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vendredi 21 avril, rencontre avec Anne Savelli autour de Décor Daguerre

photo Francesca Montovan

VENDREDI 21 AVRIL A 19H30,  ANNE SAVELLI AUX BUVEURS D’ENCRE

« Un livre, pour moi, est un ensemble de livres constitués de fragments », dit Anne Savelli.

Fragments nés de déambulations, fragments issus de projets qui se rencontrent, cohabitent, s’habitent mutuellement et parfois se percutent… Depuis 2007, l’année de la parution de son premier livre Fenêtres, open space (*), depuis plus longtemps en fait, depuis qu’elle écrit sur la toile, Anne Savelli fait entendre une voix profondément originale, construit une oeuvre riche et cohérente  qui refuse les chemins balisés d’une fiction purement narrative.

Quatre ans après l’avoir reçue à l’occasion de la parution de Décor Lafayette, nous aurons le plaisir d’accueillir à nouveau Anne Savelli à la librairie vendredi 21 avril à 19 heures 30.  Elle nous présentera Décor Daguerre, deuxième volet de la « trilogie des décors » qui vient de paraître aux éditions L’attente et nous en lira des extraits.  Anne Savelli nous parlera de son travail d’écriture,  de ses thèmes de prédilection, de l’importance du numérique dans son écriture et de la manière dont ce media l’influence. Elle répondra aux questions que lui poseront ses lectrices et lecteurs. Pour patienter jusqu’au 21, nous vous conseillons la très intéressante interview accordée par Anne au magazine culturel Diacritik.

Retrouvez Anne Savelli sur son site fenêtre open space, sur L’air Nu, le site consacré à la littérature numérique qu’elle a co-créé et auquel elle contribue régulièrement ainsi que sur twitter.

Une séance de signatures et un pot amical concluront cette soirée.

EQUATEUR – Antonin Varenne

Du grand roman d’aventures, désespéré et somptueux.

Pete Ferguson quitte le ranch Fitzpatrick et prend la tangente après la mort du vieux Meeks, dont on le rend responsable. Il rejoint des chasseurs de bisons sur la piste des derniers troupeaux, puis continue encore sa route après avoir descendu l’un des leurs ; il croise ensuite des comancheros (des villageois frontaliers qui faisaient commerce avec les Indiens), qui doivent fuir au Mexique. Pete passe aussi la frontière mexicaine, accepte d’assassiner le chef des comancheros pour un notable, et descend, toujours plus au sud, en direction du Guatemala, puis de la Guyane, et du Brésil. Il cheminera avec à ses côtés Maria, Indienne Xinca révoltée.

Après Trois mille chevaux vapeur, Antonin Varenne reprend la route et la plume avec ce nouveau roman d’aventures, genre où il excelle. Ce récit a du souffle, avec des paysages et des atmosphères crépusculaires impressionnants : le personnage de Pete, runaway inquiétant et imprévisible, traverse le continent américain avec l’idée absurde que de l’autre côté de l’équateur, le monde s’inverse. Durant son périple, il écrit à ceux qu’il a laissés derrière lui, ou qui sont morts (son frère, son père, Alexandra, et Bowman, dont nous avions fait la connaissance dans Trois mille chevaux vapeur) : un voyage au bout de l’enfer ou de la culpabilité, s’il n’y avait cette rencontre avec Maria, personnage tragique qu’il sauve, et qui le sauve à son tour. Hormis cette couverture (mais pourquoi ?…), ce roman est admirable…

Albin Michel – 20,90 €

LE BAL MECANIQUE – Yannick Grannec

Inscrivez-vous immédiatement sur le carnet de bal de Yannick Grannec.

Depuis La Déesse des petites victoires,  nous attendions avec impatience le nouveau roman de Yannick Grannec. Voici donc Le Bal mécanique. En piste pour un ébouriffant roman !

Quatre générations, entre les Etats-Unis d’aujourd’hui, Saint-Paul-de-Vence, le Berlin des années folles et Dessau, où l’école du Bauhaus encourage l’avant-garde artistique et les utopies politiques.  Un peintre américain, père navré d’une star de real TV (au concept absolument génial mêlant psychodrame familial et décoration intérieure), découvre par hasard qu’un tableau d’Otto Dix représentant son père ressurgit après la découverte de la collection cachée de Cornélius Gurlitt. Ce marchand d’art peu scrupuleux a frayé avec les nazis et récupéré nombre de toiles jugées appartenir à l’art « dégénéré ». Et nous suivrons l’histoire de ce tableau et de son sujet, Theodor Grenzberg, marchand d’art juif allemand de l’entre-deux-guerres, grand ami de Klee, qui sera le parrain de sa fille, la mystérieuse Magda, élève du Bauhaus en 1929.

Yannick Grannec mène la danse avec une belle maîtrise : des personnages imaginaires se glissent au milieu d’autres historiques, on explore savamment, mais subtilement, les théories esthétiques et psychologiques (la théorie de l’attachement n’aura plus aucun secret pour vous…), et on se prend d’affection pour cette famille aussi dysfonctionnelle que géniale. Un roman surprenant et un très grand plaisir de lecture.

Anne Carrière – 22€

 

 

MEMOIRE DE FILLE – Annie Ernaux

L'écriture comme un couteau, encore.
L’écriture comme un couteau, encore.

Pendant l’été 1958, Annie Ernaux a 18 ans, et quitte pour quelques semaines son petit univers, scolaire et familial, où elle est sagement préservée, et étouffée. Elle va travailler dans une colonie de vacances dans l’Orne, fréquenter des hommes, et s’essayer au monde des adultes. Cette période aura des répercutions profondes dans les années qui suivent. Elle fait l’expérience de l’humiliation, de l’attente amoureuse et de la violence sexuelle.  Annie Ernaux regarde, raconte et dialogue avec l’adolescente qu’elle a été, et met en lumière ce pan sombre de son parcours.

Avec cette écriture limpide, précise qui la caractérise, cette grande auteure évoque sa propre expérience, et son époque, mais touche à l’essentiel. Son histoire est celle de nombreuses filles, du XXe, du XXIe ou du XIXe siècle. La perte de l’innocence et la découverte du jeu social pervers sont dépeintes et scrutées en profondeur, avec des détails et des images qui donnent vie, mouvements, musiques, couleurs à ce décor et à ce personnage. Tout est simple, évident, et pourtant cette écriture a une ampleur inédite : elle se développe, gonfle, prend de la hauteur. Et en racontant l’intime, Annie Ernaux trouve l’universel.

Gallimard – 15€

LES LOUPS A LEUR PORTE – Jérémy Fel

les loups a leur porteAvec ses douze chapitres ingénieusement entremêlés, Jérémy Fel compose un premier roman fracassant. Vous croiserez, à vos risques et périls, des adolescents furieux, des hommes et des femmes en cavale, des maisons hantées, des forêts peuplées de monstres. D’Annecy à San Francisco, en passant par le Kansas, les personnages se croisent, se pourchassent, se sauvent. Cette littérature sous tension fonctionne à merveille : on est invariablement harponné à chaque ouverture de chapitre, et le livre avance sans qu’on se lasse, grâce à la variété des personnages et des intrigues.

Un pur plaisir de lecture, intense et effrayant.

Rivages – 20€