Archives pour l'étiquette nature writing

DENALI – patrice gain

A cette période de l’été où les libraires sont plongés dans la lecture de la rentrée  littéraire qui bientôt pointe son nez et où tout livre de plus de deux mois fait figure d’incunable, je me suis attardé sur le roman de Patrice Gain dont la superbe couverture (une mouche mais perso cela évoque plutôt la coiffe de chef indien) me faisait de l’œil depuis quelques temps.

La couverture et la curiosité aussi, car ce roman qui convoque les images les plus emblématiques du nature writing est écrit par un Français. Or un auteur français  qui nous parle de l’Amérique, cela donne souvent des résultats intéressants : il suffit de penser à Frédéric Roux, Tanguy Viel sans remonter aux plus  anciens.

La langue, la construction du récit et l’épaisseur du personnage principal m’ont plu de bout en bout dans cette histoire de délitement familial où un ado, Matt, voit son univers s’écrouler à la suite de la disparition de son père en montagne. Denali est un récit sombre, qui mêle avec un bonheur certain des genres différents : nature writing mais aussi roman noir, drame social et roman d’apprentissage. Denali nous rappelle, avec sa personnalité propre, Sukkwan Island, l’ inoubliable premier roman de David Vann et c’est un sacré compliment.

Le mot et le reste – 21 euros

LE GARCON SAUVAGE – PAOLO COGNETTI

cognettiPaolo Cognetti, écrivain, la trentaine, tourne en rond dans la grande ville de Milan où il vient de passer un hiver déprimant. Pour retrouver l’envie de vivre et d’écrire il décide de partir pour le Val d’Aoste, une région montagneuse qu’il connaît pour y avoir passé des vacances avec son père quand il était enfant. A 2000 mètres d’altitude, il s’installe dans la petite maison abandonnée d’un vieux hameau encore fréquenté l’été par les gardiens des troupeaux de vaches et traversé de loin en loin par quelques touristes.  Amoureux de la solitude, Paolo Cognetti va mettre à profit le séjour dans sa thébaïde pour reprendre lien avec la nature, cultiver son jardin (ou du moins tenter de le faire), lire bien sûr : Thoreau, Elisée Reclus, Rigoni Stern qui vont l’accompagner dans ces quelques mois de retrait volontaire. Il fera aussi de belles rencontres, celles d’autres taiseux, si différents de lui mais qui partagent peut-être un même désir de solitude et d’absolu.

Ces carnets de montagne forment un très beau texte, poétique et pas dénué d’humour, et j’étais un peu triste de devoir redescendre trop vite de la montagne à mon goût – le texte est court – bien que je ne sois pas habituellement un fan absolu du « nature writing ». Très chouette lecture.

Traduit de l’italien par Anita Rochedy

Editions Zoé – 15 euros