ELMER – Gerry Alanguilan

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ELMER 1979 : suite à un phénomène inexplicable, les poulets, poules et autres coqs se réveillent, du jour au lendemain, doués de conscience et capables de parler. Ce changement perturbe légèrement, on s’en doute, les humains et l’ensemble de la société. 25 ans après ces événements, nous faisons la connaissance de Jack Gallo, jeune coq de son état. Sans boulot, sans petite amie et devant assister sa mère dans ses derniers instants, Jack traverse une période difficile. Il est assez remonté, car malgré le statut humain accordé aux poulets par un vote de l’ONU, malgré les lois de “discrimation positive”, Jack fait le constat que rien n’a vraiment changé depuis l’époque où l’homme boulottait ses semblables. Jack va retrouver le journal que tenait son père, Elmer, ce qui va le plonger dans l’histoire familiale, dans cette étrange période qui vit les poulets devenir “des hommes comme les autres”.

Des BD qui mettent en scène des animaux, ce n’est pas ce qui manque, de même les albums qui jouent sur l’anthropomorphisme. Mais croyez-moi, vous n’avez jamais rien lu qui ressemble à Elmer (La ferme des animaux serait ce qui s’en rapproche le plus). Ici, les poulets souffrent et aiment comme nous, partagent les mêmes interrogations, les mêmes espoirs. De fait, Elmer nous parle d’abord de nous, à travers les sujets graves qu’il aborde : haine raciale, difficulté à respecter l’autre, racisme… C’est le décalage, le changement de perspective “homme/poulets” qui donne toute son acuité au propos et nous laisse avec une étrange sensation. Une fois l’album refermé, il est probable que vous ne regardiez plus votre poulet rôti tout à fait de la même façon.

traduit de l’anglais (Philippines) par Sidonie van Dries

Edtions ça & là – 14 euros.

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