FABLEHAVEN : LE SANCTUAIRE SECRET - Brandon Mull
Sélectionné Par Stephanie -- 26 novembre 2009
Kendra et Seth vont devoir passer 15 jours chez leurs grands-parents, ils ne les connaissent pratiquement pas et n'ont jamais rien partagé avec eux. Leur arrivée à Fablehaven est étrange : leur grand-mère est soi-disant partie au chevet d'une vieille tante malade... et ils vont devoir s'occuper d'une poule ! De plus, beaucoup de choses sont interdites et ils ont de nombreuses consignes à respecter. Heureusement, Léna, la "gouvernante" est là et s'occupe un peu d'eux. A cause ou grâce à la curiosité et à la désobéisance de Seth, les deux frères et soeurs vont vite se rendre compte que Fablehaven n'est pas une propriété comme les autres. Peuplé de fées, de naiades, de satyres, d'une sorcière, d'ogres, de géants.., le domaine est un site secret protégé par la magie, dont les gardiens ne sont autres que leurs grands-parents... Menacée par la société de l'étoile noire, la réserve est en danger. Pour sauver Fablehaven, retrouver son grand-père et Léna disparus pendant la nuit de la Saint-Jean, redonner une apparence humaine à son frère et surtout rester en vie, Kendra va devoir faire preuve de courage et d'imagination et surtout communiquer et avoir le soutien de la reine des fées, inaccessible et surprotégée...
Ce roman fantastique est captivant, bien écrit, intéressant avec une intrigue bien menée et quelques passages qui font un peu peur, comme les ados adorent... Une suite est déjà prévue pour février 2010.
Editions Nathan - 14,90 €
idéal pour des bons lecteurs, dès 11-12 ans
(traduit de l'anglais par Marie-José Lamorlette)
un commentaire
Sortie mondiale simultanée dans une dizaine de pays, une série-feuilleton de 12 titres (un par mois), satisfait ou remboursé après la lecture du premier titre, un extrait offert du tome 1... Des lancements d'une telle envergure intriguent toujours et j'ai testé : effectivement, cette série fonctionne. On est plongé dès les premières pages dans une aventure à 100 à l'heure. Ecrit comme un journal intime, avec de nombreux rebondissements, ce roman se lit très vite et la fin, bien sûr oblige le lecteur à attendre le 13 janvier prochain pour découvrir la suite...
Le Rébétiko, puisque vous êtes aussi féru de musicologie que moi, vous le savez, est un genre musical né en Grèce, pendant l'entre-deux-guerres, le petit dernier d'une famille composée par le jazz, le blues, la musique orientale et le tango, en quelque sorte. C'est une musique de mauvais garçons, qu'on joue dans les fumeries du Pirée, jusqu'au petit matin. David Prudhomme décrit le quotidien d'un groupe de Rébétiko, pour qui la musique est une nécessité, malgré les interdits qui la frappe : entre les morceaux, euh pardon les pages, mélancoliques, David Prudhomme insère ces courses poursuites comiques avec les gendarmes. Le petit théâtre des bas-fonds du Pirée devient un condensé de cette période floue que sont les années 30 : des formes artistiques nouvelles et dérangeantes, une profonde inquiétude sur l'avenir, d'un côté, et de l'autre, la montée des fascismes. Le génie de Prudhomme, car il faut bien le dire, ce livre est formidable, est d'aborder tous ces sujets avec subtilité, se concentrant sur ses personnages, s'appliquant à rendre en dessin la musique et la danse. C'est souple et langoureux, beau et desespéré, comme cette musique. Sans conteste l'un des plus beaux livres de l'année.
