Archives pour l'étiquette musique

1,2,3 FOUR RAMONES vendredi 23 juin à 19 heures

Vendredi 23 juin à 19 heures

Rencontre et dédicace avec les auteurs de ONE TWO THREE FOUR RAMONES

 

à l’occasion de la parution de l’album aux éditions FUTUROPOLIS

On a pu écrire des Ramones qu’ils étaient  « le groupe inconnu le plus célèbre du monde. » Pas faux, si on compare la place occupée dans la légende du rock aux ventes somme toute modestes des vingt et quelques disques que les faux frères enquillèrent au cours d’un nombre équivalent d’années passées à sillonner les scènes du monde entier.

FOUR RAMONES La bande dessinée très bien documentée dont nous recevons les auteurs, Xavier Bétaucourt et Eric Cartier,  vendredi 23 juin nous fait (re)vivre l’histoire de ces loosers (pas toujours) magnifiques. Le point de vue adopté est celui de Dee Dee Ramone, fondateur et bassiste du groupe et s’appuie entre autres sources sur l’autobiographie « Mort au Ramones » signée par Dee Dee.

Les fans des Ramones retrouveront avec plaisir ce groupe qui a marqué plus d’une génération, quant aux autres,  ils découvriront un groupe moins monolithique et plus complexe que le look basique (cuir + jean troué + sneakers à l’agonie), les sempiternels deux accords et les paroles un tantinet simplistes pouvaient le laisser supposer.

Hey, ho, let’s go ! et rendez-vous le 23 juin…

METS LE FEU ET TIRE-TOI – JAMES McBRIDE

James Brown était un show man absolu : chanteur, danseur hors pair, auteur de centaines de chansons dont un bon nombre furent des succès énormes. Personnage controversé, il fut aussi l’une des toutes premières stars de la musique noire américaine. James McBride, romancier et lui-musicien de jazz (il est saxophoniste) s’est vu confier ce travail de commande : l’écriture d’une biographie de « l’homme James Brown », au-delà donc de la simple bio musicale. McBride ne se sentait pas de légitimité particulière à se lancer dans ce projet, mais des nécessités d’ordre personnel l’ont poussé à accepter cette rentrée d’argent bienvenue. Quelle chance pour nous !  A travers le parcours de ce musicien hors norme, c’est tout un pan de l’histoire américaine, celle des Noirs, celle du Sud qu’embrasse ce livre. Sans jamais tomber dans l’hagiographie (James Brown avait une énorme personnalité, des qualités aussi évidentes que ses défauts, mais ce n’était définitivement pas une personne « aimable » ni « sympathique ») McBride rend hommage à ce personnage qui toute sa vie aura voulu « arriver comme quelqu’un de spécial, repartir comme quelqu’un de spécial ».

Ce récit est pour moi un coup de coeur absolu, nul besoin d’être fan du chanteur ni même passionné de musique pour être saisi par la qualité hors norme de ce récit.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par François Happe

Editions Gallmeister – 22.80 euros

Comment (bien) rater ses vacances & suites – Anne Percin

Maxime Mainard est le héros plus qu’attachant d’une série de romans dont le quatrième opus vient de paraître : après Comment (bien) rater ses vacances, il y eut Comment (bien) gérer sa love story, puis Comment devenir une rock star (ou pas), et enfin le petit dernier Comment maximiser (enfin) ses vacances. Tout commence en banlieue parisienne, après le bac français : les parents de Maxime partent faire le GR20 et sa petite soeur va dans une colo poney. Il va donc rester chez sa grand-mère pour l’été : de quoi le ravir, vu la complicité qui les unit. Vous ferez au passage la connaissance de ses potes Kevin, au verbe fleuri, et Alexandra, partenaire idéale de jeux vidéos et tout autre délire. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et que Maxime devra côtoyer le service d’urgences du Kremlin-Bicêtre, les flics et appeler à l’aide un oncle surnommé « Tonton déprimos ». Et accessoirement céder à ce qu’il appelle les « dindonneries », c’est-à-dire tomber amoureux…

Quatre volumes pour suivre pendant un an la vie de cet ado, qui se passionne pour l’économie et la musique, qui a de l’énergie à revendre, le sens de l’amitié et de la famille chevillé au corps, et un don inné pour la nouvelle cuisine : Maxime est formidable, un ado à l’humour ravageur et contagieux, qui mène sa barque de potes dans de beaux draps et avec entrain. On applaudit à tout rompre et on en redemande !

Editions du Rouergue – tomes 1  & 2 13,50€, tome 3 14,50€, tome 4 14,90€

GEISHA OU LE JEU DU SHAMISEN – Christian Perrissin & Christophe Durieux

Itinéraire d’une fillette pour devenir geisha : un délicat enfer…

Setsuko Tsuda a 7 ans lorsque sa famille arrive à Tokyo : son père était samouraï, mais lorsque le régime féodal a été réformé, et les clans dissous, il s’est lancé dans le commerce de bois, qui ne lui a pas réussi. Avec son épouse et ses deux filles, il arrive à la ville après une longue marche, et s’installe comme menuisier ; mais il est victime d’un accident de tramway, et perd une jambe. Il sombre dans l’alcool. En désespoir de cause, il vend sa fille à une maison de geisha, l’okiya Tsushima, avec la promesse d’un avenir bien meilleur que ce qu’il peut lui offrir. Commence alors pour Setsuko, un long apprentissage : un nouveau nom, une nouvelle discipline, une nouvelle éducation. Et une dette à rembourser : elle devra reverser la somme offerte à son père, le coût de l’enseignement, des vêtements, du médecin. Son apprentissage est difficile et exigeant, dans un microcosme féminin où jalousies et rivalités fleurissent à l’envi. Setsuko, rebaptisée Kitsuné, trouvera un échappatoire dans la pratique du shamisen, l’instrument de musique à trois cordes traditionnel.

