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RENCONTRE DÉDICACE AVEC MANON TOULEMONT

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Samedi 23 juin de 11h à 13h, nous avons le plaisir d’accueillir Manon Toulemont pour une séance de dédicace le deuxième volume des Fauves récemment paru aux éditions VFB.

 

Née en 1992, Manon Toulemont est une jeune auteure dont l’imaginaire se nourrit de fantastique, de thriller, de science-fiction et qui s’adresse aux jeunes amateurs de récits très sombres…avec tout de même une touche d’humour!

 

Les Fauves tome 1 Régression

Dans une futur plus proche qu’on ne le croit, l’Humanité se trouve divisée en deux. D’un côté les individus civilisés mènent une existence confortable au sein de mégalopoles ultramodernes et surprotégées. De l’autre, loin des ordinateurs, des aliments bio-synthétiques, certains Hommes sont retournés à l’état sauvage: on les appelle les Fauves. Là-bas, aucune loi ne subsiste, si ce n’est celle du plus fort. Nathaniel Darseau, riche et brillant étudiant, ne semble guère destiné à rejoindre cet enfer. Il faudrait un incroyable concours de circonstances, une diabolique conspiration, une malchance inouïe pour entraîner notre héros dans cette spirale de violence et de mort…

LE TRAQUET KURDE – JEAN ROLIN

Qu’y a-t’il de commun entre T. E. Lawrence, St. John Philby, W. Thesiger ou encore R. Meinertzhagen ? Plusieurs choses. Ils sont tout d’abord britanniques, ont vécu au début du XXe siècle marqué par l’impérialisme de leur pays. Ils sont aussi militaires et ont passé beaucoup de temps en Afrique et au Moyen-Orient. Mais surtout ils sont férus d’ornithologie. Fracasser des crânes et observer de petits oiseaux faisaient donc bon ménage à cette époque et il y avait même une course à l’observation et à « la cueillette » d’oiseaux rares.
Quelques décennies plus tard notre narrateur part sur les traces de ces hommes. Du musée de Tring dans le Hertfordshire où sont basées les collections ornithologiques du British Museum aux confins des montagnes irakiennes,

Mais aussi improbable et intéressant que soit ce duo militaro-aviaire, il n’est ici qu’un prétexte pour Jean Rolin et lui permet de dérouler une grande fresque du Moyen Orient. De l’installation du Royaume Ibn Saoud qui débouchera sur l’Arabie Saoudite actuelle, à la bataille rangée que se livrent kurdes, djihadistes et autres factions dans les montagnes du nord de l’Irak, il revient sur plus d’un siècle de turbulences dans cette région.

A la poursuite du Traquet kurde, espèce rare observée pour la première fois en France il y a quelques années, on se rend compte que cette migration ressemble à celle de beaucoup d’autres. Ou comment un petit oiseau devient le symbole d’un monde détraqué.

P.O.L. – 15€

TOXIQUE-SAMANTA SCHWEBLIN

Amanda passe ses vacances avec sa fille Nina, dans la campagne argentine. Elle y fait la rencontre de la troublante  Carla qui lui confie rapidement son terrible passé et la « maladie » de son fils, David.

Sous forme de dialogue ensommeillé, à mi-chemin entre hallucination et souvenir, ce roman nous perd dans l’espace et le temps. Où est Nina? Qu’est-il vraiment arrivé au petit David?

De son écriture nerveuse, Samanta Schweblin questionne la relation mère-enfant, ici étouffante et qui conduit à des peurs irrationnelles. Il est bien ici question de peur et de fatalité. On ne sait d’où vient la « contamination », ni comment la guérir.

Parfois à la limite du fantastique, ce récit nous immerge dans une ambiance énigmatique et dérangeante. On tourne frénétiquement les pages: difficile de s’arrêter avant la fin.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Aurore Touya
Chez Gallimard- 14€

Eileen – Ottessa Moshfegh

eileenNew Hampshire, années 60 : Eileen est une jeune femme profondément perturbée qui partage son temps entre la prison pour mineurs où elle travaille comme secrétaire et le taudis où elle vit avec son père, un ancien flic alcoolique et un père assurément toxique. Toxique, c’est d’ailleurs le mot qui caractérise le mieux l’ambiance de ce premier roman qui révèle un véritable talent.

Le tour de force d’Ottesa Moshfegh, c’est d’arriver à construire un récit haletant en s’appuyant sur un personnage au caractère extrêmement médiocre, et de faire de cette banalité même le moteur de l’intrigue.  Instable et complexée,  Eileen ne supporte son existence sinistre qu’en cultivant avec ses collègues une attitude qu’elle voudrait hautaine et supérieure. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de bovaryser à tout va sur la personne d’un jeune gardien de prison à peine conscient de son existence.  L’arrivée de Rebecca, jeune et élégante psychologue diplômée d’une grande université, va bouleverser la vie d’Eileen en lui donnant un nouveau point de focalisation et une nouvelle source de fantasme. D’autant que Rebecca semble donner des signes d’amitié à Eileen, qui voit en elle un modèle, une âme sœur et –pourquoi pas- la possibilité de fuir sa petite vie étriquée. Mais Rebecca est-elle vraiment le modèle d’assurance et de réussite qu’Eileen voit en elle ?

