FILLE NOIRE, FILLE BLANCHE - Joyce Carol Oates
Sélectionné Par Yves -- 17 novembre 2009
Depuis que la librairie a ouvert en 2005, c'est bien le six ou septième livre de Joyce Carol Oates que je vois passer, tant la dame est prolixe. Chaque fois, cela ne manque pas. Dans la semaine qui suit la sortie, les groupies de l'auteur, au nombre de trois ou quatre, viennent se procurer le bouquin, et puis zwuip, c'est fini. Cela dit, c'est vrai que je n'ai jamais rien fait pour alimenter le phémonène. En toute franchise, je n'avais rien lu de Oates, qui doit pourtant avoir une bonne quarantaine de titres traduits à son actif. Un bête a priori, mais j'avais l'impression que le travail de l'auteur était assez éloigné de ce qui me branchait d'habitude.
J'ai donc ouvert Fille noire, fille blanche un peu par curiosité, un peu par hasard, surtout parce que le thème des tensions raciales aux USA dans les années 70 est un sujet qui m'intéresse. J'avoue que j'ai été bluffé par le métier de l'auteur et sa très grande maîtrise narrative. La trame de récit est superbe, les deux personnages principaux, Genna et Minette, très bien dessinés tout en gardant leur part d'ombre (Minette, surtout). Joyce Carol Oates réussit le tour de force qui consiste à instiller le suspense dans un récit dont elle nous donne l'épilogue dès la première page. A la réflexion, c'est d'ailleurs parce qu'elle nous donne la fin que le suspense fonctionne ! Ajoutez à cela que cela se lit très très facilement sans jamais céder à la facilité, et vous comprendrez que je suis tout à fait partant pour me lancer dans la lecture d'un autre bouquin du même auteur. Alors, si des fans de J.C Oates tombent sur ces lignes, surtout qu'ils n"hésitent pas à me recommander tel ou tel titre à lire en priorité.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claude Seban
Philippe Rey - 20 euros

un commentaire
La lecture des Voix du Pamano avait été un tel choc (le meilleur roman que j'ai lu en 2009, à ce jour) que je m'étais promis de lire ce que Cabré avait écrit avant ce très grand roman. J'ai continué par son livre précédent, L'ombre de l'eunuque, paru chez Bourgois en 2006. Autant le dire tout de suite, ce roman ne se situe pas tout à fait au même niveau que Les voix du Pamano, même s'il laisse entrevoir d'excellentes choses.
Terres d'Amérique est une collection à suivre en priorité quand on s'intéresse à la littérature nord-américaine. Les caractéristiques de l'espèce, de Nathan Sellyn en apporte encore une fois la preuve. Ce recueil de nouvelles, au titre assez Houellebecquien, est un véritable joyau. 13 textes, sans rien à jeter, qui nous décrivent un Canada à mille lieues des grands espaces et des images qu'on associe traditionnellement à ce pays. Les protagonistes des nouvelles sont jeunes, urbains, et socialement intégrés; le point commun, c'est que leur existence tourne à vide.
Paru sous la forme d'une nouvelle offerte par France Loisirs, ce texte a été réécrit et rallongé par Anna Gavalda. Le résultat est très convaincant et l'on retrouve avec joie le ton et l'ambiance de Ensemble, c'est tout. Trois frères et soeurs
Simon, sa femme Carine et ses deux soeurs Lola et Garance se rendent à un mariage en voiture. L'ambiance est un peu houleuse et tendue : la belle-soeur est un peu spéciale : jamais contente, elle ne cesse de se plaindre et a toujours une réflexion blessante sur le bout de la langue... Une fois arrivés, les trois frères et soeurs ne rentrent même pas dans l'église avec le reste de leur famille : ils s'échappent et décident sur un coup de tête de rendre visite à Vincent, le quatrième de la fratrie. Ce dernier a repris la gérance d'un château quasi en ruines, assure les visites guidées et campe dans une des pièces non chauffées... Et ensemble, ils vont s'accorder un week-end coupé du monde, sans enfants, sans conjoint, oubliant tous les soucis du quotidien et se retrouver comme dans leur enfance...