LES HOMMES PERDUS - Brian Leung
Sélectionné Par Juliette -- 30 août 2008
Après des années d'absence et d'abandon, un père reprend contact avec son fils et lui propose un voyage en Chine, son pays natal. Après une telle séparation, peuvent-ils se retrouver ?
Les deux personnages sont narrateurs à tour de rôle, et explorent leur histoire commune et séparée lors de ce voyage. Ils incarnent subtilement une réflexion profonde et complexe sur le pardon.
Albin Michel - 21,50 €
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1942 : deux agents gaullistes se rendent à Madagascar pour y installer une cellule de la Résistance. Mais la rencontre avec la bonne société coloniale tourne court.
A 29 ans, Jack tombe dans les escaliers et se casse la cheville. L'incident mineur devient le point de départ d'une profonde remise en cause : quelque chose cloche, ou manque, dans l'existence de Jack. De fait, il a perdu le souvenir de ses 3 ans à l'université. Enquêtant sur son propre compte, il retrace à rebours son histoire et retourne sur les lieux.
Dans un village de ploucs floridiens, où l'activité principale consiste à écluser des bières en pêchant, de mystérieux évènements se produisent : des morceaux de concitoyens sont retrouvés éparpillés dans le bayou. Qui déchiquète et terrorise la tranquille bourgade ?
Pour notre plus grand plaisir, revoici Olivier Maulin et sa farandole de doux-dingues foutraques et déjantés (mention spéciale à Fifty-fifty, contrôleur et adorateur du rail. Le Grec n’est pas mal non plus). Si vous avez aimé « En attendant le roi du monde » et que vous êtes sensible à cette forme d’humour , ce nouvel opus devrait vous réjouir. Après l’épisode lisboète, l’auteur nous entraîne cette fois-ci plus à l’Est, à la limite des Vosges et de l’Alsace, sur les traces de Pierre et de Suzy. Il y est question de publicitaire qui pète les plombs, suffisamment pour s’engager dans une société secrète qui intrigue pour le retour des fées et des lutins. L’action se déroule dans un cadre résolument bucolique. On soupçonne l’auteur d’être originaire du coin, ou d’être grassement payé par l’office du tourisme local. En tout cas, les Vosges alsaciennes ont l’air d’être un chouette coin, au calme seulement troublé par les deltaplanes. Heureusement, ceux-ci tombent souvent.
Nous avions laissé Malher aux prises avec Madame Goldgruber, son inspectrice des impôts, qui devait répondre à cette question existentielle « la bande dessinée est-elle de l’art et, en conséquence, l’auteur peut-il prétendre à une réduction fiscale de 10% » ? Dans sa grande sagesse et convaincue du peu de potentiel commercial des productions de l’assujetti Malher, Madame Goldgruber avait finalement conclu que oui. On pensait donc la question définitivement réglée ; que non pas ! Le monde – et l’Autriche, singulièrement – ne manquant ni de conférenciers adorant couper les petits mickeys en 4 ni d’auteurs avides de séjours tous frais payés dans des destinations (pas toujours) exotiques, le débat n’a pas fini de rebondir.
Tant mieux, car cela nous permet de suivre l’auteur de festival en convention où il n’hésite jamais à cracher dans la soupe avec une parfaite mauvaise foi. C’est drôle, d’un humour élégant et désabusé, et parfois franchement non-sensique. On adore, encore plus que le recueil précédent (l’art selon Madame Goldgruber) !
Comme d’autres ont un plan de carrière, Alphonse Courrier a un plan de vie : il ne laisse rien au hasard qu’il s’agisse de monter son commerce, de trouver une épouse (ce qui ne saurait se confondre avec l’amour), de fonder une famille ou de mener sa vie sociale. Seule zone d’ombre dans tout cela (mais est-ce vraiment la seule, tant au fil des pages, la personnalité d’Alphonse Courrier gagne en profondeur et en mystère) , la relation qu’il entretient avec Adèle, la femme « la plus laide du village », lui qui a épousé la plus belle. On peut trouver des accents balzaciens à cette formidable étude de mœurs. La narration, et plus particulièrement le point de vue adopté par l’auteur (entre l’oracle et le narrateur omniscient), mérite à elle seule le détour. Bref, une lecture qu’on vous recommande chaudement.
Deux amis d’enfance préparent l’entrée de l’académie galactique, mais Jo trahit Koji, qui se retrouve exilé sur une lointaine et inhospitalière planète. Tezuka met au service de la réflexion (sur l’amitié, la vengeance, la culpabilité) toute la fantaisie de son dessin et l’exotisme de la science-fiction.
Pour les enfants ET les adultes.
Retour dans l’Argentine du début des années 80, plongée dans une dictature dont l’image emblématique restera celle des Folles de la place de Mai, ces mères de familles, sœurs, épouses et fiancées qui bravaient le pouvoir en se retrouvant chaque semaine au cœur de Buenos Aires pour réclamer des nouvelles des desaparecidos. A travers un récit très autobiographique mené à la première personne par Diego, jeune journaliste américain et alter ego romanesque de l’auteur, Douglas Unger nous fait revivre cette période sombre de l’histoire argentine et les crimes commis par Videla et sa clique. Un témoignage de première main qui fait froid dans le dos.