GEIS tome 1 – Alexis Deacon

Somptueuse aventure fantastique d’un nouvel auteur, Alexis Deacon, à surveiller de près.

Dans un royaume peuplé de créatures fantastiques et de magiciens, la souveraine meurt : la sorcière Niope organise un concours avec cinquante personnages du royaume, savants, nobles, commandants des armées, juges, sorcières, mais aussi quelques curieux, et une jeune fille, Io, qui ne sait pas bien ce qu’elle fait dans cette assemblée. Première épreuve : Niope les expédie aux quatre coins du royaume, et ils doivent rentrer au château avant le lever du jour. Io est la première à rentrer, et à découvrir que cette compétition est un concours à mort…

Avec tous les ingrédients du récit fantastique initiatique, Alexis Deacon vous propose un somptueux récit d’aventures au graphisme  remarquable. Io a de faux airs de Little Nemo avec son grande chemise à bouton qui ressemble à un pyjama… et l’on se promène entre rêves et cauchemars, aux côtés de personnages, de chimères, de machines intrigants. Le trait au pinceau et le travail de la couleur (une gamme de couleurs claires, rose, brun, bleu) est magnifique, inventif, tout en rappelant le travail de Daumier. Quel pied! Je vous invite à faire un tour sur le site d’Alexis Deacon, qui comporte un riche port-folio de ses travaux : il vaut le détour.

Gallimard Bande Dessinée – 17€

LE LIVRE DE LA MER – MORTEN A. STROKSNES

Le narrateur et son ami Hugo, peintre installé dans l’archipel des Lofoten au nord de la Norvège et navigateur aguerri, partagent un projet pour le moins original : capturer depuis leur bateau pneumatique  un requin du Groenland, une grosse bêbête qui fait facilement ses 4 ou 5 mètres et peut vivre jusqu’à quatre siècles !

Si on fait fi de l’intérêt écologique discutable qu’il y a à aller chatouiller une bestiole assez âgée pour avoir pu grignoter les fesses de nos arrière-arrière-arrière-grands-parents (à supposer qu’ils fussent marins ou assez aventuriers pour s’aventurer si loin), on se trouve face à un récit passionnant, souvent érudit et jamais dépourvu d’humour. Histoire des Lofoten, récits de pêche et de navigation, légendes maritimes, biologie maritime, promenade dans les abysses, anecdotes sur quotidien des pêcheurs…  le récit de Morten A. Stroksnes nous emmène dans toutes les directions pour notre plus grand plaisir. Un seul petit reproche : l’absence de carte et de carnet photos qui auraient rendu cette balade aux Lofoten encore plus attrayante !

Traduit du norvégien par Alain Gnaedig

Gallimard – 21.50 euros

SAMEDI 4 MARS, LA CLASSE DU MANOIR CROQUIGNOLE DÉBARQUE AUX BUVEURS D’ENCRE

 

 

Camille Roy est une jeune illustratrice parisienne qui travaille  principalement pour les éditions Milan. Elle a notamment participé à plusieurs titres de la collection « Mes années pourquoi » :

Samedi 4 mars, elle vient nous présenter sa série, écrite en collaboration avec Mr Tan (l’auteur de Mortelle Adèle !) : les  cinq volumes du Manoir Croquignole ! 

Au manoir Croquignole, des enfants bien particuliers (Diablo le diablotin, Coralia la sirène, Garou le loup-garou, Clac-Clac le squelette, Pépin la momie…) apprennent à devenir de parfaits petits monstres! En pleine nuit, les voilà auprès de leur professeure, Lady Cracra, pour des cours drôles et mouvementés. Entre le roman et la bande dessinée, suivez les aventures de ses adorables et attachants petits monstres.

On vous attend avec bonbons & chouquettes pour passer une super séance de dédicace !

LECTURE POETIQUE AVEC HUBERT FREALLE – JEUDI 2 MARS

Lecture & rencontre avec Hubert Fréalle 

 

Hubert Fréalle vit et travaille à Paris. Il est libraire à l’hôtel de Sully

Jeudi 2 mars à 19 heures 30

nous avons le plaisir d’accueillir à la librairie Hubert Fréalle qui lira pour nous des poèmes extraits de son tout dernier recueil Un soleil sur les épaules, paru aux éditions Mémoire vivante.

