LA FEMME INSECTE - Osamu Tezuka
Sélectionné Par Yves -- 17 octobre 2009
Osamu Tezuka est un formidable raconteur d'histoires et ce manga écrit au début des 70's en apporte une nouvelle fois la preuve. Tezuka nous propose cette fois-ci un récit qui mêle les genres policier et fantastique et accommode à sa sauce le mythe de la mante religieuse. Pour les amateurs de littérature japonaise, dites-vous que c'est typiquement le genre d'histoire qu'on s'attendrait à trouver sous la plume d'Edogawa Ranpo ou de Matsumoto. L'héroïne du récit est la vénéneuse Toshiko Tomura, tour à tour comédienne reconnue, talentueuse designer, puis jeune romancière prodige lauréate à 23 ans du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. Belle et particulièrement attirante, elle fait tomber dans ses rêts les pauvres créateurs, vole leurs créations, puis les rejette comme autant d'enveloppes vides avant de se chercher une nouvelle victime.
Le manga fait presque 400 pages et, comme toujours avec Tezuka, il est difficile de s'en extirper avant la fin. Alors, même si du point de vue formel de la construction, (composition des pages, enchaînement des cases, j'allais écrire "mouvements de caméra" tellement les bd de Tezuka peuvent s'apparenter à des story-boards") ce n'est sans doute pas le Tezuka le plus extraordinaire (lire et/ou relire les 3 Adolf), c'est une très bonne occasion de découvrir le maître japonais pour qui ne l'a encore jamais lu. Et de grâce, faites l'effort d'aller au-delà de la première impression que peut causer le trait (j'aime/j'aime pas, en général j'aime pas). Parce que vraiment, cela vaut le coup.
Castrerman - 15 euros

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Si vous n'avez pas eu encore la chance de lire les nouvelles de Riel, voici une bonne occasion de pénétrer son étrange univers de trappeurs groenlandais. Et si vous êtes déjà familier, n'hésitez pas à redécouvrir ces nouvelles sous la forme dessinée : le travail d'adaptation et d'interprétation est très réussi. Chacun de ces chasseurs a une trogne, une silhouette et une démarche, et tout ce qu'il faut pour animer le grand Nord. Car on se ballade au Groenland, on rend visite aux copains, on taille une bavette, et on se raconte des histoires, desquelles se dégage une fantaisie et un humour tout danois, et donc exotique. De quoi se réchauffer pour le rude hiver qui nous attend.
Pourquoi les français, et les européens en général, sont-ils cruellement dépourvus de super-héros alors que la science-fiction européenne de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème fourmille, au moins autant que sa cousine américaine, de personnages dignes d’alimenter, en tout cas d’influencer les comics ?