Archives pour l'étiquette polar

VENDREDI 09/06 RENCONTRE AVEC PATRICIA TOURANCHEAU

Vendredi 9 juin

à 19 heures

Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre avec Patricia Tourancheau à l’occasion de la parution de son livre « Le 36 » aux éditions Le Seuil / lesjours.fr

Saviez-vous, qu’au 36 rue des Orfèvres…

  • On trouve bel et bien un commissaire Mégret ?
  • Il y avait des poulets bien avant l’arrivée de la police ?
  • Existe un musée privé d’un genre assez particulier ?

Journaliste, Patricia Tourancheau a tenu la rubrique police, banditisme et faits divers à Libération pendant 29 ans avant de partir travailler pour le site d’information lesjours.fr. Elle a déjà publié trois livres : Les Postiches, un gang des années 80 (Fayard), La Traque de Guy Georges (Fayard) et avec Sébastien Bernardo, Brigade anti-criminalité (J’ai lu).

Autant dire que le 36 quai des orfèvres, les femmes et les hommes qui y travaillent, Patricia Tourancheau les connaît bien. Son livre fourmille de portraits et d’anecdotes et elle raconte, comme un feuilleton policier, les histoires d’hier et d’aujourd’hui qui font la légende du « 36 » : le club de la Poularde, la saga de la Rouquine, les labos des experts ou la bureau 315 où Gainsbourg sirotait son pastis.

Alors que la Police Judiciaire s’apprête à quitter dans quelques mois  les locaux qu’elle occupe depuis 1913 et l’époque des Brigades du Tigre pour migrer dans un immeuble flambant neuf  de la rue du Bastion (toujours au 36), Patricia Tourancheau vous invite à visiter une dernière fois cette adresse mythique, certainement l’une des seules que connaissent tous les Français !

Vendredi 9 juin, vous pourrez poser à Patricia Tourancheau toutes vos questions avant de vous faire dédicacer l’ouvrage si vous le désirez. Pour patienter jusqu’au 9 , voici une interview récemment donnée par Patricia Tourancheau à France Culture.

La rencontre se conclura autour d’un pot amical.

JEUDI 1er JUIN, RENCONTRE AVEC MARCEL AUDIARD

Jeudi 1er juin à 19 heures,

nous avons le plaisir de vous convier à une rencontre avec Marcel AUDIARD autour de son roman policier LE CRI DU CORPS MOURANT paru aux éditions Le Cherche midi.

 

« Rien qu’à lui parler, on perdait de l’espérance de vie. »

Bon sang ne saurait mentir… Marcel Audiard, petit-fils de, nous propose d’embarquer à la suite de Puce et de sa bande de copains dans un polar truculent, une aventure enrichie en truands fin de race, en flics à la ramasse où les traits d’esprit pleuvent comme à Gravelotte.

Le comédien Jean-Pierre KALFON lira quelques extraits de son roman avant une séance dédicaces. La rencontre avec l’auteur se conclura autour d’un pot amical.

UN MOINDRE MAL – Joe Flanagan

Un impeccable roman d’enquête : bienvenue à Cape Cod…

En 1957, Cape Cod est un coin tranquille ; de petites stations balnéaires qui s’assoupissent une fois l’été passé. Le lieutenant Warren dirige le service de police, mais trop rigide, trop intègre, il est peu apprécié de ses hommes. Et sa situation familiale fait d’autant plus tache : il élève seul un fils handicapé mental. Un officier de police d’Etat est envoyé dans la région : il s’appelle Stasiak et a un glorieux CV, après une affaire de clan mafieux arrêté à Boston. Une aubaine pour le procureur de Cape Cod, car une série de meurtres d’enfants est perpétrée et qu’une famille entière a disparu. Mais les deux flics, Warren et Stasiak, n’ont pas les mêmes méthodes.

On plonge avec plaisir dans ce tableau des années 50 d’une Amérique de bord de mer pas vraiment paisible. Des enfants violentés, des paris d’argent qui tournent mal, un climat de corruption délétère : le lieutenant Warren essaie tant bien que mal de ne pas se noyer, et on suit son enquête en apnée… Le rythme est vif, de courts chapitres qui alternent les points de vue (les différents flics, le procureur, le prêtre, un psychiatre) et les deux enquêtes piétinent pour mieux repartir. Du polar irréprochable.

Traduit de l’anglais (U.S.A.) par Janique Jouin de Laurens.

