NOUS SOMMES LÀ – Oliver Jeffers

Tout ce que l’on devrait dire à l’enfant qui vient de naître, tout ce que l’on voudrait transmettre à l’enfant qui grandit… et bien plus encore ! Une présentation de notre planète, du système solaire et de l’humanité. Un livre foisonnant, qui favorise l’échange, des milliards de pistes de lecture. Le tout par le grand et talentueux Oliver Jeffers. Cadeau de naissance, cadeau de Noël, histoire du soir… Vous avez tous une bonne raison de vous le procurer. Editions Kaléidoscope  - 15 euros

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SWAN – Néjib

Swan quitte New York et s’installe à Paris avec son frère, venu pour entrer à l’école des Beaux-Arts. Ils y retrouvent leur cousin Edgar Degas, lui aussi peintre, au grand dam de son père. L’intrigue se passe en 1859, et Paris est un bouillonnant chaudron artistique : Swan fréquente Manet, découvre le luminographe, les travaux d’Hausmann et le monde de l’art parisien avec ses querelles violentes qui agitent les Beaux-Arts, ses controverses dans les bars des peintres renégats et son fameux Salon. Après Stupor mundi qui était déjà fort réussi, Néjib s’empare de ce riche et passionnant univers des rapins (peintres en argot !) : le personnage de Swan est un guide parfait pour ce monde impitoyable. Les débats sur la peinture sont enflammés, les ambitions et les passions déchaînées : cette série commence très très bien. Gallimard BD - 22€

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PRÉSUMÉE DISPARUE – Susie Steiner

Manon Bradshaw est une flic anglaise, qui dort avec sa radio professionnelle, à défaut de trouver un amant potable et prêt à rester auprès d’elle. Elle se retrouve sur une grosse affaire, la disparition d’Edith Hind, jolie et brillante étudiante de Cambridge, fille d’un chirurgien qui a d’excellentes relations avec certains ministres. Les tabloïds sont aussi de la partie et se régalent de cette affaire où tous les bons ingrédients sont présents (des acteurs photogéniques et du sexe...), et n’hésitent pas à mettre des bâtons dans les roues des policiers. L’enquête avance comme elle peut, avec une brigade d’inspecteurs attachants que l’on suit à la trace, pour une plongée dans la société anglaise, des milieux les plus huppés aux laissés-pour-compte. L’intrigue est efficace et pleine d’humour, et on se laisserait bien tenter par un petit verre avec Manon, dont les déboires sentimentaux et les coups de génie d’enquêtrice donnent matière à rire et à réfléchir. Traduit de l'anglais par Yoko Lacour. Les Arènes - 20€

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LE GOÛT AMER DE L’ABÎME – Neal Shusterman

Sorti en 2015 aux Etats-Unis et récompensé par le National Book Award puis le Golden Kite Award for Fiction, Neal Shusterman frappe fort avec Le goût amer de l’abîme (Challenger Deep en anglais). Si la question des maladies mentales a déjà été traitée (Je t’ai rêvé, Contrecoups), l’auteur connaît bien son sujet puisque son fils est lui-même schizophrène. Nous suivons Caden, un adolescent de quinze ans, dans son quotidien : le lycée, les amis et surtout la famille. Au fil de ce premier récit, nous assistons au développement de la maladie du jeune homme. Shusterman décrit habilement les différentes étapes du développement de la psychose : altération du comportement, sautes d’humeur mais également le chamboulement et la dégradation des liens familiaux qui en découlent. Le lecteur ne peut que suivre, impuissant, la santé du héros se détériorer. Enchâssé dans le premier récit, l’autre partie de l’histoire nous plonge au cœur d’un navire et de son équipage. Cet univers, totalement surréaliste,  est en fait une métaphore de l’hospitalisation de Caden. Entre capitaine du bateau fou à lier, perroquet bavard et monstres marins, ce second récit s’imbrique parfaitement au premier et rien n’est laissé au hasard. Ponctué par des illustrations du fils de l’auteur lors de ses crises hallucinatoires, Neal Shusterman nous fait percevoir et comprendre le développement de cette maladie insidieuse et assez peu connue. Le point de vue adopté et particulièrement travaillé y est pour beaucoup. Bouleversant, ce roman témoigne de l’importance du soutien familial qui joue un rôle fondamental dans l’accompagnement du malade. L’histoire demande à être suivie avec attention, les crises hallucinatoires du héros dans le monde réel et ses péripéties dans le second peuvent être déstabilisantes. Le goût amer de…

