COURTES DISTANCES – Joff Winterhart

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Courtes distances Joff Winterhart Cà et là
Tout est dans le win-win.

Sam est une grande tige de 27 ans, complètement paumé, après trois échecs universitaires, des jobs en free lance qui n’aboutissent pas, et un passage par la case hôpital psy. Le voilà de retour chez sa mère, dans une petite ville de province, prêt à faire n’importe quel boulot. Il se retrouve aux côtés de Keith, un bedonnant commercial sexagénaire. Son activité professionnelle restera nébuleuse, l’ensemble consistant à rendre visite à des connaissances de Keith, à écouter ses histoires dans l’habitacle de l’Audi, à faire signer des formulaires, à patienter dans des salles d’attente. Et à se rendre à la réunion rôtisserie bi-mensuelle. Dans ce vide, Sam récolte de précieux détails, pose son regard sensible sur de petites choses et de banals personnages. Les habitudes de Keith, son chien et sa solitude, deviennent touchantes ; Kenny, considéré comme l’idiot du village, fait des interventions quasi poétiques. Un vieux panneau a des qualités esthétiques. Les discussions avec Valerie en fumant voient naître une complicité profonde. La difficulté d’être du personnage est bien rendue, mais aussi la manière dont ce grand poucet parvient à s’en tirer, en saisissant ces petits riens qui le raccrochent au monde et aux gens.

L’été des Bagnold du même auteur saisissait déjà subtilement les rapports entre une mère et son fils. Ce nouveau livre de Joff Winterhart confirme son talent : un regard décalé, un sens du dérisoire et un humour dépressif franchement singulier dans le paysage de la bande dessinée.

Traduit de l’anglais par Martin Richet.

Çà et là – 24 €

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