IL FAUT FLINGUER RAMIREZ – Nicolas Petrimaux
Sortir son flingue ou son aspirateur, il faut choisir.

IL FAUT FLINGUER RAMIREZ – Nicolas Petrimaux

Ramirez travaille pour une entreprise d'aspirateur : muet, c'est le collègue idéal, hypercompétent et discret. Il a un don particulier pour réparer les machines. Mais quand deux hommes de main de narcos mexicains rapportent leur mixeur défectueux et qu'ils aperçoivent Ramirez, ils blémissent : ne serait-ce pas le féroce, implacable et légendaire assassin ? Ils préviennent la hiérarchie... et pendant ce temps, deux filles en cavale ont besoin de cash et préparent un braquage. Il faut flinguer Ramirez est un joyeux mélange de film d'action des années 80 et de Pulp fiction : avec beaucoup de second degré et pas mal d'absurde, cette série Z joue de son charme vintage. Des moustaches, des répliques sentencieuses et des explosions. Du gros lourd. Glénat - 19,95€

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DIS AU REVOIR A TON POISSON ROUGE – PASCAL RUTER
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DIS AU REVOIR A TON POISSON ROUGE – PASCAL RUTER

  Andreas, 13 ans, skateur émérite, va devoir déserter le skate park le temps des vacances. Ses parents lui ont trouvé une correspondante anglaise et le programme qu'ils lui ont concocté prévoit des visites de musées et des conversations bilingues. La mort dans l'âme, Andreas, accompagné de ses parents, se rend à l'aéroport pour y accueillir Mary. Les parents s'absentent le temps de payer le parking et disparaissent mystérieusement. Chercheurs scientifiques, il leur est arrivé de devoir partir subitement mais jamais sans avoir prévenu leur fils. Rapidement les adolescents se rendent compte que quelque chose cloche et que les parents d'Andreas ont été enlevés. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises ! Pour commencer, Mary n'a rien de la correspondante qu'Andreas imaginait. Elle est bilingue et ne semble pas avoir besoin de parfaire son français ; c'est aussi une vraie geek pleine de ressources pour l'aventure que nos deux héros s'apprêtent à vivre. Un roman d'aventures plein de rebondissements, des dialogues très drôles et une intrigue des plus tarabiscotées. Un cocktail détonnant pour un bon moment de lecture. Au menu : savants fous, secrets de famille et voyages autour du monde. De quoi se triturer les méninges ! Didier Jeunesse – 15 €

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COURTES DISTANCES – Joff Winterhart

Sam est une grande tige de 27 ans, complètement paumé, après trois échecs universitaires, des jobs en free lance qui n'aboutissent pas, et un passage par la case hôpital psy. Le voilà de retour chez sa mère, dans une petite ville de province, prêt à faire n'importe quel boulot. Il se retrouve aux côtés de Keith, un bedonnant commercial sexagénaire. Son activité professionnelle restera nébuleuse, l'ensemble consistant à rendre visite à des connaissances de Keith, à écouter ses histoires dans l'habitacle de l'Audi, à faire signer des formulaires, à patienter dans des salles d'attente. Et à se rendre à la réunion rôtisserie bi-mensuelle. Dans ce vide, Sam récolte de précieux détails, pose son regard sensible sur de petites choses et de banals personnages. Les habitudes de Keith, son chien et sa solitude, deviennent touchantes ; Kenny, considéré comme l'idiot du village, fait des interventions quasi poétiques. Un vieux panneau a des qualités esthétiques. Les discussions avec Valerie en fumant voient naître une complicité profonde. La difficulté d'être du personnage est bien rendue, mais aussi la manière dont ce grand poucet parvient à s'en tirer, en saisissant ces petits riens qui le raccrochent au monde et aux gens. L'été des Bagnold du même auteur saisissait déjà subtilement les rapports entre une mère et son fils. Ce nouveau livre de Joff Winterhart confirme son talent : un regard décalé, un sens du dérisoire et un humour dépressif franchement singulier dans le paysage de la bande dessinée. Traduit de l'anglais par Martin Richet. Çà et là - 24 €

