LA VEUVE A L’ENFANT – DANIEL MAGGETTI

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maggettiDon Tommaso a fauté… Tombé en disgrâce, ce prêtre cultivé, éminemment urbain et mondain est envoyé en exil dans un petit village de la Suisse italienne, en pleine montagne. En cette deuxième moitié de 19ème siècle, la Suisse n’est pas encore le coffre-fort de l’Europe, c’est une terre rude et inhospitalière où les hommes n’ont parfois d’autre choix que de partir, en France en Italie où à l’autre bout du monde pour chercher de quoi faire vivre leur famille. C’est dans l’un de ces villages que Don Tommaso échoue, où il va faire la connaissance d’Anna Maria, le personnage central du roman. Cette veuve taiseuse, qui élève seul son petit-fils d’une douzaine d’années devient sa domestique. Intrigué par la personnalité de sa servante qui fait l’objet d’un fort ostracisme de la part de certains habitants du village – et, il faut bien le dire, attiré par l’adolescent dont il entreprend d’améliorer l’éducation – Don Tommaso, moitié par curiosité, moitié par désoeuvrement, va tenter de faire raconter son histoire à Anna Maria. Au fur et à mesure du récit, tandis que se noue une relation de confiance et que croît le respect entre la vieille femme et l’ecclésiastique, l’intrigue prend forme. Elle va nous plonger dans un récit où contrebandes, meurtres et haines villageoises s’entrecroisent sur plusieurs générations et où Anna Maria apparaît comme un véritable personnage tragique, victime de l’amour qu’elle porta à un homme trop beau et sans principes.

Ce court roman est un véritable petit bijou, passionnant et élégamment tissé, celui d’une improbable et belle rencontre entre deux êtres que tout pourrait séparer. Superbe.

Editions Zoé – 15 euros

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