LE CONTINENT - jeanne-A Debats
Sélectionné Par Yves -- 31 mars 2009
Sans être un gros lecteur de Science-fiction, j'ai mes périodes, de plus en plus rares et espacées, il faut l'avouer. Une raison simple à cela : si j'apprécie l'anticipation et le space op' , la chasse au Troll ne compte pas parmi mes sports favoris. Or il faut voir les choses en face, la fantasy c'est maintenant 95 % de la production et des ventes de S-F. Tout cela pour dire que grâce au prix Biblioblog (le livre fait partie de la sélection) j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture du court roman de Jeanne Debats, un récit d'anticipation d'une veine plutôt classique et qui fonctionne très bien. Il y a là à mon sens une vraie qualité d'écriture et un sens certain du récit. L'auteur sait donner de l'épaisseur à ses personnages, humains et aquatiques. Elle aborde avec originalité les thèmes du clonage et du massacre des ressources naturelles et tricote une intrigue dont on a plaisir à suivre le déroulement. On regrette simplement le choix du format, 70 pages c'est vraiment court pour ce qui est clairement un roman et pas une nouvelle, et on le regrette d'autant plus qu'il y avait vraiment matière à développer davantage. Aisni, le dénouement de l'intrigue est à mon sens amené un peu trop rapidement et de ce fait tombe un peu à plat. Mais il y a pire critique à faire à un auteur que de lui dire qu'on a aimé, et que cela a un goût de trop peu. Donc, on ne s'en privera pas.
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Griffe d'Encre Editions - 8 euros
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Dans une résidence abandonnée vivent encore deux hommes, l'un vieux et l'autre jeune. Entourés de tous leurs biens, de tout ce qui donne encore un sens à leur vie, ils ne se résignent pas à partir malgré les avis d'expulsion. Entre un air de Schumann Les Scènes d'enfants que le vieux ne cesse d'écouter, les longs silences, et la pluie qui tombe, les deux hommes se remémorent leurs jours heureux et leurs amours perdues.
On a déjà presque tout écrit sur le magnifique récit d'Emmanuel Carrère sorti au début de ce mois de mars, et qui s'annonce déjà comme l'un des livres marquants de 2009. Le sujet, vous le connaissez, c'est le récit de deux disparitions survenues à quelques mois d'intervalle, et la manière dont elles impactent la vie de ceux qui restent. Les deux disparues s'appellent Juliette, la petite Juliette est emportée par le tsunami, sur une plage du Sri Lanka un jour de Nöel 2004. La grande Juliette est la belle-soeur de l'auteur, c'est un cancer qui l'emportera. Alors, c'est vrai, il est question de maladie, de mort, de drames et de souffrances. Mais comme l'écrit Carrère dans la présentation qu'il fait de son livre, il y est surtout question d'amour. Sans effet inutile, Carrère va à l'essentiel et nous touche au plus profond. D'autres vies que la mienne est un récit exceptionnel qui vous accompagnera longtemps.
Vincent est un jeune garçon sensible, fin et créatif qui a tout pour devenir un grand artiste. C'est ce qui lui vaut l'attention de certains pontes de l'industrie du divertissement, alarmés par le niveau lamentable de ladite industrie et désireux d'y remédier. Ces gros bonnets ont ainsi créé La Nouvelle Renaissance, une sorte de pépinière d'artistes dont Vincent est l'un des talents les plus prometteurs. Cependant, convaincus qu'il n'y a pas d'art véritable sans souffrance, ils lui ont adjoint un manager, Harlan, qui va en coulisses tout mettre en oeuvre pour éviter que Vincent ne sombre dans la facilité et l'autosatisfaction béate. Perte d'êtres chers, trahisons amoureuses, déconvenues diverses et variées, Harlan ne va rien épargner à Vincent pour le plus grand triomphe des arts ! Sous les dehors d'une fable souvent très drôle, Torturez l'artiste est aussi une réflexion sur l'état de la culture grand public aux Etats-Unis (et qui vaut largement pour l'Europe).
A Paracuan, un journaliste est assassiné alors qu'il enquêtait sur un fait divers de 1979, une série de meurtres de fillettes. Le Grizzli, un flic honnête (exception qui confirme la règle) poursuit dans le sillage du journaliste et de l'enquêteur de l'époque.
Mignus Wisard vit avec son tuteur Basil Tramblebone, dans une maison sale et délabrée, sans aucune éducation. Son seul passe-temps consiste à monter au grenier pour admirer un joli circuit de train, entouré d'une ville peuplée de figurines en plastique. Mignus va un jour, malgré l'interdiction formelle de Basil, actionner un train. Pris en flagrant délit, Basil va révéler sa véritable nature en rapetissant Mignus et en lui permettant de jouer "dans" la maquette. En deux secondes, il devient minuscule et prisonnier dans un monde miniature ! Une grande aventure commence alors : il va sans le faire exprès délivrer les figurines d'un sort, affronter une étrange créature la nuit, apprendre que son tuteur est en fait un Warlack, un sorcier fou et cruel, et surtout échapper à sa colère !
