CRISTALLISATION SECRETE - Yoko Ogawa
Sélectionné Par Noémi -- 14 décembre 2009
Une couverture au charme mystérieux pour une histoire qui l’est tout autant ! Une jeune femme habite sur une île où un étrange phénomène se produit régulièrement depuis son enfance : les choses disparaissent. Le parfum, les rubans, les instruments de musique…autant de choses qui ont disparu au réveil des habitants de l’île, qui très vite voient même s’ effacer le souvenir de ces choses et les sentiments qui y étaient rattachés. Seules quelques personnes ont la capacité de ne rien perdre de leurs souvenirs mais leur traque incessante par les brigades secrètes les oblige à se cacher si elles ne veulent pas se voir emprisonnées et disparaître à leur tour. Dans ce très beau roman, Yoko Ogawa traite de manière subtile des persécutions subies par les opposants aux régimes totalitaires. Un récit à la fois mélancolique et passionnant, des personnages attachants qui eux ne disparaissent pas de nos pensées une fois le livre terminé.
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino.
Actes Sud - 22€

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Des années après la disparition soudaine et inexpliquée de son mari, Kei reste hantée par les souvenirs de cet amour qu’elle ne peut oublier, même dans les bras d’un autre. Peu à peu elle s’est décidée à jeter ses affaires mais ne peut se résoudre à se débarrasser du journal intime que Rei écrivait consciencieusement tous les jours, très concis mais qui laisse entrevoir l’existence d’une autre femme qu’elle ignorait totalement. Dès lors, elle décide de se rendre sur l’île isolée de Manazuru que son mari mentionne régulièrement, dans l’espoir inavoué de le retrouver. C’est sur cette île aux paysages sauvages qu’elle fera la rencontre d’une mystérieuse femme fantôme…
Comme dit mamie, mieux vaut tard que jamais... d'accord ce livre est sorti il y a trois mois, tout comme l'édition de poche de Fugitives. Et oui, cette auteure a déjà une longue bibliographie et une flopée de prix et d'admirateurs, qui auraient dû me mettre la puce à l'oreille. Donc mieux vaut tard que jamais, parce que définitivement, ce fut une très belle rencontre. Du côté de Castle Rock est un autofiction familiale, qui remonte dans le temps, à l'époque des ancêtres écossais de la narratrice (canadienne anglophone, j'ai oublié de le préciser). Elle part d'archives, mélange documents historiques et fantaisie romanesque et compose son arbre généalogique comme un recueil de contes et d'histoires. Sans forcer le trait, sans tomber dans l'anecdote ou la légende, elle dessine dans chacun des chapitres une époque, un lieu, un événement, puis saute dans le temps et s'attache à la génération suivante, jusqu'à arriver à sa propre vie, dont elle livre deux épisodes. Fugitives est un recueil de nouvelles, où les personnages féminins fuient, fuguent, s'échappent, voyagent. Alice Munro maitrise la forme concise : en une cinquantaine de pages, le lecteur est pris dans une histoire, ou plutôt dans un personnage, et son évolution. Et cet humour, ou cette distance malicieuse, qu'elle a parfois, donne à ses récit un goût ou un parfum particulier, celui d'une dame mi-grave mi-moqueuse.