LES FRÈRES K – David James Duncan

Everett, Peter, Irwin (dit Winnie), Kincaid (le narrateur principal), les jumelles Beatrice (dite Bet) et Winnifred (dite Freddy) : Hugh et Laura ont six gosses. Il faut aussi ajouter à ce déjà bien frétillant tableau de famille une grand-mère universitaire (rebaptisée Grandamer par l'une des jumelles), l'oncle Marvin et sa Mary-Jane. Ils ont tous des caractères bien marqués, et un goût prononcé pour le base-ball (sauf Grandamer) : la famille entière suit de près la carrière d'Hugh, joueur-né qui connaît des ratés et des moments de grâce. Le principal problème des garçons, en grandissant, c'est le samedi : jour de match et jour du sabbat. Laura est en effet une adventiste convaincue et traîne sa progéniture à l'office. Mais les garçons s'affranchissent : tant mieux, les années 60 et 70 débarquent. Vous n'en avez rien à faire du base-ball ? Pareil pour moi. Par contre, vous n'avez rien contre les excellents romans familiaux, avec des personnages bien campés, de l'humour (beaucoup), qui font naître chez le lecteur un sérieux syndrome d'attachement, qui embrassent une époque et vous ferrent pour votre plus grand plaisir pendant 700 pages ? Les Frères K. vont rudement vous plaire : des disputes épiques à la table du dîner aux expériences saugrenues des petites jumelles, de l'Oklahoma au Vietnam, en passant par le Canada et l'Inde, ce foisonnant roman est surprenant de bout en bout. Je vous mets au défi de ne pas apprécier... Traduit de l'anglais (États-Unis) par Vincent Raynaud. Monsieur Toussaint Louverture - 24€

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LA FEMME À PART – Vivian Gornick

Vivian Gornick est spectatrice et amoureuse de sa ville, New York : elle est née et a grandi dans le Bronx dans les années 30 et 40, puis a muri à Manhattan et à Greenwich village dans les années 60. Elle arpente la ville et cueille des scènes cocasses ou troublantes, caractéristiques de la faconde newyorkaise. Accompagnée de sa mère dans Attachement féroce (qui sort en poche, chouette), elle marche maintenant avec son meilleur ami, Leonard. Ces marches sont d’autant plus précieuses qu’elle doit donner des cours en Arizona la moitié de l’année : les beautés naturelles ne nourrissent pas assez son esprit bouillonnant… Au fil des pas, elle évoque ses expériences et réflexion sur le couple, l’amitié, ses lectures : Vivian Gornick est un esprit libre et caustique dont le compagnonnage dans les rues de New York est une délectation. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laëtitia Devaux Rivages – 17,80€

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LA FILLE QUI BRULE – Claire Messud
Claire Messud souffle sur les braises de la fin de l'enfance.

LA FILLE QUI BRULE – Claire Messud

Julia connaît Cassie depuis le premier jour de maternelle, et leur amitié est évidente, jusqu'à leur arrivée au collège. Julia revisite cette relation, dont le point culminant a été cet été avant de devenir collégiennes, et la découverte d'un bâtiment abandonné, ancienne demeure cossue devenu pavillon psychiatrique. L'atmosphère brûlante du mois d'août précède un lent délitement de leur complicité, que Julia sonde pour mieux comprendre. La distance qui se crée entre elles à l'adolescence est évoquée par touches, sans heurts, jusqu'au retour dans ce bâtiment désaffecté. Claire Messud excelle à dépeindre cette histoire d'amitié et à le nimber d'un climat d'étrangeté. La sortie de l'enfance est une déception, une perte irrécupérable : le monde des adultes, avec ses rivalités, l'arrivée d'un beau-père, la difficulté du jeu social et de ses inégalités est décrit sur un ton mélancolique, avec une lente et obsédante montée narrative. Traduit de l'anglais (E.-U.) par France Camus-Pichon. Gallimard - 20€