A travers ces neuf histoires, Daniel Kehlmann s'amuse à mêler réalité et fiction en se servant d'auteurs et de leurs héros, d'acteurs et de leurs rôles, de personnages ordinaires... L'auteur raconte le quotidien de personnages qui n'ont a priori rien en commun, mais qui vont au fil de l'intrigue se rencontrer et "se retrouver" en se détachant le plus possible des nouvelles technologies, et plus précisément de leur téléphone portable. Une belle écriture, un brin d'humour, un roman original où se côtoient des personnages attachants qui perdent tous, au fur et à mesure, leurs repères.
Les créateurs de Miss Pastouche reviennent avec une belle et dérangeante histoire. De mignons petits personnages s'échappent de l'imagination d'une fillette (morte) et s'installent dans la forêt, à côté de la dépouille. Sous des dehors bucoliques, le conte de fées se transforme en récit sadien, en jouant sur la distance entre un dessin naïf et coloré et un propos cruel. Pas de nostalgie de l'enfance donc, mais plutôt la description d'instincts égoïstes et destructeurs. Le goûter entre pantins et poupées se transforme en jeu de massacre. Que les amateurs de bluettes passent donc leur chemin, mais si vous goûtez particulièrement Une charogne de Baudelaire, vous apprécierez. Il se dégage de ce livre une atmosphère troublante que vous aurez du mal à oublier, comme un cauchemar qui dure.
Il se passe une chose étrange dans la forêt: les branches des arbres disparaîssent, puis peu après ce sont les arbres que l'on retrouve coupés ... Mené comme une véritable enquête, cet album surprendra petits et grands. Je ne vous en dis pas plus, sachez juste qu'il est question d'origami, de compétition, d'écologie...
Comment s'amuser tout en découvrant près de 5000 ans d'histoire de l'Art?
Ce n'est pas une nouveauté, mais une petite présentation du concept s'impose! Les éditions Palette se sont spécialisées dans les ouvrages d'art destinés aux enfants de tous les âges.
J'ignore si Enrique Serna avait beaucoup d'amis écrivains ou critiques littéraires avant de sortir ce livre, mais je suis prêt à parier qu'il ne doit pas lui en rester des masses aujourd'hui. Car il n'y va pas avec le dos de la cuiller, l'ami Enrique, dans sa description du petit monde des Lettres Mexicaines, qui sont au coeur de ce polar très efficace. Des critiques prêts à encenser n'importe quelle daube pour obtenir un strapontin dans un service culturel, des auteures qui accordent des faveurs sexuelles en contrepartie d'une publication, des directeurs de revue experts en trafic d'influence, des intellectuels qui mettent une noble cause à leur service exclusif... c'est assez peu ragoûtant mais heureusement, ce n'est pas chez nous que de telles horreurs arriveraient ! Comparés aux intellectuels décrits par Serna, les policiers, corrompus et ultraviolents qui forment le deuxième bataillon de personnages peuplant le roman paraîtraient presque sympathiques. Critique un peu appuyée du système ou preuve d'une réelle paranoïa de l'auteur, on ne sait pas mais l'essentiel, c'est que La peur des bêtes est un très bon roman noir, poisseux à souhait, bien construit et excellemment écrit et/ou traduit. Jetez-vous dessus sans attendre. On vous signale par ailleurs que les éditions Métailié viennent tout juste de sortir un deuxième roman de Serna, Quand je serai roi, qui semble aussi très tentant.
Voilà un objet hybride diablement intéressant : moitié essai, moitié BD, moitié journal de voyage, ce qui fait beaucoup de moitiés, et c'est dire si vous en avez pour votre argent ! Sérieusement, le bouquin de Ted Rall vaut qu'on s'y arrête un instant. Ted Rall est une sorte de Michael Moore qui ferait une fixation sur l'Asie centrale, un héritier du journalisme gonzo à la Hunter S. Thompson. Ted Rall s'est donc rendu une demi-douzaine de fois dans les fameux pays en "stan" au cours de la dernière décennie, et c'est son expérience qu'il rapporte, sous forme de journal, écrit ou dessiné. Le bouquin mêle souvenirs personnels (et c'est clairement la partie qu'on préfère) et considérations géostratégiques autour du postulat de base suivant : l'Asie centrale est aujourd'hui un beau merdier, et ce n'est qu'un début, le pire est à venir. Ne vous attendez donc pas à une analyse superfine à la Bernard Guetta ou Alexander Adler car vous risqueriez fort d'être déçu. N'empêche que le bonhomme jouit apparemment d'une certaine forme de reconnaissance de la part des officiels U.S qui lui ont même demandé d'animer un séminaire sur la liberté de la presse au Turkménistan (cela ne s'invente pas !). Si vous vous intéressez à cette partie du monde, à la BD documentaire type Delisle ou Nicolas Wild (Kaboul disco), jetez un coup d'oeil à cet étrange objet. Eh oui, plus j'y réfléchis, plus que je trouve que cela ressemble à du Michael Moore, avec les qualités et les limites que cela entend.
Les vacances de Patrik Hedström et d'Erica Falck seront de courte durée : le corps d'une jeune femme est retrouvé dans un site touristique d'une petite ville balnéaire de Suède, Fjällbacka. L'inspecteur est appelé de toute urgence sur le lieu du crime. La situation se complique lorsque les policiers découvrent aussi deux squelettes de femmes. Patrick devra, avec l'aide d'une équipe peu expérimentée en matière d'homicide, être rapide et efficace : une nouvelle jeune fille a disparu...