La rencontre se poursuivra autour d’un verre de l’amitié. Venez nombreux(ses) !

 

Hubert Fréalle a publié précédemment chez d’autres éditeurs :

  • Soudain la nouvelle Artémis (L’échappée belle, 2011)
  • L’air au petit chevalier : les évasions sempiternelles (L’échappée belle, 2012)
  • Prends ma parole : les nouvelles mosaïques  (Editions Unicité, 2012)
  • Parcellaire de paradis  (L’échappée belle, 2013)
  • Chevalery lumiscence (Editions Unicité, 2013)
  • La rosée et l’échancrure (Editions Unicité, 2014)
  • Terrilaire  (Editions Unicité, 2015)
  • Rêves de Collure , avec Anthony Croizet (Editions Unicité, 2016)

 

FEU COULEUR #1 – JENNY VALENTINE

Iris , jeune adolescente, vit avec sa mère et son beau-père lorsqu’elle apprend que son père, qu’elle n’a pas vu depuis des années, va bientôt mourir.

La mère d’Iris lui a toujours parlé de cet homme comme d’un égoïste. C’est pour cette raison que la jeune fille n’est pas vraiment enchantée à l’idée d’aller le voir dans sa vieille maison.
Lui souhaite la voir une dernière fois afin de lui révéler toute la vérité sur son passé et lui transmettre son amour pour l’art.

Se crée alors une complicité entre le père et la fille. Cette dernière va profiter du peu de temps qui lui reste pour lui confier ses souvenirs et ses angoisses.

Dans ce roman, Jenny Valentine parle de l’adolescence aux adolescents avec des mots justes et une vraie sensibilité. Elle y aborde des thèmes difficiles tels que le divorce, la maladie et l’abandon sans jamais basculer dans le tragique.
L’auteure a ponctué son roman de références artistiques et littéraires qui donnent encore plus de profondeur à son histoire et apporte un intérêt supplémentaire pour le lecteur.

Un récit émouvant et surprenant.

Traduit de l’anglais par Marion Danton

Dès 13 ans

L’école des loisirs-16€

LOST IN TRANSLATION – ELLA FRANCES SANDERS

Envie d’un livre original, subtil, amusant, voire poétique ? Voici un petit bijou sorti dans sa version française à la toute fin de l’année dernière et qui semble être un peu être passé sous le radar des libraires. C’est injuste et bien dommage car c’est un petit bonheur de lecture. Le principe ? Vous emmener dans un tour du monde des langues, recueillir les termes  intraduisibles… et tenter justement de les cerner le plus précisément possible. Néerlandais, ourdou ou japonais, chaque langue a ses trésors. J’aime bien le coréen NUNCHI  : l’art subtil et souvent inaperçu d’écouter et de soupeser les mots des autres mais mon préféré est définitivement AKIHI qui nous vient de Hawaï. Traduction proposée : le fait d’écouter quelqu’un vous expliquer un trajet, puis de s’éloigner et d’oublier aussitôt toutes les explications.  L’ouvrage, élégamment illustré fera  un très joli cadeau, à moins que vous préfériez  vous l’offrir à vous-même. Une décision comportant a priori peu de risques de Tsundoku (*)

Rue Férou / L’âge d’homme – 15 euros

(*) le fait de ne pas lire un livre après l’avoir acheté, et de le poser sur la pile de livres non lus de la bibliothèque. (japonais). Je profite de ce petit billet pour rappeler aux amoureux des mots, des langues et/ou des voyages l’indispensable lecture de l’excellentissime Poésie du gérondif.

MAIS EN QUOI SUIS-JE DONC CONCERNE ? – SACHA BATTHYANY

Journaliste suisse, Sacha Batthyany est le descendant d’une vieille famille de la noblesse hongroise qui a marqué l’histoire de son pays. Une famille qui a aussi sa part d’ombre… C’est ce que Batthyany découvre le jour où l’une de ses collègues le confronte à un article de presse mentionnant le rôle que sa grand-tante, la comtesse Margit Thyssen-Batthyany aurait tenu en mars 1945 lors du massacre  de 180 hommes et femmes, assassinés parce qu’ils étaient juifs.