Gallmeister – 24,10€

LA DARONNE – HANNELORE CAYRE

Avec La daronne, Hannelore Cayre vient de remporter le prix du festival Quai du polar et c’est amplement mérité ! J’ai adoré ce polar à la fois intelligent, original et drôle. Autant que j’avais aimé l’hilarant Ground XO paru il y a quelques années chez le même éditeur (disponible en format poche).

L’héroïne du roman, Patience Portefeux alias la daronne est traductrice de l’arabe et collaboratrice régulière de la police pour qui elle assure la traduction des écoutes téléphoniques. Un job qui lui donne l’occasion de recueillir des informations sensibles liées à des trafics aussi rémunérateurs que délictueux. C’est forcément tentant d’en profiter quand l’occasion se présente et qu’on tire le diable par la queue, entre deux grandes filles qu’on aimerait pouvoir aider et la maison de retraite d’une vieille mère sénile à régler chaque mois. D’autant que qui pourrait soupçonner cette femme si discrète et pour tout dire un peu terne ?

Voilà le point de départ de ce super polar riche en personnages hauts en couleurs. L’écriture est très enlevée, Hannelore Cayre développe une véritable empathie pour ses personnages. Plus je progressais dans ma lecture, plus le roman me faisait penser à ceux de Iain Levison. Si vous avez aimé Trois hommes, deux chiens et une langouste, Un petit boulot, ou Une canaille et demie, sûr que vous allez adorer La daronne d’Hannelore Cayre.

Editions Métailié – 17 euros

COMME UN BLUES – ANIBAL MALVAR

La Galice, c’est un peu la Bretagne en Espagne. La pluie colle comme une seconde peau à ce récit bien noir, mené de main de maître et qui, à la faveur d’une intrigue a priori assez simple nous fait entrevoir les coulisses de l’histoire récente de l’Espagne. Carlos Ovelar est un photographe tout ce qu’il y de banal , mais il a eu une autre vie avant. Sous les ordres de son père, il a travaillé pour les services secrets espagnols. Une expérience qui lui vaut d’être contacté par le nouveau mari de sa femme afin de retrouver la fille du couple, Ania, 18 ans, disparue dans ce qui apparaît assez vite être une embrouille liée à un trafic de drogues.

Comme un blues est un roman remarquable à plus d’un titre. Par le climat plombant très bien rendu, cette dépression dans laquelle patauge notre protagoniste, jamais remis d’un drame familial qui d’une certaine manière structure le récit, explique en tout cas l’itinéraire de Carlos. Par les personnages forts et complexes aussi, celui  du père en particulier, modèle négatif, objet de détestation autant que d’admiration. Et il y a Guadralpa, vieux flic à l’ancienne et à bout de course, a sa manière extrêmement attachant. Enfin, le contexte évoqué par le récit, la préparation du coup d’Etat du 23 février 1981, donne une densité historique au roman. J’avoue être peu au fait de la thèse longuement présentée dans le roman et j’ignore quelle est la part de vérité, mais cet intéressant article du Centre Français sur le Renseignement permet de se documenter avant de se plonger dans une lecture que je vous recommande chaudement.

Traduit de l’espagnol par Hélène Serrano

Editions Asphalte – 22 euros

PRENDRE LES LOUPS POUR DES CHIENS – HERVE LE CORRE

Franck est libéré de prison après avoir purgé 5 ans de détention. Il a payé le prix fort pour ne pas avoir dénoncé son frère Fabien qui a participé avec lui au braquage. Le jour de sa sortie, Fabien que des « affaires » ont conduit à s’absenter en Espagne n’est pas là pour l’accueillir. C’est Jessica, la compagne de Fabien qui attend devant la centrale et conduit Franck dans sa famille, qui l’hébergera. Une famille vénéneuse qui vivote de trafics et semble liée par un sale petit tas de secrets. Entre Franck et les parents, l’antipathie est immédiate et réciproque. Autant que l’attirance qu’il éprouve pour Jessica, aussi toxique et borderline qu’elle est sexy et provocante…

Ce roman très noir à l’atmosphère oppressante est une belle réussite, en bonne partie grâce à l’écriture sèche et nerveuse d’Hervé Le Corre. Un excellent polar que ne renieraient pas les maîtres américains du genre.

Editions Rivages – 19.90 euros

 

LA PROCHAINE FOIS CE SERA TOI (LES BRIGADES DE L’OMBRE TOME 1) – Vincent Villeminot

la prochaine fois ce sera toi
Des goules, des flics, une ado et une surdouée : le pilote de cette nouvelle série fantastico-policière a tout pour plaire.

