C’EST CHIC – Nile Rodgers

CHIC Guitariste et fondateur du groupe Chic puis producteur à succès d’artistes aussi divers que Diana Ross, Madonna ou David Bowie, Nile Rodgers a toujours vécu et continue à vivre pour la musique. Il nous livre ici une autobiographie saisissante qui se lit comme un roman, tant la vie du gars est trépidante.

Le premier tiers du bouquin est consacré à l’enfance de Nile, qui naît dans les années 50 dans un milieu familial pas spécialement équilibrant. Maman et beau-papa sont tous les deux solidement accrochés à la poudre et mènent une vie de barreau de chaise. Peu de pathos pour autant dans ces pages, Niles Rodgers n’aura jamais à subir de mauvais traitements, l’amour parental est très présent même si définitivement hors norme. Balloté d’une côte à l’autre, de New-York à la Californie, élevé tour à tour par deux grands-mères très différentes l’une de l’autre, il vit une enfance heureuse et s’ouvre tôt à la musique, pour laquelle il a de très bonnes dispositions, seul héritage laissé par un paternel qui meurt à la trentaine (toxico lui aussi) et qu’il aura très peu connu.

Suit ensuite l’aventure de Chic, narrée à grands renforts d’anecdotes, souvent très marrantes. L’ambiance festive est très bien rendue, la montée en puissance du groupe également jusqu’au moment où le disco cesse définitivement d’être cool, et où Chic n’a plus la cote. Nile Rodgers a visiblement eu du mal à avaler cette phase de « disco bashing ». Il saura rebondir dans la production, et là encore, il n’est pas avares d’histoires édifiantes. Il réussit par exemple à rester très copain avec Madonna après avoir bossé pour elle, ce qui constitue un authentique exploit. Accroché à la fois à la poudre et à l’alcool, le gars Nile tire un peu trop sur la ficelle et est à deux doigts d’y passer, subissant le même sort funeste que son complice Bernard Edwards, co-fondateur de Chic. Optant pour une vie plus saine à la suite d’une très sérieuse attaque, il continue d’oeuvre en tant que musicien et producteur.

J’avais ouvert le livre de Nile Rodgers surtout par curiosité, n’étant fan ni de Chic ni du disco en général, mais je me suis surpris à le lire avec beaucoup d’intérêt et de plaisir. Le bouquin est très habilement écrit, c’est plein d’humour et de sensibilité, bref, tout à fait recommandable.

Traduit de l’angolais (E.U.A) par Anne-Laure Paulmont et Fred Collay

Editions Rue Fromentin – 20 euros