H comme HEBDO, LIVRES HEBDO

Quand le livre est beau, le Livres Hebdo Comment reconnaît-on un canard professionnel ? C’est celui que vous pouvez laisser traîner sur le bureau pendant l’heure de la pause sans crainte que quelqu’un vous le chipe. Normal : ce qui caractérise la presse professionnelle, c’est son côté extrêmement chiant. J’ai moi-même participé à la création de quelques unes de ces publications et rassurez-vous, je peux vous garantir que c’est au moins aussi pénible à écrire qu’à lire. Cela pour dire que je trouve que nous avons bien de la chance, nous autres professionnels du livre, d’avoir Livres Hebdo. Livres Hebdo, c’est le canard des libraires, des bibliothécaires et des éditeurs. Même si je ne le guette pas avec la même impatience que le Pif Gadget de mon enfance, c’est le premier pli que j’ouvre dans le courrier du vendredi. Et même si Juliette et Stéphanie font la fine bouche et affirment souvent qu’ « il n’y a pas grand-chose là-dedans » (traduction : tu serais mieux inspiré de nous augmenter plutôt que de claquer l’argent de la librairie dans des bêtises pareilles), elles ne sont pas les dernières à le feuilleter. Moi, ce que je préfère, c’est la rubrique « »Librairies ». C’est vachement plus intéressant que la rubrique « Bibliothèques », et si vous pensez l’inverse, c’est probablement que vous êtes bibliothécaires, auquel cas votre avis ne compte pas car il est frappé de partialité. La rubrique Librairie, donc, est celle dans laquelle on peut connaître le léger frisson du quart d’heure de gloire warholien, ce qui nous est arrivé deux ou trois fois. Et ricaner devant les photos des petits copains, vu que nous on est beaucoup plus photogéniques.…

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H comme… HUMEUR

Harold travaille plus pour s’épanouir plus : croque-mort le matin, libraire l’après midi. Comme disait Tristan, le poète maudit au succès réduit (une chanson et pas plus), je suis de bonne humeur ce matin. Et oui, y a des matins comme ça, bon pied bon œil, à marquer d’une pierre blanche. Youkaïdi youkaïda je vais travailler et vendre des livres en ébauchant quelques pas de chacha derrière la caisse ou de claquettes autour de la table de nouveautés, avec mon sourire de Gene Kelly, que même les intempéries ne feront pas frémir. Si on continue comme ça, on va finir dans une pub pour la chicorée. D’ailleurs qui peut avaler un breuvage pareil ? Nous faire croire à coup de réjouissants tableaux d’harmonie familiale que cette poudre brune de la même famille que l’endive va vous permettre de bien commencer la journée… Certes chacun ses petites fantaisies et autres dépendances ; personnellement c’est le café, et ne vous approchez pas tant que je n’ai pas englouti ma première dose. Sinon là je suis de mauvaise humeur. Le premier qui suggère que c’est bien là l’état normal d’un libraire, je l’oblige à boire une soupière de Ricorée. Mais il faut bien le reconnaître, l’ours-attitude de ce corps de métier a fait passer dans le langage commun l’expression « aimable » voire « bourru comme un libraire ». Alors pourquoi choisir un métier (sport ?) de contact comme la librairie qui induit un certain amour de son prochain ? pourquoi les libraires boudent-ils ? pourquoi les coiffeurs parlent-ils de la météo ? pourquoi les boulangères ont-elles la voix haut perchée et disent toutes « avec ceci ce sera tout » ? pourquoi les…

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