SI TU MANGES UN CITRON SANS FAIRE DE GRIMACES - Sergi Pàmies
Sélectionné Par Yves -- 27 octobre 2008
Si tu manges un citron sans faire de grimaces, tu verras s'accomplir tous tes désirs... Les protagonistes des vingt (très courtes) nouvelles de ce recueil ne cherchent pas à dévorer la vie à pleines dents, non, ils ne demandent pas la lune, mais même les rêves banals qu'ils poursuivent se dérobent quand ils veulent les saisir. A travers ces morceaux de vie tristes, drôles ou baroques, ces histoires, ancrées dans la réalité la plus triviale ou fantasmagoriques, Sergi Pàmies nous trimballe dans un monde où l'atmosphère oscille entre désillusion et acceptation, engendrant une forme de gaité un peu triste exempte de tout moralisme. A recommander aux amateurs de clair-obscur, convaincus comme ce bon vieux Guy de Maupassant (et comme Pàmies, certainement ) que "la vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit".
Jacqueline Chambon - 15 €

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Avec Des néons sous la mer, son premier roman, Frédéric Ciriez nous offre une des très bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Imaginez-vous dans un futur proche, la prostitution vient d'être légalisée dans notre beau pays. Le narrateur, Beau Vestiaire, est l'employé d'un bordel auto-géré dans la rade de Paimpol, bordel installé à bord d'un ancien sous-marin racheté à la Royale. On a là, me direz-vous, les ingrédients de base pour un roman truculent, un rien paillard, tendance picaresque. Sauf qu'on est chez Verticales, et que ce n'est pas franchement le genre de la maison. Etrange ? Pas plus que ce livre, difficilement classable, qui mêle les moments de franche déconne et des pages parfois plus expérimentales. La structure du récit lui-même s'éloigne des canons du genre et pourra décontenancer certains lecteurs. Mais l'essentiel, c'est que cela marche, et même très bien, sans que cela vire à l'exercice de style un peu vain. On recommande donc chaudement ce premier roman et on attend le suivant avec impatience !
Marcus Malte nous avait déjà séduit avec Intérieur nord et Garden of love, on le retrouve cette fois, avec plaisir, dans un recueil de trois nouvelles.
Monsieur F. est un vieux garçon vivant à Londres dans les années 60. Employé depuis trente trois ans en tant que coupeur chez un fourreur renommé de Londres. Monsieur F. mène une existence des plus banales, structurée par ses habitudes quotidiennes. Néanmoins sa vie est bouleversée par un cauchemar dans lequel il entrevoit le corps nu et ligoté d'un jeune homme dans sa salle de bain, et par l'arrivée, dans l'entreprise de fourrure, du neveu de son patron. Ces deux éléments perturbateurs vont l'amener à révéler sa véritable personnalité.
Difficile pour Helen, qui a toujours vécu pour le bien-être de son mari et de son fils, de comprendre sa belle-fille, Marie qui a tendance à faire passer son confort en premier.
Avec En espérant la guerre, Dominique Conil livre un superbe roman, son premier, construit autour d’un personnage central à la fois lumineux et mystérieux : Anna. Anna qui vit seule depuis des années dans une vieille bâtisse à l’écart du village. Seule depuis que Pierre, avec qui elle avait quitté Paris et commencé une nouvelle vie, s’est volatilisé à la suite d’un « hold up politique » manqué. Retour à la terre, lutte armée…n’attendez pas pour autant un roman générationnel, En espérant la guerre est avant tout un magnifique portrait, qui révèle une très belle écriture et un sens certain de la construction du récit.
Le nouveau roman, attendu, du magistrat et écrivain italien De Cataldo nous permet de retrouver les « survivants » de Romanzo Criminale (Patrizia, le commissaire Scialoja), dans une intrigue touffue qui mêle à nouveau fiction et réalité. La réalité : les attentats du début des années 90 qui visèrent à détruire certains fleurons du patrimoine italien (et firent aussi de nombreuses victimes). Quel rôle fût celui la mafia ? Qui tire les ficelles et dans quel but ? Un très bon polar, riche en personnages marquants, un peu dans la lignée d’Ellroy.