SCENES D'UN MARIAGE IMMINENT - Adrian Tomine
Sélectionné Par Noémi -- 23 avril 2011
Sarah et Adrian sont fiancés depuis peu et s'apprêtent à se lancer aussi naïvement que joyeusement dans les préparatifs de leur mariage, sans savoir qu'ils ne sont pas au bout de leurs peines. Du DJ aux goûts musicaux douteux à l'élaboration du faire-part qui touche à la fierté du futur mari, en passant par la difficulté de concilier les cultures très différentes de leurs familles respectives (japonaise et irlandaise), chaque détail prend des allures d'incident diplomatique et les pousse lentement vers la crise de nerfs... mais toujours avec beaucoup d'humour ! On prend plaisir à suivre ce couple attachant dans leurs péripéties prénuptiales plus vraies que nature ! De quoi rappeler de bons souvenirs à ceux qui sont déjà passés par là, et donner un bon aperçu à ceux qui s'apprêtent à le faire... Et que tout le monde se rassure, tout est bien qui finit bien!
Traduit de l'anglais par Vincent Bernière.
Editions Delcourt - 9,40 €

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La famille Dunwoody s'installe dans une vieille demeure. Très pris par leur métier, les parents n'enlèvent aucune affaire de l'ancienne propriétaire et laissent tout tel quel. Cela ne dérange absolument pas Olive leur fille qui explore ainsi chaque pièce et recoin. Elle remarque très vite des phénomènes étranges : il est impossible de retirer les tableaux des murs, les chats parlent, le grenier est inaccessible... Un jour, elle trouve de vieux objets dans une commode, et s'amuse à essayer une paire de lunettes. Une fois sur son nez, les peintures lui apparaissent sous un jour nouveau, et elle s'aperçoit qu'elle peut rentrer dans les cadres... Après quelques allers et venues, elle sent qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette propriété et apprend que tous les personnages des tableaux ont peur de quelqu'un...
Le père d'Antonio Altarriba se suicide à l'âge de 90 ans, en se défenestrant, du dernier étage de l'hospice où il a vécu ses 15 dernières années. Par cet acte, il "libère" la parole de son fils qui décide alors de retracer son histoire; un parcours riche et qui épouse l'Histoire de l'Espagne et celle de notre siècle.
Nous sommes en Toscane, mais pas celle des magazines et des vacances qui font rêver. De vacances, il n'est d'ailleurs pas question à Piombino, ville industrielle située à quelques brassées de l'île d'Elbe et de ses touristes fortunés. L'île d'Elbe, où personne ne va jamais. Anna et Francesca pas plus que les autres. Elles ont treize ans, presque quatorze et passent leur temps libre au pied des immeubles HLM de bord de mer où vivent leur famille et celles des ouvriers qui travaillent à l'aciérie toute proche.
Petite surprise du printemps : la suite de Quand souffle le vent du nord existe...
Nous voici de nouveau emportés par la correspondance intense entre Emmi Rothner et Léo Leike.
Emmi craque après 9 mois de silence et meurt d'envie de retrouver son ami épistolaire. Mais Léo est parti à Boston, a bloqué son adresse mail et il a rencontré Paméla : il pensait que cet exil serait suffisant pour oublier sa charmante partenaire virtuelle. Ils vont bien sûr renouer leur relation à distance et les mails vont redevenir vitaux pour l'un comme pour l'autre...
Ce grand imagier en tout-carton est une vraie réussite ! Les illustrations, la maquette, le choix des mots... tout est bien pensé et donne envie de le regarder un long moment. L'illustrateur a imaginé une façon très harmonieuse de présenter les objets du quotidien des enfants : en associant des choses à des scènes simples. Cela apporte une touche d'humour très agréable à la lecture de l'album et permet de raconter des petites histoires.
Echo Park est un quartier de Los Angeles, qui connut son heure de gloire dans les années 20, avant que les studios de cinéma ne lui préfèrent Hollywood. Il est devenu le quartier d'adoption des migrants mexicains, un quartier pauvre et violent ; aujourd'hui il attire les convoitises des promoteurs immobiliers. En huit chapitres, centrés autour d'un petit groupe de personnages d'origine mexicaine, de différentes générations, Brando Skyhorse donne une vision vivante et mouvante de la ville. On se passionne pour ses personnages, en particulier ce couple mère-fille, qui est au coeur du roman. La composition en ricochet (le personnage secondaire d'un chapitre devient le personnage principal du suivant) multiplie les angles d'attaque de ces histoires, et retourne les personnages pour leur donner une profondeur inattendue. A l'arrière-plan du récit, il y a, par exemple, la caissière de la supérette, la jolie femme, qui fait tourner les têtes de tous les hommes, la maîtresse occasionnelle d'un bon nombre d'entre eux, et que cherche désespérément un homme qui vient de sortir de prison, qui voit à quel point les lieux ont changé, et qui se raccroche à ce souvenir. Un très beau premier roman.
