AVALER DU SABLE – ANTONIO XERXENESKY

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AVALERDes familles rivales, une tenancière de saloon délurée, un shérif taiseux sorti de nulle part, une jeune fille séduite par le fils de la famille adverse… on tient là tous les ingrédients d’un western classique. L’originalité d’Avaler du sable tient à la façon qu’a l’auteur de les assembler. Car Avaler du sable c’est un western et c’est en même temps l’histoire de Miguel, l’homme en train d’écrire le western que nous lisons par dessus son épaule, western qui retrace l’histoire (fantasmée ? jusqu’à quel point ?) de ses ancêtres dans la petite ville poussiéreuse de Mavrak, au beau milieu de nulle part.

Cette mise en abyme, plutôt réussie, donne du relief au thème qui traverse le roman : l’incompréhension entre père et fils et l’inévitable déception qui s’ensuit. Surtout, elle confère au roman un faux rythme qui nous indique que justement, on n’est pas en train de lire un western classique. Bien vu aussi le contraste entre l’atmosphère crépusculaire du récit installée dès l’incipit (“Et les morts reviendront à la vie !” s’exclama le chaman dans la nuit) et le côté foutraque assumé qui tire le roman vers la série B et empêche qu’à aucun moment on ne prenne cette histoire tout à fait au sérieux. Si on doit se risquer à faire un parallèle, le nom de Tarantino vient assez naturellement à l’esprit. Plus précisément, le roman de Xerxenesky me fait penser à Une nuit en enfer une réjouissante série B de Robert Rodriguez, scénarisée par Quentin Tarantino, justement.

Un premier roman avec de belles promesses, à découvrir, qu’on soit ou non amateur de westerns.

Traduit du portugais (Brésil) par Mélanie Fusaro

Editions Asphalte – 15 euros.

 

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