LE DIABLE, TOUT LE TEMPS – Donald Ray Pollock

DIABLE Il y a deux ans tout juste, Donald Ray Pollock nous offrait Knockemstiff, un premier recueil de 18 nouvelles absolument époustoufflant (chez Buchet-Chastel mais épuisé, malheureusement) qui nous plongeait dans l’univers des petits blancs de l’Ohio. Un univers que Pollock connaît bien puisqu’il y a passé toute sa vie. Il récidive aujourd’hui avec un premier roman Le diable, tout le temps, qui se déroule sur plus de 20 ans, entre l’Ohio et la Virginie Occidentale. Une fresque où, autour d’Arvin, le personnage principal se croisent et d’entrechoquent son père, ancien du Vietnam, des prédicateurs cinglés, un couple de serial killers photographes, un sheriff corrompu… Poisseux, tendu, oppressant, le roman de Donald Ray Pollock est le livre de tous les superlatifs. C’est presque trop parfois, et pour ma part, j’avoue avoir une préférence pour les morceaux de vies des existences désespérément « normales » qu’il décrivait dans Knockemstiff. Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir car Le diable, tout le temps reste une réelle claque et un excellent roman.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par Christophe Mercier

Albin Michel, collection Terres d’Amérique – 22 euros