Le jeune Daniel Mannix a une vingtaine d'années lorsqu'il décide, sur un coup de tête, de rejoindre l'une des nombreuses troupes de forains qui sillonnent les routes américaines dans les années 30. L'aventure va durer un an, au cours de laquelle il va devenir cracheur de feu puis avaleur de sabres et même de néons, le fin du fin de la spécialité puisqu'ils vous éclairent de l'intérieur. Effet garanti, et âmes sensibles s'abstenir !
Malgré son pseudonyme et le masque qu'il portait sur scène, le chanteur sans nom n'était ni un catcheur ni un super-héros, mais un vrai chanteur de charme qui connut son heure de gloire dans l'immédiate avant-guerre, avant de devenir le secrétaire et confident d'Edith Piaf.
Humoriste américain (1884-1949) et collaborateur régulier du New Yorker et du Herald Tribune, Will Cuppy mena une vie un tantinet sinistre (trente ans presque sans sortir de son appart', entrecoupés par un petit séjour de 10 ans dans un hermitage) mais nous laissa des écrits désopilants. Les textes rassemblés dans ce recueil constituent les écrits "historiques" du Sieur Cuppy, qui avait la particularité d'ingurgiter des tonnes de documentation sur chacun des personnages qu'il s'apprêtait à croquer. Autant dire que ses écrits avaient une particularité plutôt rare : ils étaient à la fois très documentés et parfaitement déconnants !
Taylor Schmidt est jeune, fraîchement débarquée à New-York au début des années 90, irrésistiblement sexy et surtout... désespérément à la recherche d'un emploi ! De jobs minables en entretiens d'embauches abrutissants, l'espoir de pouvoir payer son loyer autrement qu'en étant serveuse dans un bar miteux s'éloigne peu à peu, jusqu'au jour où elle trouve dans sa boîte aux lettres une annonce aussi alléchante qu'incroyable pour l'agence de recrutement Quid Pro Quo: le poste de ses rêves pour une paie presque indécente, disponible tout de suite ! L'agence semble avoir une influence très forte dans le monde du travail, mais Taylor est très loin d'imaginer à quel point...
Voici une fantaisie littéraire hardiment troussée, qui prouve, n'en déplaise à certains, qu'humour et érotisme peuvent faire très bon ménage. Un livre drôle plus qu'osé et surtout excellemment écrit, qui nous conte l'histoire d'un libraire (un bouquiniste, en fait) spécialiste du fameux "second rayon". L'auteur et narrateur n'hésite pas à payer de sa personne pour satisfaire les goûts parfois particuliers de sa clientèle, tandis que le lecteur y parfait sa culture littéraire aussi, apprenant au détour d'une page que l'auteur de Bambi signa également quelques romans pornographiques.
Encore une référence de la bande dessinée japonaise traduite par Cornélius, à l'instar de Mizuki ou de Tezuka : Yoshihiro Tatsumi, et son autofiction Une vie dans les marges. Le récit commence en 1945, avec la reddition du Japon ; le narrateur est un jeune garçon, qui dévore, avec la complicité de son grand frère, tous les illustrés qui lui tombent sous les yeux. De lectures en lectures, il en vient à dessiner, à être publié, puis à rencontrer d'autres dessinateurs. Ce roman d'initiation d'un dessinateur est un chef d'oeuvre d'intelligence et de délicatesse : de l'enthousiasme juvénile aux premiers choix d'artiste adulte, on se passionne pour ce personnage. Tatsumi replace aussi cet art naissant dans la perspective de l'époque, qu'elle soit artistique (les films qu'il voit au cinéma, les romans de l'époque), ou historique. Il n'oublie pas non plus tous ces faits divers qui marquent les esprits et donnent naissance à tant d'histoires...
Une vie dans les marges est un grand livre, très gros, et très beau (merci, oncle Cornélius, pour cet exquis objet), et donc, essentiel.
Lucky mesure 1m60, et vit à New York ; il a 15 ans en 1942, et attend avec impatience de perdre son pucelage. Entre les combines de son pote Babe et les westerns, il grandit dans le quartier populaire de Little Italy, avant le grand saut : il s'engage dans l'aviation (quoique les filles préfèrent les uniformes des marins) et devient mécanicien. On suit le cheminement amoureux, amical, professionnel de ce petit personnage : de la base aérienne au retour à New York après la démobilisation, il quitte le monde de l'adolescence.