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LA SAISON DES FEUX – Celeste Ng

Pourquoi Izzy, la petite dernière d'une famille tout ce qu'il y a de plus comme il faut, a incendié son foyer dans cette banlieue toute proprette ? Les Shaker Heights, avec ses pelouses bien taillées et ses demeures cossues, situés à une distance raisonnable de Cleveland, sont le décor d'une rencontre entre deux familles, les Richardson, implantés depuis quatre générations, une mère journaliste locale et un père avocat, quatre enfants beaux et talentueux (Izzy, la dernière, a tout de même un caractère trempé) et les Warren, Mia, artiste photographe, et sa fille Pearl, qui s'installent pour de bon après des années d'errance. Entre les enfants, des liens se tissent, mais aussi entre Mia et Izzy, et Pearl et Mme Richardson. Celest Ng joue avec le feu et les relations incandescentes entre mères (choisies, subies, détestées, adorées...) et filles (rebelles, cachées, adoptées, inquiétantes...) : les combinaisons changent et les personnages tendent aux autres des miroirs révélateurs. En filigrane, le secret des origines de Pearl, mais aussi le destin de la petite May Ling, tiennent en haleine un lecteur fasciné par ces personnages très bien dessinés. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau. Sonatine - 21€

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DANS LES ANGLES MORTS – Elizabeth Brundage

Durant l'hiver 1979, une charmante mère de famille est assassinée à la hache. Catherine Clare et son mari, professeur d'histoire de l'art à l'université locale, étaient arrivés avec leur fillette quelques mois plutôt dans cette petite ville de l'état de New York. Peu à peu, l'histoire de ce couple, puis celle de la maison qu'ils ont achetée et de la famille qui l'occupa auparavant nous sont dévoilées. Dans les angles morts visite les recoins cachés des existences d'une petite communauté : tout le monde a ses secrets, même un mari pour sa femme, ou une mère pour son fils. La famille Hale et la famille Clare, qui occupent successivement la même demeure, sont patiemment effeuillées et scrutées, de même que les décors dans lesquelles elles évoluent (l'université, la ville de Chosen, la ferme des Hale, New York). Elizabeth Brundage a un vrai talent pour le suspense et les personnages, qui ont une belle épaisseur : je vais haïr pendant encore longtemps le personnage de George... Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Cécile Arnaud. La Table Ronde Quai Voltaire - 22,50 €

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LES DOUZE BALLES DANS LA PEAU DE SAM HAWLEY – Hannah Tinti

Sam Hawley et sa fille Loo, 12 ans, vivent sur la route, jusqu'à ce que Sam décide de s'installer à Olympus, la ville où a grandi Lily, la mère disparue de Loo, et où réside encore sa grand-mère. L'intégration dans cette petite communauté est aussi difficile pour le père que pour la fille, avec leur histoire toute cabossée. Sam Hawley a d'ailleurs douze cicatrices causées par des armes à feu dont on découvre l'origine peu à peu, tandis que Loo et lui essaient de tisser tant bien que mal des liens avec les habitants d'Olympus. Ce roman d'Hannah Tinti croise et emmêle de riches thématiques : la description d'une complexe relation père-fille, la peinture d'un amour fou entre Sam et Lily, le portrait de deux adolescentes borderline (Lily et Loo), et la carrière de Sam, délinquant vieillissant. L'ensemble est porté par des personnages très étoffés et des images fortes et troublantes (les motifs de la baleine, de la noyade, des montres vont et viennent ) qui donnent à cet excellent roman une vraie originalité et une belle intensité. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mona de Pracontal. Gallimard - 23 €

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UN MOINDRE MAL – Joe Flanagan

