LE BONHEUR ILLICITE DES AUTRES – Manu Joseph

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MANU Unni, adolescent solaire, fantasque et mystérieux saute du toit de son immeuble en assurant aux témoins qu’il est impossible d’échapper au bonheur. Trois ans après le drame, Ousep Chacko, le père d’Unni, journaliste alcoolique et écrivain raté inconsolable met par hasard la main sur une BD dessinée par son fils et restée inachevée, dans laquelle il pense trouver peut-être des indices qui lui permettront de comprendre l’incompréhensible.

Il mène l’enquête en questionnant jusqu’au harcèlement ceux et celles qui ont croisé son fils, indifférent au délitement de la cellule familiale, à la folie de plus en plus prégnante de son épouse, jamais remise d’un traumatisme d’enfance, insensible au malaise de son jeune fils Thoma qui n’en peut plus de voir sa famille ostracisée et son père devenir l’objet de la risée des voisins.

Le bonheur illicite des autres – un titre superbe – est une enquête philosophique et psychologique aussi étrange qu’envoûtante, flirtant parfois avec un onirisme que ne désavouerait pas Haruki Murakami. Même si le fond est sombre, le roman réserve parfois des moments de franche drôlerie, particulièrement réussis.
Roman inclassable, aussi prenant qu’impossible à résumer, Le bonheur illicite des autres est l’un de ces livres dont le libraire se dit “c’est super, mais à qui je vais bien pouvoir vendre ça ?”. Ni enquête policière, ni drame psychologique, ni chronique familial et un peu tout cela à la fois, le roman de Manu Joseph peut intéresser un public bien plus large que les amoureux de l’Inde et de sa littérature qui ne manqueront pas de repérer sur les tables de leur librairie la très jolie couverture concoctée par les éditions Philippe Rey.

Traduit de l’anglais (Inde) par Bernard Turle

Editions Philippe Rey – 19 euros

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