C comme… chantier

Un casque, une moustache, une masse : la mélodie du bonheur. Si vous êtes client, vous avez remarqué qu’en face de la librairie le marché Sécrétan (une chouette halle Baltard, pour ceux qui ne sont pas clients) est en pleine rénovation. Depuis 2 ans. Et que l’immeuble qui fait l’angle de la rue de Meaux et de l’avenue Sécrétan est en réfection. Depuis 2 ans. Dans le top 3 de mes sujets de conversation de commerçant, le(s) chantier(s) est (sont) passé(s) devant la météo et les vacances. Je suis aux premières loges, car je n’ai qu’à glisser un regard au dessus du PC de la caisse, à couler une œillade par la vitrine, pour admirer l’avancement des travaux. Voir le ballet des nacelles et des pelleteuses. Contempler le spectacle de funambule des couvreurs. M’enthousiasmer pour l’érection d’une paroi de béton… bon je deviens lyrique et je m’égare, mais vous l’aurez compris, ce chantier a plus qu’un peu bouleversé notre petite vie tranquille. Présentée comme l’arlésienne du quartier, la rénovation de la halle Sécrétan, c’est un peu le quitte ou double du coin. Je vous passe l’historique des appels d’offres, des consultations de riverains, des désistements d’investisseurs, des recours de commerçants du quartier pour empêcher les travaux… mais bon, le projet a fini par se faire : on garde la belle architecture, et on refait un lieu à vocation commerciale. Et hop, la tranquille rue de Meaux devient les Champs Elysées. Mais en attendant cet Eden commercial, on doit passer par la case travaux. Et il faut souffrir pour être belle, surtout quand on est centenaire et château-branlant. Je vous passe les diverses étapes de consolidation des sols, de décapage des structures,…

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C COMME CADEAU

Plaisir d'offrir, joie de recevoir un livre. Ou pire. Un nombre non négligeable d’entre vous rentre à la librairie avec la ferme intention de ressortir avec un livre dûment empaqueté dans un papier coloré ; Noël, anniversaires, fêtes des mères et des pères, un livre reste une excellente idée de cadeau, je suis bien d’accord avec vous, c’est chic et rarement bouchonné. Et pour saluer cette louable initiative, nous n’hésitons pas, lorsque vous passez à la caisse, à vous offrir à vous aussi un petit cadeau, puisque vraiment, vous l’avez mérité. Ce n’est pas que je suis pingre, mais ces petits cadeaux ne me coûtent pas grand-chose ; d’ailleurs on s’en attribue l’initiative, mais il faut bien reconnaître que derrière tout cela, ce sont les éditeurs. Qui d’ailleurs font des pieds et des mains pour se faire remarquer ; et comme toute bonne idée, quand on finit par en faire trop, c’est le grand n’importe quoi. L’idée de base, c’est de mettre en valeur le fond d’un catalogue, proposer aux libraires de commander un certain nombre de titres du dit catalogue et de proposer une prime au client. Mais j’ai une dent, presque un dentier même, contre les marketteux du livre qui pondent opérations commerciales sur opérations commerciales avec cadeau bonux en prime. La bonne idée classique, c’est le 3 pour le prix de 2 ; si vous achetez deux livres, on vous en offre un gratuit. Vous êtes censé faire mouche, surtout quand c’est une nouvelle inédite, ou un classique qui fait toujours plaisir. Par contre, les lots de gratuits contiennent toujours un vilain petit canard, un bouquin qu’on a honte de proposer au client. Du coup il me reste…

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C comme… COURSIER

Voilà ce qui arrive quand on se gare sur mon emplacement de livraison. Comme vous êtes observateurs, vous avez remarqué que la librairie reçoit la visite régulière d’hommes très musclés, chargés de cartons, qui s’attirent les quolibets et autres klaxons d’automobilistes rouspéteurs, lorsqu’ils arrêtent leur camion et déchargent dans la rue de Meaux. Ce sont les transporteurs, les hommes de l’ombre… un métier pas facile, et éreintant (conduire dans Paris et charger et décharger des cartons toute la journée). Mais parmi eux, il y a Patrick. Alias Pat la Menace. Alias Dirty Patrick. Alias Patou. Alias Le Coursier. Alias Super Patrick. Depuis le Pony express, on n’a pas fait mieux. Car il faut faire la différence entre les transporteurs, le service de livraison organisé par les distributeurs (pour ceux qui ne suivent pas, retournez à la lettre D), et Le Coursier (on va même jusqu’à se l’approprier avec un adjectif possessif, « mon coursier »), personnel à part entière de la librairie, et depuis son ouverture. Il nous apporte une partie des réassorts, et surtout les commandes spéciales. Quand vous cherchez à vous procurer une histoire de l’Anjou en 4 tomes, on cherche le petit éditeur à contacter, qui souvent n’a pas de distributeur, et s’il a un comptoir de vente sur Paris, on envoie notre vaillant petit coursier, qui nous le remettra quelques jours plus tard. Si vous devez absolument vous procurer pour demain ce roman précis pour l’offrir à votre belle-mère et que là vous ne pouvez pas vous planter vu ce que vous avez sorti comme incongruité au repas de Noël, et que c’est la fin des haricots et de toute l’espèce légumière si vous ne l’avez pas…

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C comme… COMPTE D’AUTEUR

Pour éditer ses trépidants récits de pêche à la crevette et son incroyable recette de l’omelette aux champignons, Le Floch a trouvé un éditeur. C’est toute la différence entre un « people » et vous ou moi, qui devrons recourir au compte d’auteur pour publier la même daube. Il se passe rarement plus d’un mois sans que la chose se produise, et comme la dernière fois, c’était avant-hier, normalement je suis tranquille pour un moment. Ce qui me donne le recul nécessaire pour disserter sur le cauchemar récurrent commun à tous les libraires, j’ai nommé la visite de l’écrivain à compte d’auteur (ou pire, la visite de la grand-mère de l’auteur, et non hélas, je ne blague pas). Commençons par un brin de pédagogie : Qu’est-ce que le compte d’auteur ? Eh bien, c’est pour dire les choses clairement, une escroquerie qui peut rapporter pas mal d’argent sans faire courir trop de risques. Le principe est simple : vous montez avec trois francs six sous une boîte que vous appelez « Editions Tartempion », et vous appâtez le chaland en vous payant des encadrés dans la presse, faisant savoir que les Editions Tartempion recherchent, selon la formule consacrée, « de nouveaux talents ». Sachez qu’un éditeur peut manquer d’argent, de temps, de discernement voire d’inspiration mais que JAMAIS, au grand jamais, il ne manquera de manuscrits. Bien au contraire, l’éditeur attire les manuscrits comme la vache attire les mouches. L’un d’eux m’a même avoué qu’il fuyait systématiquement toute personne faisant mine de l’aborder avec une enveloppe kraft sous le bras. C’est dire si un éditeur digne de ce nom est prêt à claquer de l’argent pour recevoir des manuscrits qui de toute manière atterriront sur son…

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