Cette chronique du Japon classique raconte l’envers du décor des estampes : derrière le fantasme de la geisha, se cache des individus, des destinées, des chemins de vie sinueux. Le joug des conventions et des soumissions laisse bien peu de libertés à cette fillette, qui narre son histoire avec une douce mélancolie. Le dessin de Christophe Durieux est tout en rondeur, avec une palette de gris impressionnante, et une texture veloutée. Les décors naturels et urbains, les détails des vêtements et des expressions, tout concourt à une très belle atmosphère, élégiaque,  cruelle.

Et de vive voix !

Futuropolis – 19€

ROCK WAR / ROBERT MUCHAMORE

ROCK WARJay vit avec sa mère, son beau-père et ses sept frères et sœurs qui lui mènent la vie dure. Il aime jouer de la guitare et rêve de devenir une rock star. Il est persuadé que le groupe qu’il a monté avec ses copains d’enfance ne pourra pas réaliser ce rêve tant qu’ils n’auront pas changé de batteur. Jay doit alors faire un choix : ses amis ou son rêve.

A l’inverse, Summer tâche de passer inaperçue. Elle vit seule avec sa grand-mère malade dans un quartier peu fréquentable et se débrouille avec la pension de cette dernière pour subvenir à leurs besoins. C’est par hasard qu’elle se fait repérer par un groupe de rock. Ils souhaitent faire d’elle leur chanteuse car elle a une voix exceptionnelle. Summer acceptera-t-elle cette proposition ?

Enfin, Dylan vit en internat dans une école huppée où on oblige les élèves à choisir entre le rugby et l’orchestre. Dylan s’est déjà fait renvoyer des deux disciplines. C’est alors qu’il rencontre le bassiste d’un groupe de rock qui lui propose de venir les écouter. Le groupe essaie d’enregistrer une démo et il a du potentiel. Etant fils d’un producteur de musique, Dylan leur propose son aide…

Découvrez comment ces trois ados devront se battre afin de réaliser leur rêve : monter sur scène !

Robert Muchamore, l’auteur de Cherub, change complètement de registre pour cette nouvelle saga. La musique et les groupes sont les thèmes de ce roman, mais ils laissent également place à d’autres sujets comme la famille et l’amitié. L’histoire est rythmée et nous présente des personnages principaux touchants, avec leurs failles et leurs doutes. Un début très prometteur pour la série Rock War !

Dès 12 ans

Traduit de l’anglais par Antoine Pinchot

Casterman – 16.90€

VERLAINE BROWN EN CONCERT – Goulven Hamel

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Allez, musique! Un roman ado qui donne envie de chanter…

Verlaine Brown commence l’année scolaire dans un nouveau lycée : elle et sa mère ont déménagé, et son père est resté à Paris. Elle fait la connaissance d’Angela, pétulante adolescente, puis de Léo, et Mick, et d’Antoine, qui tient un magasin de musique.  Mélomane et guitariste talentueuse grâce à son père, elle tend l’oreille lorsqu’il est question d’organiser un concert pour financer un voyage scolaire en Angleterre. La voici à la tête d’un groupe.

Amitiés, amours, musique : Goulven Hamel compose une très jolie mélodie de l’adolescence, ni mièvre, ni désenchantée. Verlaine et ses copains ont du caractère, du talent, se plantent et s’aiment avec détermination. Et comme en plus la lecture est agrémentée par les compositions soignées de l’héroïne (par flashcode ou sur le site www.verlainebrown.com, avec des commentaires de l’écrivain-compositeur) on tombe sous le charme promptement…  Pour vous convaincre, voici la reprise de Where did you sleep last night de Verlaine (alias Alix Rabot) :

Fleurus – 13,90€

LE PIANO ORIENTAL – Zeina Abirached

De la musique du langage.
De la musique du langage.

Le piano oriental est une invention des années 50, dû à Abdallah Kamandja, mélomane beyrouthin : grâce à un astucieux système de pédale, il réussit à produire sur un piano occidental les quarts de ton propres à la musique orientale. En miroir de l’histoire de ce singulier instrument et de son inventeur, Zeina Abirached raconte sa famille francophile et son apprentissage précoce du français, et son existence d’aujourd’hui entre la France et le Liban. L’image de ce piano bilingue fait écho à ses difficultés à trouver le mot, ou l’expression juste dans chacune de ses deux langues, qui se mélangent et déteignent dans sa bouche. Cet entre-deux de sa double culture est joliment exploré : son attention se porte sur les détails, les tics de langage, et se traduit dans le dessin par un soin particulier sur les motifs, et les onomatopées.

Zeina Abirached propose une nouvelle fois un travail très personnel, sur sa famille, sur son expérience de double culture, du bilinguisme : ce piano oriental est à son image, un modèle unique, et hybride.

La version radio de ce coup de coeur sur Boulevard de la BD.

Casterman – 22€