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LA FEMME À PART – Vivian Gornick

Vivian Gornick est spectatrice et amoureuse de sa ville, New York : elle est née et a grandi dans le Bronx dans les années 30 et 40, puis a muri à Manhattan et à Greenwich village dans les années 60. Elle arpente la ville et cueille des scènes cocasses ou troublantes, caractéristiques de la faconde newyorkaise. Accompagnée de sa mère dans Attachement féroce (qui sort en poche, chouette), elle marche maintenant avec son meilleur ami, Leonard. Ces marches sont d’autant plus précieuses qu’elle doit donner des cours en Arizona la moitié de l’année : les beautés naturelles ne nourrissent pas assez son esprit bouillonnant… Au fil des pas, elle évoque ses expériences et réflexion sur le couple, l’amitié, ses lectures : Vivian Gornick est un esprit libre et caustique dont le compagnonnage dans les rues de New York est une délectation. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laëtitia Devaux Rivages – 17,80€

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WILD SIDE – Michael Imperioli

Si nous connaissions Michael Imperioli pour ses performances à l’écran (Les Affranchis, Les Soprano), le gangster change désormais  son fusil d’épaule et embrasse l’écriture. L’auteur publie son premier ouvrage chez la maison d’édition Autrement. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Wild Side n’est pas un roman autour du grand banditisme et de la mafia italo-américaine. Il s’agit plutôt un récit d’apprentissage touchant et pimenté d’une pointe de nostalgie d’un New-York des années 70.  Un premier ouvrage fort, qui nous conduit au cœur de la côte Est des Etats-Unis. Matthew, jeune adolescent de seize ans, quitte le quartier du Queens avec sa mère dépressive et s’installe à Manhattan. En perte de repères, le héros tâtonne dans cette immense fourmilière. Sous les conseils de sa mère Matt dégotte un job en tant que livreur, job qui va lui faire découvrir la ville mais surtout le conduire à la porte de l’appartement de la rock star Lou Reed (inventeur du fameux « Rock On The Wild Side », d’où le titre du roman), avec lequel il va se lier d’amitié. Figure de substitution paternelle, cette amitié forte va enfin donner un sens à l’existence de l’adolescent. Imperioli met en scène un Lou Reed parano, violent, et imprévisible. Entre rencontres extravagantes, excursions déjantées, et  soirées alcoolisées, Matthew est loin de la vie monotone du Queens. Notre anti-héros rencontre également Veronica, une camarade de lycée, avec laquelle il va d’abord se lier d’amitié puis découvrir le sentiment amoureux. La jeune fille tient une place très importante dans le récit, puisque les deux rencontres de Matthew se recoupent et forment le cœur du roman. Proche de Just Kids de Patti Smith, Wild Side est un bon roman d’apprentissage teinté…

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EN EUX BEAUCOUP D’HOMMES RESPIRENT – Marie-Aude Murail

Dans la famille Murail, écrire une habitude, et lorsque Marie-Aude hérite d’une valise contenant la correspondance de ses grands-parents et de ses parents, quoi de plus évident que d’en faire un roman. Sur trois générations, à partir de lettres, de photos  et de journaux, elle visite l’histoire d’amour de sa grand-mère, de sa mère et les siennes. En empruntant le vers d’Apollinaire pour son titre, Marie-Aude Murail s’approprie  son panthéon familial et le fait vibrer. Avec son ton bien à elle, qui faisait déjà des merveilles en littérature jeunesse, elle évoque sa famille et les relations intimes qui se nouent, se tendent et résistent. Les couples décrits, celui de ses grands-parents, celui de ses parents, et le sien, sont complexes et ambigus. La dernière partie, où elle revisite ses journaux d’enfance et d’adolescence, est une curieuse confrontation avec son passé et son moi d’autrefois. Une belle et drôle de réflexion sur l’existence. L’iconoclaste – 20 €

