#5 Journal d’Ulysse, l’as du confinement

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Pincez-moi, L’AUTRE  a ressorti les haltères ! Je pensais qu’il avait oublié l’existence de ces deux machins qui encombrent depuis des années l’un des cartons de rangement entassés pas loin du lit. De loin l’une de mes cachettes préférées, soit dit en passant : une heure 18 minutes de recherches infructueuses la dernière fois, record à battre. 

Non pas qu’il soit allé jusqu’à utiliser les fameuses haltères, le Schwarznenegger de la librairie. Les avoir exhumées a dû lui sembler un effort suffisant et on en est pour l’instant restés là. Notez que  le simple fait de voir ressurgir ces trucs hideux dénote bien le caractère exceptionnel de la situation. Je ne dirais pas qu’il va y avoir du sport, mais on y va par étapes. La veille déjà, j’avais vécu un grand moment en le voyant suivre un exercice de gym en ligne en direct du canapé tout en se goinfrant de brioche. Qu’est-ce qu’il a prévu demain ? J’ai hâte de découvrir cela…

 Je ne sais pas si on ressortira plus grands de l’épreuve que nous traversons, mais une chose est sûre on en ressortira plus gros ! Moi itou. Et ce n’est pourtant pas le moment. J’ai vécu avec une certaine humiliation mon dernier rendez-vous chez le véto, le mois dernier. J’y allais pour toute autre chose et voilà qu’on me pèse à l’insu de mon plein gré. 5 kilos 800 grammes, c’est trop, me dit la femme en blanc tandis que L’AUTRE opine bêtement du chef. C’est vraiment l’hôpital qui se moque du dispensaire. D’autant que la science est formelle : il n’existe aucune formule scientifique pour déterminer le poids idéal d’un chat. Qu’est-ce qu’on vous apprend dans vos écoles ? Et toi, ton Indice de Masse Corporelle, tu veux qu’on  en parle ?

Il a beau m’avoir vexé à mort, à la réflexion, j’ai peut-être un peu forci ces derniers temps. C’est pourquoi je comptais beaucoup sur ce dernier week-end. Vous l’ignorez peut-être, mais c’était l’ouverture officielle de la saison de la chasse à la souris en Seine-Maritime. Je me faisais une joie de prendre un peu d’exercice avec mes copains de la rue, parce que contrairement à certains, je ne crois pas un instant que regarder l’intégrale de Mickey Mouse en boucle me fera perdre un seul gramme. 

Je tiens à rassurer les plus vegan d’entre vous: je pratique exclusivement le « no kill » depuis pas mal d’années. Pas tellement par option philosophique, notez bien, mais parce que je trouve ça tellement plus rigolo. Je vous explique : une fois la souris choppée, la séance de jonglage dure 10 à 15 minutes d’amusement, grand max. J’ai beau faire attention, je m’excite, je m’excite et après la souris elle est toute cassée et il faut que j’en trouve une autre. Alors qu’en relâchant la bestiole dans le séjour, c’est des heures de rigolade assurée avec L’AUTRE qui court derrière avec une pelle et une balayette. C’est assez fascinant de voir la petite bête ridiculiser la grosse et je ne m’en lasse pas, c’est mon côté Robin des Chats, sans doute.

Bref, j’avoue que j’attendais ce week-end avec impatience et sans trop me faire de souci car votre Premier Ministre avait été assez clair. On ne sort plus de chez soi sauf dans des cas de force majeure. La fermeture de la librairie, je comprends, c’est dur mais je soutiens. Le Festival de Cannes, on va survivre. Les J.O ? Il va vous rester le foot pour vous abrutir devant la télé. MAIS L’OUVERTURE DE LA SOURIS !?! C’est quoi si c’est pas l’événement de l’année ? Je vais passer pour qui auprès des chats locaux ? Déjà que je manque un peu de street credibility… C’est pourquoi, gros coup de blues vendredi soir. J’ai beau avoir monté la garde pendant des heures à côté de mon sac de transport, il m’a posé un lapin. Ce qui pour un chat est assez vexant. Alors, il aura beau me tenir la papate et m’accorder une prime mensuelle de 1000 coups de brosse, on ne va pas se mentir, le week-end qui vient de s’achever a un peu éprouvé notre couple.

Ulysse,

Votre coach en confinement un peu déprimé (mais qui va rebondir).

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