K comme… KERVIEL

« T’en es plus à 20 euros près… Alors, fais pas le crevard et achète mon bouquin. »

J’avais écrit sur ce même blog que je ne me ferais plus avoir, et bien figurez-vous que si, je me suis fait prendre encore une fois, caramba ! comme je m’en suis rendu compte pas plus tard que ce matin.
Mais revenons à l’origine du crime… Il y a de cela environ deux mois, j’avais rendez-vous pour la première fois avec notre nouvelle représentante Flammarion. Une première fois, c’est toujours un peu spécial, et ces jours-là je me fais la raie sur le côté et j’essaie de me montrer encore plus gentil et prévenant qu’à l’accoutumée. Si, si, je vous assure que c’est possible.

Aussi, quand cette charmante enfant m’annonce que sort un titre sous X (*) « super attendu, signé par un homme politique de premier plan, argumenté, polémique », je masque mon scepticisme et au lieu de répondre « trop génial, mais ça va pas être possible » je dis « ok, tu m’en mets trois ». Pour dire vrai, je pensais à une bio non autorisée de Strauss-Kahn ou aux éventuelles mémoires de Jacques Toubon (non, je blague). Bref, le truc qui ne se vend pas, mais qui somme toute peut être décoratif, et comme c’est en général gros et massif, servira éventuellement à caler les coins de table.

Là-dessus, le rendez-vous se termine, ainsi que la journée puis le mois aussi, pendant lequel je continue à vivre ma passionnante vie de libraire. Et puis là-dessus viennent les vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout… jusqu’à ce matin, où de retour d’un week-end de repos bien mérité (oui, je rentre de week-end le mardi, ça vous défrise ?), je tombe sur le carton des offices Flammarion. Et que vois-je, au fond du carton ? Jérôme Kerviel, qui me regarde. Et en TROIS exemplaires, s’il vous plaît.

Ah, c’était donc lui, l’homme politique de premier plan… C’est bon à savoir. Quand on me présentera, sous X, le témoignage d’une femme engagée, témoin de son siècle et observatrice sans complaisance de la société médiatico-politique, je saurais que la pouf’ de Franck Ribéry s’apprête à sortir un bouquin. (qui devrait sortir en juin, je prends les paris). Toujours est-il que je tombe de haut. Depuis deux jours qu’on subit ce blaireau de Kerviel à toutes les sauces dans tous les journaux, j’avais au moins la satisfaction de me dire « Mon gars, compte pas sur moi pour prêter la main à ton pauvre plan media ». Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais je préfère encore balancer un billet de vingt dans les toilettes plutôt que de m’infliger la lecture du plaidoyer pro domo de ce sinistre individu. Si vous voulez des livres sur les tenants et les aboutissants de la crise économique et financière, les malversations des banquiers, les références ne manquent pas. Mais ce pauvre truc, c’est pas autre chose que du people, si j’en crois les interviews données par son glorieux signataire, celui-ci est incapable de la moindre prise de distance, je ne parle évidemment pas d’autocritique. J’aime autant vendre les bouquins de Loana, j’ai plus de respect pour elle. Conclusion, Si le bouquin de Kerviel vous intéresse et que vous avez du fric à foutre en l’air, dépêchez-vous parce que quelque chose me dit qu’on ne va pas le garder longtemps en magasin.


(*) on achète sans savoir ce que c’est, because risque de procès en général, ou peur de se faire griller par les petits copains. Et comme les pochette-surprises, c’est rarement l’extase quand on découvre ce qu’il y a dedans.

Une réflexion sur “ K comme… KERVIEL ”

  1. J’aimerais un M comme Merlan pour comprendre les codes coiffure : ça veut dire quoi quand mon libraire s’est fait des macarons, quand il a la raie sur le côté, etc.

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