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ALEXANDRIN – Alain Kokor & Pascal Rabaté

Chic, voici Alexandrin, le nouvel album de Rabaté (avec Alain Kokor au dessin), une histoire touchante et drôle, tendre et poétique. Poète, Alexandrin de Vanneville l’est assurément. Vagabond des villes et des campagnes, il survit en toquant aux portes pour dire et vendre à qui veut les entendre ses créations poétiques, en alexandrins forcément. Une existence précaire mais qui correspond à l’irrépressible besoin de liberté du poète solitaire. Un beau jour, le chemin d’Alexandrin croise celui de Kevin, gamin en fugue. Une amitié va naître, nourrie de rencontres, d’aventures et de mésaventures, de déambulations poétiques. Le trait tout en douceur d’Alain Kokor, les teintes pastel s’accordent admirablement au climat mélancolique de l’histoire imaginée par Rabaté. Un album à découvrir absolument et l’une des premières belles réussites de cette rentrée BD. Futuropolis - 22 euros

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LA FONTE DES GLACES – JOEL BAQUé

Dénicher un manchot empereur dans une brocante de rue peut faire basculer votre vie et faire de vous une icône mondiale de la cause écologique. C’est le fabuleux destin de Louis, paisible charcutier à la retraite que rien ne destinait à semblable aventure. Tombé sous le charme de son nouveau copain, Louis va de fil en aiguille se retrouver à arpenter les pôles, l’Antarctique d’abord qui comme chacun sait est le milieu naturel du sympathique oiseau et le Nord ensuite pour des raisons qui regardent le héros et que nous laissons au lecteur la joie de découvrir. Roman écologiste sans doute, qui brocarde avec pas mal d’acidité la mode du greenwashing, mais surtout énorme éclat de rire, La fonte des glaces est un petit bijou d’humour absurde réjouissant de la première à la dernière page. P.O.L - 17 euros

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HOTEL DU GRAND CERF – Franz Bartelt

Vertigo Kulbertus est une sorte d'Ignatius Reilly a qui on aurait eu l'idée saugrenue de refiler une carte de la Police Nationale. Comme le héros de La conjuration des imbéciles, il s'avance précédé d'un estomac considérable, qu'expliquent un appétit et une pépie hors du commun. A l'instar de son cousin américain, Vertigo Kulbertus a une assez haute opinion de sa "petite" personne, opinion pas forcément injustifiée car l'efficacité des méthodes qu'il déploie est à la hauteur de leur originalité. Si vous cherchez un roman noir classique, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes ouvert à l'originalité, ce petit bijou d'humour noir est une petite pépite qui mérité toute votre attention, d'autant que l'intrigue est solide et ménage le suspense. Auteur prolifique (plus de 40 romans au compteur), Franz Bartelt peut compter sur un public fidèle. A la lecture de Hôtel du Grand Cerf, on comprend bien pourquoi. Le seuil - 20 euros  

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LA DARONNE – HANNELORE CAYRE

Avec La daronne, Hannelore Cayre vient de remporter le prix du festival Quai du polar et c'est amplement mérité ! J'ai adoré ce polar à la fois intelligent, original et drôle. Autant que j'avais aimé l'hilarant Ground XO paru il y a quelques années chez le même éditeur (disponible en format poche). L'héroïne du roman, Patience Portefeux alias la daronne est traductrice de l'arabe et collaboratrice régulière de la police pour qui elle assure la traduction des écoutes téléphoniques. Un job qui lui donne l'occasion de recueillir des informations sensibles liées à des trafics aussi rémunérateurs que délictueux. C'est forcément tentant d'en profiter quand l'occasion se présente et qu'on tire le diable par la queue, entre deux grandes filles qu'on aimerait pouvoir aider et la maison de retraite d'une vieille mère sénile à régler chaque mois. D'autant que qui pourrait soupçonner cette femme si discrète et pour tout dire un peu terne ? Voilà le point de départ de ce super polar riche en personnages hauts en couleurs. L'écriture est très enlevée, Hannelore Cayre développe une véritable empathie pour ses personnages. Plus je progressais dans ma lecture, plus le roman me faisait penser à ceux de Iain Levison. Si vous avez aimé Trois hommes, deux chiens et une langouste, Un petit boulot, ou Une canaille et demie, sûr que vous allez adorer La daronne d'Hannelore Cayre. Editions Métailié - 17 euros

