HOMME SANS TALENTLe roman graphique japonais a existé dès les années 60 et s’est organisé autour de la revue Garô, concentré d’avant-garde contestataire. Vous pouvez lire en traduction française Yoshihiro Tatsumi, l’auteur de Coups d’éclat, Les Larmes de la bête, Good bye (Vertige Graphic, 12 €) ou L’enfer (Cornélius, 23 €), qui décrit l’envers du décor de l’essor économique du Japon d’après-guerre avec des personnages fragiles, toujours sur le fil de la folie. L’homme sans talent (Ego comme X, 25 €) de Yoshiharu Tsuge est aussi l’histoire d’un marginal, un dessinateur de manga qui cesse de dessiner pour vendre des cailloux : rejeté par le système autant qu’il le rejette, ridicule autant que poétique, ce clochard céleste incarne avec justesse la faiblesse dans un système basé sur la réussite.



CONTES JAPON AUTREFOISKazuichi Hanawa a une œuvre ambivalente, faite de fantaisie et d’horreur. Dans Tensui l’eau céleste (Casterman, 2 volumes, 11,50 €), La Fille fantôme (Casterman, 1 volume, 11,50 €), Contes du Japon d’autrefois (Kana, 1 volume, 12,50 €) et Contes fantastiques (Kana, 1 volume, 12,50 €), des enfants aux visages angéliques fréquentent de charmantes créatures, comme les kappa, des batraciens qui ont la tête creuse et tout un monde à l’intérieur, qui les mènent vers d’autres créatures de plus en plus effrayantes. DANS PRISONSes œuvres sont des plongées dans un imaginaire enfantin cauchemardesque. Découvrez un autre pan de son travail avec Dans la prison (Ego comme X, 1 volume, 25 €), où il raconte son expérience de détenu, qui dura trois ans, pour port d’arme illégal. Une petite visite dans le monde carcéral japonais ? Un monde de soumission parfaitement organisé, et par là même déstabilisant, bien loin du comte de Monte-Cristo ou de Mickaël Scoffield.