L’ETONNANTE DISPARITION DE MON COUSIN SALIM – Siobhan Dowd

Aller au London Eye, la célèbre grande roue de Londres, n'était pas une très bonne idée : la queue est interminable. Ted, Kat et leur cousin Salim devront patienter au moins deux heures ! Un homme leur propose un ticket : ils hésitent puis acceptent. Salim monte alors seul dans la nacelle de 11h32 et aurait dû redescendre à 12h02 mais Ted et Kat ne le voient pas descendre. Salim s'est volatilisé ! Commence alors une double enquête, celle de la police, plutôt rationnelle et celle de Ted, un peu plus tordue, poussée, complète, enfin bref elle comprend 9 théories ! Ce jeune autiste passionné par la météo, va analyser et vérifier l'ensemble de ses hypothèses, dont la combustion spontanée, pour comprendre la disparition incroyable et quasi impossible de son cousin ! Une intrigue brillamment menée, puisque tout s'éclaire uniquement dans les dernières pages, un auteur de talent que l'on avait découvert dans La parole de Fergus, un roman captivant, original et drôle. Editions Gallimard Jeunesse - 12 € (traduit de l'anglais par Catherine Gibert) dès 10-11 ans

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JAMESTOWN – Christopher Hittinger

L'album Jamestown, de Christopher Hittinger, est un tour de force et sa lecture, de page en page une heureuse surprise. Imaginez une BD susceptible de séduire tout à la fois le passionné d'Histoire avec un grand H et l'amateur de bd dite "indépendante" (terme galvaudé, j'en conviens, et si vous en connaissez de meilleurs, je suis preneur). Jamestown, c'est tout cela. La toute première tentative d'instaurer une colonie britannique en Amérique du Nord par un certain John Smith et ses camarades (avant même l'aventure du Mayflower et des Pilgrim fathers) est narrée dans un style clair et presque didactique. Et graphiquement, c'est à la fois très original et totalement déstabilisant. Les personnages sont stylisés à l'extrême, les décors très travaillés, un peu dans l'esprit de certains manga, de ce que peut faire Mizuki, par exemple. (Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, c'est très différent de Mizuki). Chaque double page, en général composée dune seule et unique "vignette" s'appréhende à la manière d'un tableau. Jamestown est publié par une jeune maison, The Hoochie Coochie, éditeur encore peu connu, mais qui devrait le devenir s'il continue à publier des ouvrages de cette qualité (à condition d'adhérer à l'idée un brin optimiste que la notoriété d'un éditeur de BD est proportionnelle à la qualité de sa production, ce qui avouons le n'est pas d'une évidence folle). Je prends un peu le train en marche sur ce coup-ci, puisque Jamestown est sorti depuis début 2008, et que je viens à peine de le lire. Christopher Hittinger vient de sortir un nouvel album chez le même éditeur, Les déserteurs, que je n'ai pas encore eu le plaisir de lire, mais qui…

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DEMON – Thierry Hesse

Pierre Rotko ignorait l'histoire de son père, qui, après des années de déni, accepte enfin de se raconter : il a grandi en U.R.S.S., enfant juif caché, et ses parents disparurent lors de l'offensive allemande de1942. En 1953, il s'échappe, et gagne la France. Pierre, qui est journaliste, enquête sur le passé de son père, recolle les morceaux de ces trajectoires oubliées, et met en perspective l'histoire, la grande, et la personnelle. Mais Pierre a un "démon", qui exige en plus de ces recherches, une "expérience" : il part pour la Tchétchénie, et vit une nouvelle forme de tragique. Démon est un roman ambitieux, qui traite de l'extermination des Juifs en Europe, de l'histoire de l'U.R.S.S., de Staline en particulier, et des nouveaux bouchers qui continuent de sévir. La force et la réussite de Thierry Hesse est de traiter en profondeur ces thématiques complexes, de les lier sans être artificiel. C'est aussi imposant que maîtrisé. Le protagoniste est un précieux fil conducteur : il raconte, écrit, participe au récit. Par le biais du roman familial, il glisse vers la réflexion sur l'histoire et l'engagement : une belle surprise de la rentrée. L'olivier - 20 €

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O comme… OFFICE

Faire l'office : un métier de chien Avec l’office, on entre pour de bon dans la petite cuisine de la librairie. Mot d’esprit vaseux, j’en conviens, mais il fait chaud et les neurones du libraire sont partis en vacances quelques jours avant leur propriétaire. Il est d’ailleurs probable que cette chronique soit la dernière avant septembre, et un redémarrage qu’on espère sur les chapeaux de roue. L’office, donc. Kezako que cette drôle de bête ? Eh bien, il s’agit ni plus ni moins d’un contrat synallagmatique (je m’étais juré de le placer un jour, celui-là) liant le diffuseur (représentant commercial de l’éditeur, pour ceux qui ont séché les épisodes précédents) et le libraire. Le libraire lorsqu’il démarre son activité et « ouvre son compte » auprès du diffuseur/distributeur s’engage à prendre un certain nombre de nouveautés, en un nombre X d’exemplaires, X dépendant de la catégorie dans laquelle le diffuseur classe l’ouvrage. Cela s’appelle la « grille d’office ». Chaque diffuseur à la sienne propre, et toutes rivalisent en nébulosité. Ainsi trouve-t-on, entre autres joyeusetés, « grands lancements documents », «littérature française grand public », l’idée générale étant de multiplier les catégories pour… devinez quoi ? Absolument, pour multiplier le nombre de livres placés à l’office, vous avez tout compris et êtes mûr(e) pour vous faire embaucher par un diffuseur. La grille d’office porte particulièrement bien son nom, car elle prive le libraire de la liberté de choisir ce qu’il veut vendre et elle lui pompe de la trésorerie, puisqu’il devra renvoyer (à ses frais) après un délai minimal d’un mois, les livres qu’il ne veut pas. Entre temps, l’argent est chez l’éditeur et fait tourner la machine, selon le principe…

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BROOKLYN DREAMS – J. M. DeMatteis & Glenn Barr

La couverture aiguillerait vers du comic book nerveux, peut-être même un sanglant polar américain. Raté. Brooklyn dreams n'est ni plus ni moins qu'une psychanalyse dessinée, qui plus est celle d'un juif new yorkais, avec des origines italiennes, maniaco-dépressif, un lointain cousin de Woody Allen en somme. Son enfance, en particulier ses parents et sa famille (il y a effectivement de quoi devenir dingue), sont racontés avec un humour décapant. Tant qu'à l'adolescence, c'est un feu d'artifice, seventies oblige, avec son cortège de came, de potes, de premiers amours et de révélations mystiques. L'ensemble est assez disparate, les digressions s'accumulent, et le dessin est tout en rupture : mais c'est bien ce côté bancal, ces fêlures, qui font toute la saveur de ce récit. Futuropolis - 26 €

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