LA TERRE QUI LES SEPARE – Hisham Matar

L’exil d’une famille libyenne, entre fuite perpétuelle et éternel retour.

Hisham Matar est le fils de Jaballa Matar, un diplomate libyen qui s’opposa à Kadhafi et disparut en 1990 alors qu’il était réfugié en Egypte. Depuis, sa famille cherche à savoir ce qui lui est arrivé : quelques lettres de la terrible prison d’Abou Salim, des témoignages, et cette absence irrémédiable qui creuse en Hisham Matar un vide terrifiant. Son texte tourne en cercles concentriques autour de cette disparition et de cet exil de la terre natale, jusqu’au retour enfin possible en 2013, durant la courte période d’espoir qui suivit le soulèvement contre le dictateur. Cette écriture de l’errance est très belle, garnie d’anecdotes (l’étonnant architecte Guido Ferrazza qui remania les plans de Benghazi ; l’incroyable histoire de son grand-père centenaire ; le destin d’Izzo, jeune combattant du soulèvement libyen) qui composent une image de la Libye passionnante. L’enquête sur le père et le récit des usages politiques sous Kadhafi sont tout aussi intéressants.  La description du paysage intime rejoint une peinture historique et politique de ce pays arabe méconnu, brisé et compose un ouvrage d’une rare dimension littéraire.

Traduit de l’anglais par Agnès Desarthe.

Gallimard – 22,50€

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