Cette révélation, sidérante, est le point de départ d’une enquête et d’un travail d’analyse qui vont durer des années et conduiront l’auteur à questionner le rôle des membres de sa famille, au premier rang desquels sa grand-mère et à s’interroger sur les répercussions que l’histoire familiale peut avoir sur sa propre existence.

A travers ce récit intime qui pose une question universelle (en quoi sommes-nous concernés par le conduite de ceux qui ont vécu avant nous ?)  l’auteur nous conduit en Hongrie, en Russie et en Argentine sur les traces des protagonistes, victimes et complices de la barbarie, et de leurs descendants.  Le texte de Batthyany, modeste honnête, lucide est de bout en bout passionnant. Un grand bouquin.

Traduit de l’allemand par Niels Christopher

Gallimard – 22 euros

LA MARCHE ROYALE – Andreas Latzko

Nos amis de La Dernière Goutte nous proposent de découvrir un véritable petit bijou qu’on doit à l’écrivain austro-hongrois d’expression allemande Andreas Latzko (1876-1943).

La marche royale fait le récit de la rencontre entre deux hommes, un Italien et un Allemand, au sortir de la première guerre mondiale. Un artisan, un ouvrier happés par le  conflit, qui combattirent dans deux camps ennemis et qu’une quête identique amène à se trouver. Naît une amitié forte, immédiate entre ces deux hommes mutilés, abîmés par la guerre. Un grand récit humaniste, court mais intense qui dit l’horreur de la guerre et de la passion nationaliste. Poignant et superbe !

Traduit de l’allemand par Nathalie Eberhardt

Editions La dernière goutte – 10 euros

GROENLAND VERTIGO – Tanquerelle

La ligne claire et polaire de Tanquerelle joue avec « L’étoile mystérieuse » et « Les Racontars du Grand Nord ».

Georges, un dessinateur de bande dessinée en panne, accepte de participer à une expédition au Groenland : il accompagnera un écrivain danois (dont il adapte les récits en bande dessinée), un groupe de scientifiques et un plasticien reconnu qui souhaite faire une installation sur un iceberg. Mais l’aventure déraille vite… Georges est aussi baroudeur qu’un lichen, le plasticien est complètement paranoïaque, l’écrivain totalement alcoolique, et le voyage n’en devient que plus déroutant !

Groenland Vertigo est un récit joyeusement loufoque, truffé de plaisantes références : Tanquerelle rend hommage à Hergé et à ses personnages. On reconnaît les typographies, certaines mises en page, et il y a un petit goût d’Etoile mystérieuse dans ces pages. Le personnage de Jorn Freuchen est un mélange détonnant du capitaine Haddock et de Jorn Riel (dont Tanquerelle avait adapté les Racontars en bande dessinée) . Le jeu de références est réussi, et reste au service d’une très bonne intrigue. Le dessin de Tanquerelle joue avec les codes de la ligne claire et  est réhaussé par les superbes couleurs d’Isabelle Merlet. L’ensemble, très référencé, n’en est pas moins fort singulier.

Casterman – 19 €

RUFUS LE FANTÔME/ CHRYSOSTOME GOURIO

Rufus est un fantôme : dans son école, il y a des vampires, des loups-garous et son meilleur ami, Octave, est un zombie. Ses parents sont des fantômes cultivés et respectés, ils ont hanté les maisons des plus grands de ce monde. Le père de Rufus, veut que son fils suive la même voie. Cependant notre petit héros a une autre ambition : il veut devenir la Mort !

Attention, il n’existe pas qu’une seule mort, non, c’est même une multinationale : LA MORT INC. C’est grâce à sa rencontre avec Melchior, la Mort qui habite au fond du cimetière, que Rufus a vu naître son rêve. C’est pourquoi, depuis avec Octave, ils se rendent en cachette chez Melchior pour en apprendre plus sur ce métier et peut-être devenir ses apprentis …

Découvrez l’histoire de Rufus, cet attachant petit fantôme, qui redouble d’efforts pour convaincre ses parents de le laisser faire le métier qu’il veut. Un roman drôle où vous trouverez entre chaque chapitre des jeux, des ateliers et plein d’autres surprises.

Dès 9 ans

Illustré par Eglantine Ceulemans.

Sarbacane – 10.90 €