G comme… GROS

Vous êtes sûr que vous n'avez pas moins gros ? Quoique vous en pensiez, il ne sera pas question du poids des libraires, mais bien de celui des livres. La question du surpoids et de l’IMC* s’impose en effet régulièrement au libraire : l’apparence physique reste un critère de choix majeur, même en ce qui concerne les livres. Régulièrement, les scolaires sont effarés par les choix de leurs professeurs, mais je les soupçonne de râler même quand il s’agit d’une farce de Molière en un seul acte. Et puis il y a les livres qui sont trop gros pour rentrer dans un sac à main ou de voyage. Il faut bien avouer qu’un livre de poche qui fait 1020 pages rentre rarement dans une poche. Mais quoi, lecteur timide, tu te laisseras impressionner par le nombre de pages ? Passe donc au-delà des apparences et des préjugés, et saisis donc ce gros livre bien feuillu. Et succombe au plaisir de déguster un mille feuilles. Promis, tu ne prendras pas de poids. En parlant de gros livres, je resterai à jamais marquée par une histoire de dictionnaire : il y a quelques temps de cela, un client avait commandé un dictionnaire Larousse des noms propres ; il revient deux jours plus tard insatisfait de son achat. Le verdict est sans appel, il est trop gros, enfin, trop grand. 19 cm sur 25,5 cm. Ca ne fonctionnait pas, puisque le dictionnaire des noms communs qu’il avait acquis plusieurs années auparavant mesurait 15 cm sur 23,5. Flagrante incompatibilité de format ; du coup je me suis gardé mon dictionnaire, victime de son tour de taille. Certains clients, assez rares au demeurant, ne jurent par…

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G comme… GASPILLAGE

Gaspi's not dead ! Si vous appartenez à la frange la plus épanouie de notre clientèle, celle qui croise avec infiniment de classe et de détachement le cap merveilleux de la quarantaine, sans doute vous souvenez-vous de cette drôle de bestiole, contemporaine de Goldorak, de Barbapapa, des Rubettes, de Giscard et de vos premiers émois adolescents (*) j’ai nommé l’affreux Gaspi. Et les années ont passé, emportant tels des fétus de paille ces fragiles idoles qui illuminèrent notre enfance. Or, si Goldorak a fait plein de petits mangas (Giscard, je ne sais pas), si Barbapapa vit une seconde jeunesse (Giscard, c’est mal parti), si les Rubettes écument les salles européennes dans une pathétique tournée d’adieu (il semble que Giscard aussi), nulle nouvelle du Gaspi. Que devient-il, est-ce qu’on existe encore pour lui, nous, les rejetons de cette époque bénie où deux français sur trois se chauffaient aux idées et au pétrole vert de la France ? Eh bien oui... Je suis aujourd’hui en mesure de vous donner de rassurantes nouvelles de la vorace bêbête des seventies (** ). Figurez-vous qu’il coule des jours heureux, depuis qu’il a trouvé refuge dans un pays merveilleux qui ne connaît pas (encore trop) la crise : j’ai nommé le monde du livre. Et même que la bestiole s’y sent bien, elle pète le feu et est grasse comme un loukoum ! Faut dire qu’éditeurs, diffuseurs et distributeurs sont aux petits soins pour assurer au gaspi une vieillesse sereine, voire voluptueuse. C’est à qui lui assurera la couche la plus moelleuse, chacun ayant sa petite spécialité. Ainsi, chez Hachette, on est friand des cartons de livres contenant un seul bouquin. Hachette les aime même tellement, ces…

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