A Paris, Léon Markowicz, un colosse vieillissant, dirige la brigade de l’ombre, une poignée de flics chargés des goules, ces humains infectés par un virus qui les transforme pour quelques heures en créatures extrêmement dangereuses. Sur les lieux d’un crime récent, il devine une mise en scène qui le vise personnellement.

Parallèlement aux activités parisiennes de cette brigade de l’étrange, nous suivons à Rennes les deux filles de Markowicz, Fleur, qui passe son bac et rêve d’Antonin, et Adélaïde, 10 ans, une enfant pas comme les autres, fine observatrice, oratrice et planificatrice. Elles vivent avec leur mère, psychologue, qui a bien du mal, même si les années ont passé, à se remettre de sa rupture avec Léon.

Ce premier volet  est une réussite : un rythme soutenu de thriller avec des chapitres brefs et efficaces, des personnages attachants avec des caractères et des silhouettes singuliers, une atmosphère envoûtante qui mélange roman policier et fantastique. De nombreux détails parsèment le récit comme autant de pistes qu’on a hâte de suivre dans les prochains opus de cette nouvelle série.

Casterman – 15,90 €

 

Quelques lectures pour cet été…

A l’heure de planter le parasol, il s’agit de trouver le truc qui va vous scotcher sur la serviette assez longtemps pour parfaire le bronzage qui fera de vous une star à la rentrée. Voici quelques lectures de ce début d’année qui sont un peu passées à l’as mais qui me semblent tout à fait adaptées à la saison.

vesaleLE HUITIEME LIVRE DE VESALE – Jordi LLOBREGAT

On commence par un espagnol, Jordi Llobregat, qui nous propose Le huitième livre de Vésale, un très bon roman d’aventure, et même un roman de gare qui s’assume comme tel et qui a bien raison. Ca se passe à Barcelone et il y a comme un épais parfum de mystère… Si  ça vous rappelle quelque chose, c’est normal. L’ombre du vent de Ruiz Zafon est une influence clairement revendiquée.  Si vous faites partie des trois milliards de lecteurs qui ont aimé le livre, vous aurez le plaisir de lire quelque chose « qui a un air de famille » mais qui est loin d’être une simple copie parce que « le huitième livre »  a sa propre originalité. En effet,  l’auteur a eu la bonne idée de le situer en 1888, au moment où va s’ouvrir la grande Exposition Universelle. D’où un univers parfaitement exploité, qui évoque Jules Verne avec des vrais morceaux de Frankenstein dedans.

Le roman s’ouvre alors que Daniel,  jeune barcelonais étudiant  en médecine à Oxford, rentre au pays pour enterrer son père. Il apprend que celui-ci enquêtait sur la mystérieuse série de meurtres touchant de jeunes  ouvrières, meurtres qui réveillent de vieilles superstitions…  Cette enquête va l’amener à découvrir une sombre machination.

Dans Le huitième livre de Vésale, il y a des méchants vraiment méchants, des héros nobles et généreux, des secrets de famille, des rebondissements en veux-tu en voilà et comme le Sieur Llobregat a un vrai sens de la narration cela fonctionne très très bien sur les 600 pages de ce bon pavé. Je vous aurai dit l’essentiel quand j’aurai souligné que Le huitième livre de Vésale est un premier roman.

traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu

Le cherche midi – 21 euros

menteurLE MENTEUR – Nicholas SEARLE

Autre premier roman, Le menteur est un roman à intrigue  qui mérite aussi votre attention. On y  fait la connaissance de Roy, une vieille fripouille quasi octogénaire qui veut monter une dernière arnaque avant de faire valoir ses droits à la retraite. Son objectif est de dépouiller Betty, une riche veuve qui va s’énamourer de lui avant de se faire plumer comme une (vieille) oie blanche sitôt la bague passée au doigt. Du moins le croit-il… Car nous, lecteurs, avons une longueur d’avance, et nous comprenons rapidement que la Betty en question est peut-être davantage chasseuse que proie. La vérité sur les personnages, leur histoire et leurs motivations, nous sont dévoilées chapitre après chapitre, au cours d’un effeuillage très bien construit qui nous en dit chaque fois un peu plus sur leurs secrets respectifs. Le Menteur nous promène entre l’Angleterre et l’Allemagne, entre les années 30 et aujourd’hui ou plutôt l’inverse puisque le roman nous amène progressivement au fait générateur de toute l’histoire. Roman haletant au suspense bien entretenu, Le Menteur est également une réflexion intéressante sur la vengeance et la résilience.

traduit de l’anglais par Simone Arous

Fayard – 23 euros

D’OMBRES ET DE FLAMMES – Pierric Guittaut

GUITTAUTD’habitude, ce sont plutôt les américains les maîtres du genre « polar rural » mais là, on tient un Français vraiment très convaincant.  La fille de la pluie, le premier roman de P. Guittaut, paru en 2013 en Série Noire m’avait beaucoup plu… et celui qui est sorti ce printemps est du même niveau.

