BASS ROCK – Evie Wynd

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Bass Rock, un îlot inhabité à quelques encablures de la côte écossaise. Un pic rocheux solitaire, témoin du destin de trois femmes victimes de la contrainte, parfois de la violence que les hommes exercent sur les femmes.

D’abord il y a Sarah, une toute jeune fille accusée de sorcellerie par des voisins superstitieux, obligée de fuir dans la nuit pour échapper à une mort certaine. Nous sommes au 18ème siècle. Deux cents ans plus tard, le monde de Bass Rock n’a pas tant changé. C’est au tour de Ruth d’être soumise au carcan d’une société patriarcale. Elle vient de se marier avec Peter un jeune veuf, vétéran de la deuxième guerre mondiale et s’installe, conformément au désir de son mari, dans la demeure « historique » de ce dernier avec les deux enfants issus d’un premier mariage. Bien vite reparti à Londres et de moins en moins présent auprès de sa femme, Peter laisse Ruth aux prises avec une société villageoise qui vit sous l’influence d’un étrange et assez inquiétant pasteur.

Mais c’est à travers le parcours de  Vivianne, notre contemporaine, unie à Ruth par des liens qu’on laissera au lecteur le soin de découvrir, que l’écheveau habilement tissé par Evie Wyld prend tout son sens. Vivianne arrive un peu par hasard dans la demeure qu’habita Ruth soixante ans plus tôt. Un oncle lui a demandé de mettre en ordre certains papiers préalablement à la vente prévue de la maison. Un pieux mensonge, peut-être, car la tâche n’est pas considérable. Peut-être s’agit-il surtout d’offrir à Vivianne une occupation et l’occasion de s’extirper d’un quotidien un peu vide de sens. Paradoxalement, le séjour de Vivianne dans cette maison qui fut pour Ruth une sorte de prison va offrir à Vivianne la possibilité d’une émancipation, à la faveur d’une rencontre inopinée avec Maggie, moitié marginale, moitié sorcière des temps modernes et véritable « clef de voûte » de ce roman captivant et très original, à l’atmosphère envoûtante, résolument féministe. Une des premières bonnes surprises de cette rentrée de janvier 2021 qui s’annonce comme un excellent cru.

Traduit de l’anglais par Mireille Vignol.

Actes Sud – 22,50 €

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