LE FLEUVE DES BRUMES – VALERIO VARESI

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VARESIAgullo est une toute nouvelle maison d’édition qui à travers la fiction a pour ambition d’emmener le lecteur curieux à la découverte d’autres pays, de leur histoire et de leur culture. Le fleuve des brumes de Valerio Varesi, l’un des 3 premiers romans proposés par Agullo, est un roman noir italien.

L’Italie dans laquelle Valerio Varesi inscrit son histoire ne répond à aucune des images auxquelles on associe le pays spontanément. Nous sommes dans la plaine du Pô, au nord du pays, dans une vallée brumeuse. Cette nuit là, comme depuis des jours, la pluie tombe interminablement. Le fleuve va sortir de son lit. Depuis la maison des mariniers qui jouxte le Pô, les bateliers commentent la situation, font des pronostics quand survient un événement des plus étranges. Défiant le danger, une péniche largue les amarres. C’est d’autant plus étonnant que le propriétaire, Tonna, est un vieux de la vieille pour qui le fleuve n’a pas de secrets. Il ne peut ignorer que le Pô n’est plus navigable. Tonna est-il à la barre ? Qu’est-il arrivé ? A la lecture du très beau premier chapitre, on pense immédiatement à certains romans de Simenon. Pour l’ambiance, mais aussi pour cette capacité de l’auteur à camper les personnages en quelques détails, en un dialogue.

La crue puis la décrue vont tenir une place centrale dans cette histoire. Et au fur et à mesure que l’eau va se retirer, apparaîtront des pans d’histoire locale vieille d’un demi-siècle, dans cette région où les luttes furent intenses entre chemises noires et militants communistes et où les ressentiments restent très vivaces.

Le commissaire Soneri va tenter de démêler l’écheveau complexe né de ces haines rancies. Il le fait à son rythme, indifférent aux pressions locales et ne se fiant qu’à son intuition. Un commissaire sans arme, avec un intérêt certain pour la gastronomie qui n’hésite pas à échanger avec les témoins autour d’une spécialité régionale (j’ai ainsi appris qu’il existait une spécialité à base d’âne, dans cette région de l’Italie). Cela ne vous rappelle personne ? Sauf que Soneri a une vie sentimentale un peu plus active que notre commissaire national, et s’il n’y a pas (plus, en fait) de Madame Soneri , il existe une certaine Angela dotée de pas mal d’imagination.

Pour un premier essai, c’est donc un coup de maître. On espère maintenant découvrir les autres aventures du commissaire Soneri. Il semble qu’il en existe une dizaine !

Traduit de l’italien par Sarah Amrani

Editions Agullo – 21.50 euros

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