L’ODEUR HUMAINE – Ernö Szép

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szep Deuxième guerre mondiale : la Hongrie est l’alliée de l’Allemagne. En 1944 pourtant, ses chefs, sentant le vent tourner, tentent de négocier un armistice séparé avec les Alliés. Les allemands placent alors à la tête du pays les dirigeants des croix-fléchées, les nazis locaux. Nous sommes en octobre 1944, et la solution finale s’applique dès lors à la Hongrie.

Voilà pour le contexte historique dans lequel s’inscrit le récit autobiographique d’Ernö Szép, l’un des derniers textes de l’écrivain et le premier à être traduit en Français. C’est une très bonne idée qu’a eu là Cambourakis, car ce texte extrêmement fort dégage une dignité impressionnante.
La première partie relate la vie quotidienne d’une « maison étoilée », le nom donné aux immeubles où les juifs de Budapest étaient confinés. Szép nous décrit son quotidien et celui de ses voisins, comme lui des hommes mûrs et socialement arrivés (les jeunes ont été mobilisés), qui tuent le temps en se rendant mutuellement visite, qui essaient de trouver des raisons d’espérer en écoutant en cachette les radios alliées, alors que les mesures de privation et d’humiliation se renforcent, que la progression des Alliés semble marquer le pas. Le ton est drôle souvent, tendre et désabusé parfois.

La suite du récit traite de la déportation des hommes de l’immeuble dans un camp de travail situé à l’extérieur de Budapest. Szép procède par brefs chapitres pour décrire très précisément la marche épuisante de la colonne, le travail abrutissant et les mauvais traitements infligés aux prisonniers.

Le récit s’achève au moment où Ernö Szép quitte le camp de travail pour regagner son domicile de Budapest. L’extermination des Juifs hongrois va débuter. Ernö Szép y échappera miraculeusement. Pas sa famille, ni ses proches amis. Tous périront dans les chambres à gaz.

traduit du hongrois par Marc Martin

Editions Cambourakis – 20 euros

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