En 1957, Cape Cod est un coin tranquille ; de petites stations balnéaires qui s'assoupissent une fois l'été passé. Le lieutenant Warren dirige le service de police, mais trop rigide, trop intègre, il est peu apprécié de ses hommes. Et sa situation familiale fait d'autant plus tache : il élève seul un fils handicapé mental. Un officier de police d'Etat est envoyé dans la région : il s'appelle Stasiak et a un glorieux CV, après une affaire de clan mafieux arrêté à Boston. Une aubaine pour le procureur de Cape Cod, car une série de meurtres d'enfants est perpétrée et qu'une famille entière a disparu. Mais les deux flics, Warren et Stasiak, n'ont pas les mêmes méthodes. On plonge avec plaisir dans ce tableau des années 50 d'une Amérique de bord de mer pas vraiment paisible. Des enfants violentés, des paris d'argent qui tournent mal, un climat de corruption délétère : le lieutenant Warren essaie tant bien que mal de ne pas se noyer, et on suit son enquête en apnée... Le rythme est vif, de courts chapitres qui alternent les points de vue (les différents flics, le procureur, le prêtre, un psychiatre) et les deux enquêtes piétinent pour mieux repartir. Du polar irréprochable. Traduit de l'anglais (U.S.A.) par Janique Jouin de Laurens. Gallmeister - 24,10€

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LES ANIMAUX – CHRISTIAN KIEFER

Dans l'Idaho aux Etats-Unis, Bill Reed s'occupe d'un refuge pour animaux blessés, héritage de son oncle décédé. Alors que sa vie semble s'améliorer doucement , une association de gardes-chasse cherche à faire fermer son curieux zoo illégal et à faire euthanasier les animaux les plus dangereux. Majer, le vieil ours aveugle auquel Bill s'est beaucoup attaché est sur la liste. Dans un même temps, Rick, un vieil ami d'enfance sort de prison et fait ressurgir le passé tumultueux de Bill. Ce roman sombre à l'ambiance glaciale nous plonge dans une Amérique profonde et rude. Il pose également la question de la possibilité de reconstruire sa vie sur un mensonge, en occultant son passé. Une histoire bien construite et surprenante qui alterne entre flashbacks et intrigue principale pour plus de suspense . Traduit de l'américain par Marina Boraso. Albin Michel-25€

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LOW DOWN – A. J. Albany

Amy Jo Albany est la fille de Joe Albany, un pianiste de jazz qui a accompagné Charlie Parker, Lester Young, et dont la carrière oscillait entre moments de grâce et engagements miteux. Avec de brefs chapitres, elle raconte par touches, le quotidien de cet homme, entre came et musique, la faune du Los Angeles interlope, les femmes que croise ce duo, mère, grand-mère, amantes, travestis. Entre admiration et désespoir, Amy-Jo Albany compose une subtile mélopée sur le thème de l'amour filial et sur le milieu de la musique des années 50 & 60. A ce très beau sous-titre "Jazz, came et autres contes de la princesse be-bop", Low Down est un récit empreint de tendresse amère et de piété désenchantée. Traduit de l'anglais par Clélia Laventure. Le Nouvel Attila - 19€

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LA FACE CACHEE DE MARGO – John Green

Coup de coeur de Margot, super stagiaire... Quentin et Margo sont voisins et vont dans le même lycée. Ils ne se parlent pas vraiment mais Quentin est fasciné par la jeune fille. Lorsqu’elle surgit une nuit dans sa chambre pour lui demander de l’aide, il n’hésite pas à la suivre dans une folle expédition destinée à se venger des trahisons de ses amis. Mais le lendemain, Margo disparaît. Quentin décide alors de la retrouver grâce aux indices qu’elle a laissés derrière elle. On retrouve dans ce roman très rythmé la plume fluide de John Green et les thèmes récurrents de ses romans (Qui es-tu Alaska ?, Nos étoiles contraires). L’adolescence, la construction de l’identité et la confrontation aux épreuves de la vie y sont abordés avec justesse et humour. Traduit de l'anglais par Catherine Gibert. Gallimard Jeunesse - 15,90€

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