Nous sommes en Sologne, la région où est né le major de gendarmerie Fabrice Remangeon et dans laquelle il vient d’être muté à la suite d’une mesure disciplinaire. Une région pauvre où les superstitions sont très vivaces et où Remangeon est connu comme le loup blanc. Plus que le gendarme, c’est le fils du sorcier dont les habitants saluent et/ou redoutent le retour… Ce retour au pays, c’est tout sauf une promotion pour Remangeon qui s’était juré de ne plus remettre les pieds dans cette Sologne qui ne lui rappelle que des mauvais souvenirs et notamment la disparition mystérieuse de sa femme, dix ans auparavant. Une histoire très bien conduite sur fond de braconnage, de haines recuites… et de jeteurs de sort.

Gallimard, série noire – 18 euros

 

CONDOR – Caryl Férey

Une sombre et captivante histoire du Chili.
Une sombre et captivante histoire du Chili.

Caryl Férey poursuit la piste andine, après Mapuche : il traverse la frontière et nous entraîne au Chili. Gabriela habite chez Stefano, dans le cinéma dont il est le propriétaire et le projectionniste ; elle est mapuche, et suit des études de cinéma, lui est un ancien militant du MIR, parti d’extrême-gauche, exilé pendant des années après le coup d’état de 1973 qui installa Pinochet au pouvoir. Ils habitent La Victoria, un quartier populaire où quatre gamins viennent de succomber à de suspectes overdoses. Las d’attendre l’aide d’une police qui se sent peu concernée, ils vont contacter un avocat, Esteban Roz-Tangle. Fils d’une excellente famille, il prend à rebours sa condition privilégiée et s’affiche comme spécialiste des causes perdues. D’autant que l’affaire se corse quand son associé se suicide de façon un peu trop opportune.

Ceux qui connaissent les polars de Caryl Férey reconnaîtront son sens de l’intrigue : le lecteur est immergé dans la réalité actuelle du pays et s’enfonce dans son histoire et ses diverses composantes sociales. On embarque à tombeau ouvert dans ce thriller peuplé de personnages emblématiques et charismatiques, on espère (ou on craint) un happy end impossible, on retient son souffle à la lecture de scènes dures. On s’accroche, et on ne s’ennuie pas une seconde.

Gallimard Série noire – 19,50€

Les salauds devront payer – Emmanuel Grand

A Mathematician (?)Voici un bon polar, tendance « sociale », qui nous emmène dans une petite ville du nord de la France qui ne s’est jamais remise de la fermeture des mines et, dans la foulée, des usines. A Wollaing, jeunes et moins jeunes tirent le diable par la queue, entre petits boulots, trafics en tous genres et chomdu à perpet’. Présenté comme cela, ça fait un peu cliché, d’autant qu’il faut ajouter pour faire bonne mesure le traditionnel duo d’enquêteurs que tout sépare mais qui vont faire la bonne équipe : Buch, commandant quadra accro aux amours tarifés et le jeune lieutenant Sahila Bouazem. Sur ce terrain un peu convenu, Les salauds devront payer déroule pourtant une intrigue hyper efficace qui prend ses racines des années auparavant dans les rizières de l’Indochine et la casbah algéroise.

Alors, qui sont les salauds de l’histoire ? Qui a tué Pauline, la gamine de 20 ans, un peu paumée, un peu toxico retrouvée un matin dans un terrain vague ? Est-ce la bande de brutes aux ordres de Wallet, ex syndicaliste reconverti en patron de salle de muscu et dans le recouvrement de dettes, bras armé d’une officine de crédit aussi peu regardante sur les garanties demandées que sur les moyens mis en œuvre pour récupérer son argent ?

L’histoire, parfaitement huilée, s’appuie sur des personnages bien campés et sur des dialogues qui font mouche. Ce qui nous donne un roman que ne renieraient sans doute pas Didier Daeninckx ou Dominique Manotti, les maîtres du genre. On a connu pires références…

Editions Liana Levi – 19 euros