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traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir – cookie mueller

"On aurait tant aimé la connaître". C'est ce que dit la quatrième de couverture du bouquin et c'est aussi la conclusion qu'on tire, une fois refermé ce récit autobiographique qu'on aura dévoré d'une traite. Actrice du réalisateur John Waters, photographiée à maintes reprises par Nan Goldin, voisine de palier de Janis Joplin, Cookie Mueller fut une figure du New-York underground des années 70 et 80, bien oubliée aujourd'hui. Une personne très attachante -cela transparaît à chaque page- et une très bonne raconteuse d'histoires. Jeune femme pleine d'énergie, de finesse, de drôlerie et pas mal trash aussi, Cookie Mueller fait dans ce bouquin le récit d'une quinzaine d'expériences personnelles trop dingues pour avoir été totalement inventées ou s'être réellement déroulées telles quelles ! Rencontres improbables, voyages catastrophes, tournages déjantés... Elle garde la tête haute dans l'adversité, et toujours une sorte de détachement amusé même quand la situation part en vrille, c'est à dire souvent. Traversée en eau claire... c'est le témoignage irrésistiblement drôle d'une jeune femme hors normes, qui a vécu intensément et a parfois payé cette liberté au prix fort. Traduit de l'anglais (E.U.A) par Romaric Vinnet-Kammerer Finitude - 17 euros

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LA CHAIR – ROSA MONTERO

Célibataire et sans enfant, la soixantaine active (elle est commissaire d'exposition pour un grand musée madrilène) Soledad déborde de vie... et le volet sentimental de son existence est loin d'être refermé ! Elle vient pourtant de se faire larguer par un amant vingt ans plus jeune qu'elle, ce qu'elle supporte très très mal. Pour lui faire regretter sa décision et le rendre jaloux, Soledad contacte un gigolo sur un site de rencontres afin de s'afficher à son bras lors d'une première de l'opéra où elle espère incidemment croiser son ex. Mais cette décision va être le point de départ d'une histoire qu'elle est loin d'imaginer... Sur une intrigue qui peut paraître au départ assez mince, Rosa Montero nous offre un roman extrêmement touchant et souvent très drôle où elle nous parle du besoin d'amour, des exigences parfois violentes du sexe, du refus de vieillir et de la nécessité de profiter de chaque instant de la vie. Portrait d'une "jeune femme de soixante ans" La Chair est aussi un "faux polar" habilement construit qui ménage pas mal de surprises et un changement de perspective plutôt inattendu. Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse Editions Métailié - 18 euros

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une vie de gérard en occident – françois beaune

C'est l'histoire d'un mec et de ce qui, au fur et à mesure que la soirée avance, ressemble de plus en plus à un lapin... Le mec, c'est Gérard Airaudeau, ouvrier vendéen, la cinquantaine bien entamée. A la demande de Marianne, la députée du coin qui souhaite rencontrer de "vraies gens", il a organisé une petite sauterie avec des personnes du coin. Mais ceux-ci tardent à arriver. Alors Gérard, qui est du genre bavard, trompe le temps en prenant à témoin un interlocuteur hors-champ, Aman, le réfugié érythréen qu'il héberge depuis peu. Gérard parle de sa vie, de ses boulots successifs, de ses collègues et de ses voisins, il passe du coq à l'âne, évoque son enfance comme les anecdotes de la semaine passée. De digression en digression, c'est mine de rien le portrait d'une France d'aujourd'hui qui s'esquisse. C'est souvent drôle et parfois émouvant et on arrive au bout du long soliloque de Gérard (260 pages tout de même) avec l'envie de s'en ouvrir une dernière pour la route, avec Gérard et Aman. Editions Verticales - 19.50 euros

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