SPORTING CLUB – EMMANUEL VILLIN

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SPORTINGElégant, empreint de nostalgie et drôlement déroutant, Sporting Club est l’un des meilleurs premiers romans de cette rentrée… et peut-être même l’un des meilleurs romans de 2016 !

Il flotte comme un parfum modianesque autour de la piscine de ce Sporting Club au charme suranné, où le narrateur enchaîne les longueurs de bassin pour tromper l’ennui dans l’attente d’un appel téléphonique qui ne vient pas. C’est pour rencontrer le mystérieux Camille, cinéaste à la gloire passée, et dans le projet assez vague d’écrire un livre d’entretiens avec lui que notre héros a pris ses quartiers dans cette métropole méditerranéenne jamais nommée, à la fois anarchique et envoûtante , écrasée de soleil, de bruits, soumise aux appétits immobiliers les plus frénétiques. Mais Camille ne cesse de se dérober, repoussant sous des prétextes futiles les rendez-vous qu’il accorde très parcimonieusement à notre protagoniste.

S’il existe des romans qui sont des “work in progress”, Sporting Club n’est pas – simplement – l’histoire d’un livre qui refuse de s’écrire. Car le projet littéraire initial s’efface au bénéfice de la description de lieux où le narrateur déambule sans toujours trouver sa place. Et par cette manière décalée d’explorer les lieux en les abordant de manière non frontale, par ce ton irrésistiblement drôle et cette façon de ne jamais être tout à fait là où on l’attend, le roman d’Emmanuel Villin n’est pas sans rappeler certains livres de Jean Rolin. On peut se trouver de pires modèles…

Editions Asphalte – 15 euros

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