Archives pour l'étiquette amour

PARIS-AUSTERLITZ – RAPHAËL CHIRBES

 

Le narrateur, jeune  peintre espagnol qui a rompu les ponts avec sa famille, se souvient de sa relation avec Michel, ouvrier français de 30 ans son aîné, qui l’hébergea et avec  qui il vécut une relation intense.

Dans ce dernier roman, dont il commença l’écriture dans les années 90 et qu’il reprit peu de temps avant sa mort, le grand écrivain Rafaël Chirbes nous fait vivre avec beaucoup de sensibilité les différents stades d’une passion hors-norme, condamnée d’avance tant les deux protagonistes ont des conceptions  différentes de la vie. Le dénuement commun qui est à l’origine de leur rencontre ne peut masquer longtemps leurs aspirations contradictoires. Cette vie au jour le jour qui est le quotidien de Michel et le satisfait se révèle rapidement étouffante pour le narrateur, incapable par ailleurs de s’abandonner dans la relation totale et exclusive que semble réclamer son amant.  Un très beau roman, roman d’amour mais aussi roman social qui nous dit la peur de la solitude et du vieillissement, la difficulté à surmonter les différences pour vivre  l’idéal amoureux.

traduit de l’espagnol par Denise Laroutis

Rivages – 20 euros

Comment (bien) rater ses vacances & suites – Anne Percin

Maxime Mainard est le héros plus qu’attachant d’une série de romans dont le quatrième opus vient de paraître : après Comment (bien) rater ses vacances, il y eut Comment (bien) gérer sa love story, puis Comment devenir une rock star (ou pas), et enfin le petit dernier Comment maximiser (enfin) ses vacances. Tout commence en banlieue parisienne, après le bac français : les parents de Maxime partent faire le GR20 et sa petite soeur va dans une colo poney. Il va donc rester chez sa grand-mère pour l’été : de quoi le ravir, vu la complicité qui les unit. Vous ferez au passage la connaissance de ses potes Kevin, au verbe fleuri, et Alexandra, partenaire idéale de jeux vidéos et tout autre délire. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et que Maxime devra côtoyer le service d’urgences du Kremlin-Bicêtre, les flics et appeler à l’aide un oncle surnommé « Tonton déprimos ». Et accessoirement céder à ce qu’il appelle les « dindonneries », c’est-à-dire tomber amoureux…

Quatre volumes pour suivre pendant un an la vie de cet ado, qui se passionne pour l’économie et la musique, qui a de l’énergie à revendre, le sens de l’amitié et de la famille chevillé au corps, et un don inné pour la nouvelle cuisine : Maxime est formidable, un ado à l’humour ravageur et contagieux, qui mène sa barque de potes dans de beaux draps et avec entrain. On applaudit à tout rompre et on en redemande !

Editions du Rouergue – tomes 1  & 2 13,50€, tome 3 14,50€, tome 4 14,90€

LA CHAIR – ROSA MONTERO

Célibataire et sans enfant, la soixantaine active (elle est commissaire d’exposition pour un grand musée madrilène) Soledad déborde de vie… et le volet sentimental de son existence est loin d’être refermé ! Elle vient pourtant de se faire larguer par un amant vingt ans plus jeune qu’elle, ce qu’elle supporte très très mal. Pour lui faire regretter sa décision et le rendre jaloux, Soledad contacte un gigolo sur un site de rencontres afin de s’afficher à son bras lors d’une première de l’opéra où elle espère incidemment croiser son ex. Mais cette décision va être le point de départ d’une histoire qu’elle est loin d’imaginer…

Sur une intrigue qui peut paraître au départ  assez mince, Rosa Montero nous offre un roman extrêmement touchant et souvent très drôle où elle nous parle du besoin d’amour, des exigences parfois violentes du sexe, du refus de vieillir et de la nécessité de profiter de chaque instant de la vie. Portrait d’une « jeune femme de soixante ans » La Chair est aussi un « faux polar » habilement construit qui ménage pas mal de surprises et un changement de perspective plutôt inattendu.

Traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse

Editions Métailié – 18 euros