Depuis que la librairie a ouvert en 2005, c'est bien le six ou septième livre de Joyce Carol Oates que je vois passer, tant la dame est prolixe. Chaque fois, cela ne manque pas. Dans la semaine qui suit la sortie, les groupies de l'auteur, au nombre de trois ou quatre, viennent se procurer le bouquin, et puis zwuip, c'est fini. Cela dit, c'est vrai que je n'ai jamais rien fait pour alimenter le phémonène. En toute franchise, je n'avais rien lu de Oates, qui doit pourtant avoir une bonne quarantaine de titres traduits à son actif. Un bête a priori, mais j'avais l'impression que le travail de l'auteur était assez éloigné de ce qui me branchait d'habitude.
Voilà un album qui va donner des idées à tous les fans de BD rêvant de signer un album mais incapables de tenir un crayon. Un léger détail qui n'a pas freiné l'enthousiasme d'Harvey Pekar qui s'est lancé dans le vaste projet d'une autobiographie dessinée en faisant appel à une ribambelle de petits copains plus doués que lui pour le dessin, parmi lesquels Robert Crumb, à qui on doit les pages les plus réussies de cet album.
Drôle de titre pour un superbe album, l'autobiographie romancée (ou roman autobiographique, comme on voudra) de Peter Kuper, qui nous avait gratifié voici quelques années de plusieurs recueils de comics sans parole et graphiquement très réussis. Cette fois-ci, l'ami Peter est nettement plus bavard pour nous narrer ses premiers pas dans l'univers de la BD, sa vie amoureuse et amicale, sur un ton tour à tour drôle, tendre ou nostalgique. Un très bel album, un peu dans la veine du roman graphique de Robinson (De mal en pis, chez le même éditeur) pour vous donner une idée.
La lecture des Voix du Pamano avait été un tel choc (le meilleur roman que j'ai lu en 2009, à ce jour) que je m'étais promis de lire ce que Cabré avait écrit avant ce très grand roman. J'ai continué par son livre précédent, L'ombre de l'eunuque, paru chez Bourgois en 2006. Autant le dire tout de suite, ce roman ne se situe pas tout à fait au même niveau que Les voix du Pamano, même s'il laisse entrevoir d'excellentes choses.
Terres d'Amérique est une collection à suivre en priorité quand on s'intéresse à la littérature nord-américaine. Les caractéristiques de l'espèce, de Nathan Sellyn en apporte encore une fois la preuve. Ce recueil de nouvelles, au titre assez Houellebecquien, est un véritable joyau. 13 textes, sans rien à jeter, qui nous décrivent un Canada à mille lieues des grands espaces et des images qu'on associe traditionnellement à ce pays. Les protagonistes des nouvelles sont jeunes, urbains, et socialement intégrés; le point commun, c'est que leur existence tourne à vide.
Et oui, un nouveau Marie-Aude Murail ! Mais attention on est loin de ses histoires du quotidien si bien racontées... Là, elle nous emmène visiter le Paris du XIXème, s'amuse à utiliser tout le vocabulaire d'argot de l'époque et réussit à rendre attachant ce grinche, tiraillé entre le bien et le mal.
Paru sous la forme d'une nouvelle offerte par France Loisirs, ce texte a été réécrit et rallongé par Anna Gavalda. Le résultat est très convaincant et l'on retrouve avec joie le ton et l'ambiance de Ensemble, c'est tout. Trois frères et soeurs
Simon, sa femme Carine et ses deux soeurs Lola et Garance se rendent à un mariage en voiture. L'ambiance est un peu houleuse et tendue : la belle-soeur est un peu spéciale : jamais contente, elle ne cesse de se plaindre et a toujours une réflexion blessante sur le bout de la langue... Une fois arrivés, les trois frères et soeurs ne rentrent même pas dans l'église avec le reste de leur famille : ils s'échappent et décident sur un coup de tête de rendre visite à Vincent, le quatrième de la fratrie. Ce dernier a repris la gérance d'un château quasi en ruines, assure les visites guidées et campe dans une des pièces non chauffées... Et ensemble, ils vont s'accorder un week-end coupé du monde, sans enfants, sans conjoint, oubliant tous les soucis du quotidien et se retrouver comme dans leur enfance...