On l’a compris, Eileen est un roman extrêmement noir avec une vraie dimension de thriller, qui se situerait à la croisée des textes de Joyce Carol Oates et Stephen King.  Références peut-être un peu écrasantes pour ce premier roman à l’atmosphère poisseuse qui n’est pas sans défauts mais dont on ne peut que recommander la lecture.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par Françoise du Sorbier

Fayard – 20 euros

LA GRANDE ARCHE – LAURENCE COSSE

COSSE1983 : l’architecte qui remporte le Concours International de la Défense au nez et à la barbe des plus grandes agences mondiales est un inconnu. Van Spreckelse n’a bâti que quatre églises et sa propre maison. C’est pourtant son projet de « cube » qui s’impose, séduisant le jury (et François Mitterrand) par la pureté de ses lignes.

Le triomphe de Van Spreckelsen marque aussi le début de son chemin de croix. Les incompréhensions entre l’architecte et les multiples intervenants publics, l’intransigeance de l’architecte, la valse-hésitation sur la destination du futur bâtiment et les très nombreuses difficultés techniques vont faire de ce projet une épopée tragique au cours de laquelle Van Sprekelsen va se perdre.

Le beau roman très documenté de Laurence Cossé nous fait vivre pas à pas les étapes de ce projet hors du commun et nous replonge dans cette époque des grands travaux, époque pas si lointaine  mais qui est déjà de l’histoire.

Gallimard – 21 euros

LE NOUVEAU NOM (l’amie prodigieuse 2) – Elena Ferrante

ferranteOn avait quitté nos deux héroïnes Lila et Elena  le jour du mariage de Lila avec Stéphano, le fils de l’épicerie Carracci et on attendait de les retrouver avec beaucoup d’impatience et un peu d’appréhension. Le deuxième tome de la tétralogie signée par Elena Ferrante, la mystérieuse auteure dont on ignore tout, véritable Pynchon transalpin, allait-il être aussi réussi que L’amie prodigieuse dont la lecture nous avait tellement enthousiasmé ? Eh bien oui, cette fois encore c’est un chef-d’oeuvre qui s’offre à nous. On retrouve la même maîtrise de la narration, les portraits psychologiques sont toujours aussi fins et la relation ambigüe qu’entretiennent Lila et Elana, la narratrice, gagne encore en complexité. Même si leurs destins diffèrent de plus en plus et même si les deux jeunes filles s’éloignent et se perdent de vue parfois pendant de longs mois au gré des fâcheries et du déménagement d’Elena, maintenant étudiante à Pise, elles continuent à exister et à se construire en grande partie à travers le regard et l’opinion de l’autre.

Ceux qui comme moi viennent de terminer la lecture de ce second tome n’auront qu’une envie, c’est que Gallimard avance la traduction française du troisième qui n’est pas prévue avant 2017 !

Si vous ne connaissez pas encore Ferrante et que la presse unanimement élogieuse vous a convaincu d’en faire la lecture, réjouissez-vous, le tome 1, l’amie prodigieuse vient tout juste de sortir en folio.

Traduit de l’italien par Elsa Damien

Gallimard – 23.50 euros

 

ENFANT TERRIBLE – JOHN NIVEN

NIVENEnfant gâté, surtout ! Kennedy Marr est un auteur à succès. Plus exactement, il a écrit un gros best seller qui lui a ouvert les portes d’Hollywood en tant que scénariste. Dès lors, pourquoi s’ennuyer à essayer de sortir un nouveau roman quand il suffit de bosser ça et là sur un scénario et de ramasser des dollars à la pelle ? Hollywood, les fêtes, l’alcool, les femmes. Les tentations sont grandes et Kennedy Marr n’a pas l’intention de résister. Royal au bar !

Mais à ignorer les réalités, il arrive que celles-ci vous rattrapent. Son style de vie lui a déjà coûté deux mariages, sa fille le connaît à peine, les studios s’impatientent de ses retards à répétition… et le fisc s’intéresse de très près à son cas.  Cela sent le roussi pour Kennedy Marr dont l’unique planche de salut est d’accepter d’animer un séminaire d’écriture (contrepartie obligatoire d’un prix littéraire à six zéros) dans l’université britannique où son ex-épouse est toujours professeur. Cette expérience est-elle de nature à lui mettre du plomb dans la tête ou l’égocentrisme de Kennedy Marr est-il définitivement hors de contrôle ?

Un roman drôle et divertissant et un héros aussi attachant qu’horripilant.

 Traduit de l’anglais par Nathalie Peronny

Editions Sonatine – 21 euros