Au détour d’un rendez-vous médical, Martin apprend que ce qu’il pensait être un coup de pompe est en réalité un cancer bien trop avancé pour espérer une quelconque rémission. Il a 76 ans, une retraite confortable, une femme bien plus jeune que lui qu’il aime et un petit garçon qui rythme son quotidien. En bon cartésien, il évalue le temps qui lui est imparti et le met en parallèle de ce qui lui reste à faire. Il décide de mettre à profit ses dernières semaines pour préparer son départ, chérir sa famille et transmettre ce qu’il peut à son fils.
Un sujet traité dans bien des livres avant celui-ci mais Bernhard Schlink s’en sort magnifiquement. Comme dans Le liseur, Le week-end, Le retour ou La petite-fille, la psychologie des personnages, toute en finesse, rend le récit plus vivant que jamais. L’auteur allemand construit son roman en trois parties et au fil des pages, on ressent l’urgence de vivre du personnage principal. Les derniers jours de Martin sont comptés et il en reste bien peu pour mener à bien son dernier chantier, à savoir la lettre qu’il a décidé d’écrire et de laisser à son fils pour « quand il sera grand ». Une lettre qui nous est livrée par bribes et qui prend parfois des allures de journal. Une lettre très introspective, où les souvenirs d’enfance se mêlent à des réflexions autour de l’amour, de la transmission, de l’héritage.
Un livre que l’on referme en pensant « et si c’était à moi que cela arrivait ? Et s’il me restait 12 semaines avant que la fatigue ne me terrasse définitivement ? »
Ce qui reste – 200 pages – Vertigineux
éditions Gallimard – 20 €


