LA PEUR DES BETES – Enrique Serna

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serna J’ignore si Enrique Serna avait beaucoup d’amis écrivains ou critiques littéraires avant de sortir ce livre, mais je suis prêt à parier qu’il ne doit pas lui en rester des masses aujourd’hui. Car il n’y va pas avec le dos de la cuiller, l’ami Enrique, dans sa description du petit monde des Lettres Mexicaines, qui sont au coeur de ce polar très efficace. Des critiques prêts à encenser n’importe quelle daube pour obtenir un strapontin dans un service culturel, des auteures qui accordent des faveurs sexuelles en contrepartie d’une publication, des directeurs de revue experts en trafic d’influence, des intellectuels qui mettent une noble cause à leur service exclusif… c’est assez peu ragoûtant mais heureusement, ce n’est pas chez nous que de telles horreurs arriveraient ! Comparés aux intellectuels décrits par Serna, les policiers, corrompus et ultraviolents qui forment le deuxième bataillon de personnages peuplant le roman paraîtraient presque sympathiques. Critique un peu appuyée du système ou preuve d’une réelle paranoïa de l’auteur, on ne sait pas mais l’essentiel, c’est que La peur des bêtes est un très bon roman noir, poisseux à souhait, bien construit et excellemment écrit et/ou traduit. Jetez-vous dessus sans attendre. On vous signale par ailleurs que les éditions Métailié viennent tout juste de sortir un deuxième roman de Serna, Quand je serai roi, qui semble aussi très tentant.

traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry Points Seuil – 7 euros (première parution en 2006 chez Phébus)

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