LA PAROLE DE FERGUS - Siobhan Dowd
Sélectionné Par Stephanie -- 29 mai 2009
1981. Fergus trouve le corps d'une enfant enterrée à la frontière irlandaise. Cette découverte va obliger des archéologues du Nord et du Sud à travailler en équipe. Ils analysent alors le corps de "Mel"... vieille de plus de 2000 ans et se battent pour savoir dans quelle partie de l'Irlande le corps sera conservé.
Durant cette période, la vie de Fergus bascule. Il perd tous ses repères : en pleine période d'examen, il apprend que son frère, membre de l'IRA, est arrêté, il se met à entendre la voix de Mel, il connaît sa première histoire d'amour, il accepte malgré sa loyauté et ses principes d'échanger des paquets à la frontière, pour le compte d'un "provo"...
Deux histoires en parallèle, deux sacrifices, celui de Mel où l'on comprend petit à petit son histoire, à travers les rêves de Fergus et celui de Joe, le frère de Fergus, qui a entrepris une grève de la faim depuis plus de 40 jours !
Un texte poignant et juste où l'on suit un ado de 18 ans, avec tout son naturel et sa fraîcheur, dans un pays en plein conflit.
Editions Gallimard Jeunesse - 13 €
Collection "Scripto" - dès 13 ans
(traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère)

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"Un village désert. La chaleur étouffante de l'été. Des habitants qui se livrent à des rites macabres. Et un mystérieux symbole, omniprésent, qui cache un lourd secret. Bienvenue à Triskellion..." Entre une quatrième de couverture intrigante, l'annonce d'un véritable best-seller, une couverture avec des abeilles qui brillent, le premier tome d'une énième trilogie, on se dit : encore un roman fantastique pour les adolescents ! Et bien non, dès les premières pages, on est pris dans une histoire à mi-chemin entre du fantastique et des légendes vieilles de plus de 2000 ans et on est captivé !
Magnifique ! L'histoire, les illustrations... On imagine la beauté des originaux !
Un facteur, très consciencieux dans son travail, aimerait deux choses : distribuer du courrier dans une vieille maison toute délabrée, envahie par les ronces et surtout recevoir lui-même une lettre ! Il installe alors une belle boîte aux lettres à l'entrée de sa maison et espère chaque jour recevoir une lettre. Un jour, des oiseaux essaient d'apporter une lettre dans la fameuse maison en ruine et le facteur va tout faire pour les y aider, mais rien y fait, un immense souffle les repousse !
Oriol Fontelles est un jeune instituteur, dans un petit village de Catalogne. Un jour de 1944, par lâcheté, il laisse le maire du village et les phalangistes assassiner un jeune garçon. Sa femme ne peut lui pardonner. Sur le point d'accoucher, elle quitte pourtant le domicile et sort de la vie d'Oriol. Voici pour "l'acte fondateur", autour duquel s'articule ce roman d'une qualité et d'une force exceptionnelles.
Une maison brûle sur la plage, un homme la contemple. Une femme intriguée s'arrête. Devant cet incendie, l'homme parle et évoque l'histoire de cette maison. Ce monologue intime et triste va réveiller les fantômes de la narratrice qui va se confier à son tour. Michèle Lesbre raconte l'histoire de deux êtres solitaires qui tentent chacun à leur manière de survivre à la perte d'un être cher. A travers une écriture lente et posée, une ambiance très calme, elle nous livre un beau texte sur le deuil, la solitude et la liberté. Une lecture qui donne envie de découvrir l'oeuvre de Modiano, puisque l'héroïne, veilleuse de nuit, s'amuse à relire tous les romans de cet auteur pour trouver des similitudes entre sa vie et des passages de romans.
Marier son fils, un cap dans la vie d'une mère... Marianne doit se rendre à l'évidence, elle ne pourra pas y échapper : la cérémonie est dans quelques heures. Le lecteur devient alors témoin de cette journée interminable, pour Marianne et aussi pour des milliers de gens impatients de suivre la finale de la coupe du monde de football. Le mariage de son fils, la peur de revoir son ex-mari, le malaise de son voisin et ami, une proposition d'achat de sa maison : une accumulation d'événements qui vont conduire Marianne à une remise en question totale et l'obliger à combattre tous ses démons.