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TU T’APPELAIS MARIA SCHNEIDER – Vanessa Schneider

De la notoriété à l’anonymat, voilà comment nous pourrions considérer la courte carrière de Maria Schneider. Fille de Daniel Gélin, vedette du cinéma français à la fin des années 1940, la jeune Maria est toute promue à un avenir sur grand écran. Elle commence à jouer en tant qu’actrice à la fin des années 60 pour un film de Roger Kahane ou Jean Dewever. Toutefois, ces premières apparitions ne participeront que peu à la notoriété dont elle bénéficiera par la suite. Elle est contactée en 1972 par le réalisateur Bernardo Bertolucci qui lui propose de jouer le rôle féminin principal au côté de Marlon Brando, vedette à l’époque, pour son film « Le Dernier Tango à Paris ». Maria Schneider accepte le scénario et se prend à rêver. Toutefois, la réalité est loin d’être rose. Contrainte de travailler dix heures par jour sous la brutalité du réalisateur italien, le film fut lourd de conséquences pour la carrière et la vie de Maria. Bertolucci lui imposera de tourner une scène non envisagée dans le scénario qui sera vue comme un viol par l’actrice. Propulsée en haut de l’échelle de la notoriété pour redescendre aussi vite, le rôle dégradant de Maria Schneider dans « Le Dernier Tango à Paris » lui collera à la peau toute son existence. Sombrant dans la drogue et la dépression, le film brisera la vie et l’image de la jeune femme, malgré les quelques apparitions cinématographiques au côté de Jack Nicholson, Daniel Duval ou Miou-Miou. Vanessa Schneider, à travers le récit, rend hommage à sa cousine. Elle retrace brillamment son parcours grâce à une écriture pleine de tendresse et de compassion. Outre la carrière cinématographique de l’actrice déchue, l’auteure aborde la grande…

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MOI CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES – Emil Ferris

Karen dessine tout le temps : inspirée par les revues d’horreur de son époque (nous sommes en 1968) et ses ballades au musée de Chicago où elle habite avec son frère et sa mère, elle crayonne son histoire assidûment. Elle s’imagine monstre et s’accorde mal avec ses camarades de classe consensuels et cruels. Sa voisine Hanka trouve la mort dans des circonstances étranges et Karen enquête. Cette plongée dans l’enfance est fascinante : les rêves, les angoisses, les pulsions de Karen sont traduites par un trait dense, qui sculpte les détails, mélange réel et imaginaire avec de puissantes images. Le lecteur est immergé dans la psyché riche et poétique d’une enfant hors norme, puis découvre à l’intérieur, comme une poupée russe, le récit d’Hanka, née à Berlin en 1920. Entre magie et horreur, ces deux enfants composent un intense récit. Soyons honnêtes, rares sont les livres qui vous réservent une telle expérience de lecture, totale, exigeante, troublante : j’en suis ressortie essorée et éblouie. Ce livre est gigantesque. Monsieur Toussaint Louverture – 34,90€

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LÀ OÙ LES CHIENS ABOIENT PAR LA QUEUE – Estelle-Sarah Bulle

Antoine est la sœur aînée, suivie de Lucinde et Petit-Frère. Née dans les années 40 dans un village perdu de la Guadeloupe, elle raconte sa vie, et celle de ses parents, dans l’île. C’est sa nièce, née en France, qui recueille cette parole fleurie. Car elle a le verbe haut et le caractère trempé, comme en témoignent aussi son frère et sa sœur. Tous les trois ont choisi de quitter la Guadeloupe, et à travers leur itinéraire à chacun, Estelle-Sarah Bulle nous tend une peinture de la société et de l’histoire complexes de cette île. Les questions de l’exil et du métissage sont incarnées par des personnages vifs et attachants. Liana Levi – 19€

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