# 2 Entretien avec Romain Taszek

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Après des études d’art et un passage à Bologne, Romain Taszek est un jeune illustrateur dont nous apprécions beaucoup le travail. Avant de le rencontrer en chair et en os à l’occasion d’un atelier autour de sa dernière publication La nuit des Yokaï, faisons plus ample connaissance : Romain a accepté de répondre aux questions des Buveurs d’encre…

Quelle est ta technique favorite pour dessiner ? Feutres, crayons, gouache, palette graphique ?
Peux-tu nous raconter comment tu travailles ?

Pour ce qui est de ma façon de travailler, je dessine tout à la main avec un critérium (pour être précis) et ensuite je scanne mon dessin pour pouvoir le coloriser sur ordinateur. Ce mélange de technique me permet de conserver la spontanéité du dessin à la main, et d’un autre côté, d’avoir des couleurs bien peps!

Es-tu déjà allé au Japon ? 

Oui j’ai eu la chance d’aller au Japon en 2018 avec mon amoureuse et deux amis. On est allé de Tokyo à Hiroshima en faisant des arrêts dans plusieurs villes (7 en tout).

Quel est ton souvenir le plus amusant de ce voyage ? Et ton souvenir le plus embarrassant 

À Tokyo, un soir, nous avions fait la rencontre de 3 Japonais d’à peu près nos âges (entre 25 et 30 ans) avec qui on a bien rigolé mais la communication était compliquée étant donné que sur ces 3 jeunes hommes seulement un seul parlait anglais, et un anglais très basique. Mais après plusieurs verres (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé), malgré la barrière de la langue, nous avons chanté tous ensemble des génériques de dessins animés japonais, et ils furent très surpris que nous en connaissions les paroles bien que nous ne parlions pas (ou très très peu) le Japonais.

Et ton souvenir le plus embarrassant ?

Au début de notre voyage, dans un restaurant, nous avions goûté une boisson délicieuse. Mais nous n’en connaissions pas le nom et à chaque restaurant dans lequel on se rendait on essayait tant bien que mal de se faire comprendre pour commander cette fameuse boisson: anglais, mimes, onomatopées. Les serveurs, parfois après avoir appelé en renfort un ou plusieurs collègues, faisaient mine d’avoir compris et nous ramenait une boisson, pour mettre fin à ce dialogue de sourds, mais jamais celle que nous recherchions. Car les Japonais, encore plus dans un restaurant ou un magasin, ne disent jamais non. Alors ils préfèrent faire mine d’avoir compris, et c’est leur façon à eux de dire non ou bien qu’ils n’ont pas compris.

C’est pour ça qu’après mon retour en France j’ai décidé d’apprendre le Japonais et je me suis inscrit à des cours du soir. Depuis j’ai un petit peu progressé et je suis prêt pour mon prochain voyage au Japon!

Avec quel dessinateur ou artiste japonais aimerais-tu prendre le thé ?

Avec le compositeur Joe Hisaishi! C’est l’artiste derrière les musiques des films de Hayao Miyazaki et de Takeshi Kitano, deux réalisateurs (aux styles très différents) dont j’adore le travail. Les musiques de Joe Hisaishi m’ont souvent accompagné durant mes créations, je suis sûr que j’aurais plein de choses à lui demander!

As-tu déjà croisé un fantôme ou un yokaï ?

Quand on va au Japon on est forcément amené à croiser un yokaï. Il faut juste savoir les voir.

Aurais-tu un conseil de lecture japonais à nous donner ?

 Je vous conseillerais deux livres d’un Français, mais qui parle du Japon, Tokyo Sanpo et Manabe Shima. Dans ces deux livres, à la croisée des mondes entre bandes dessinées et album illustré, l’auteur/illustrateur Florent Chavouet raconte ces expériences au Japon. Le premier livre est sur Tokyo et le second sur une petite île habitée par une poignée de personnes, deux univers qui sont les deux faces d’une même pièce. D’un côté la mégalopole dans toute son immensité et son effervescence et de l’autre la petite île à l’échelle humaine proche de la nature. Il raconte ses expériences, ses rencontres avec un sens du détail incroyable et plein d’anecdotes croustillantes. Un must have!

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