Comme toujours, Brigitte Smadja réussit à nous émouvoir et à nous fasciner en nous racontant des vies ordinaires.
Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait une BD de Borgès ? Peut-être à cet album terriblement inventif, qui distille sur près de cent quarante pages un humour désabusé et poétique, une infinie mélancolie. "Le plus mauvais groupe du monde" vous fait pénétrer un univers où la bizarrerie est la norme, où l'on exerce le métier de révélateur de vérités cachées, ou plus prosaïquement celui de contrôleur municipal de briquets. L'album est composé d'histoires indépendantes de deux pages, structurées autour de personnages récurrents qui s'efforcent de survivre à leur folie.
Eddie, dingue de musique, et Ray Bob, dingue tout court, sont deux paumés qui se sont croisés par hasard et ont décidé de "faire la route" ensemble, dans une bagnole volée. Dans l'Est du Texas, patrie des cow-boys, des marais et des ragondins, ils vont semer les cadavres derrière eux. Leur route va bientôt croiser celle de Della, jeune femme en fugue, elle aussi assez perturbée. Sa présence ne va pas tarder à semer la zizanie entre les deux comparses, pour le plus grand bonheur du lecteur. Un roman prenant, souvent drôle et très bien écrit qui donne envie de prendre séance tenante un billet d'avion pour Houston (c'est vous dire !)
Avec Un don, Toni Morrison nous plonge dans l'Amérique du 17ème siècle, soit deux siècles environ avant 'Beloved, où elle mettait en scène une mère qui avait tué sa fille pour qu'elle échappe à l'esclavage et vivait hantée par son geste. Cette fois-ci, c'est autour d'une jeune fille afro-américaine abandonnée par sa mère que se développe le roman de Toni Morrison. Un don est un récit dense et volontiers métaphorique, servi par une écriture lyrique et habitée. C'est un texte parfois difficile, pas l'un de ceux que l'on dévore, car Toni Morrison ne nous livre pas immédiatement toutes les clés qui permettent la compréhension. Mais au fil des pages le puzzle s'assemble et ne laisse alors aucun doute : nous sommes en face d'un très grand roman.
David Sedaris est un drôle de personnage ! A la fois exubérant, têtu et capricieux, cet homme, qui partage sa vie entre New York et la France, nous livre quelques chroniques cocasses de son quotidien.
Nous sommes aux Etats-Unis, au tout début des années 50, quand nous faisons la connaissance du docteur Will Friedrich, un jeune chercheur ambitieux et plein de promesses, qui voit dans la mise au point d'une pilule "miracle" offrant le bonheur à tous l'opportunité d'accéder à la reconnaissance et à la richesse. Malheureusement, le traitement s'accompagne d'effets secondaires désagréables et assez définitifs qui empêchent la mise sur le marché du produit. Travail,herbe et/ou picole, le docteur Friedrich, sa famille et ses proches doivent avoir recours aux vieilles addictions habituelles pour s'accommoder d'un quotidien pas toujours très drôle dans l'Amérique hypernormée/hypernormale des classes moyennes "quinenveulent".
"Sur qui as-tu choisi de régurgiter en premier : ton papa ? ta maman ? ", date de ta première dent et la couleur de tes petites fesses (avec un beau nuancier de pantone entre rouge clair et rouge foncé), ta première cascade...
Et oui, comme vous l'imaginez, c'est un livre de naissance. Encore un me direz-vous ! Non celui-ci est vraiment différent, original, et VRAI ! Vous trouverez bien sûr les éternelles "premieres fois" : premiers pas, première dent, premiers "papa", première nuit ; mais non idéalisées. Ce sera donc les premières régurgitations, les premières sorties en tête à tête des parents, les premiers "p...p...pa...ppapapa", le stress des premières chutes... Du vrai que du vrai !
Une idée de cadeau de naissance à retenir !
Laissez-moi vous présenter Royston Blake, "dur à cuire et videur" : un poète, donc, dont les 115 kilos de finesse s'abreuvent de bière, de whisky, de fumée de clope et se dépensent en coups de boule et coups d'un soir. Sauf que ce physionomiste est dans une mauvaise passe depuis quelques temps et on lui manque de plus en plus de respect.