Y comme… Y en a plus

Pas content... Certains jours le libraire est colère. Très colère. Genre à taper rageusement contre un radiateur en pensant que ça lui fera du bien. Limite à fusiller du regard l’innocent marmot qui chouine dans sa poussette et qui rompt le silence sépulcral qui règne dans la librairie parce que sinon ce serait une avalanche d’insanités colorées. La fureur du libraire. Tremblez, et éloignez-vous. On n’est pas du genre à jouer les Hercule furieux pour le plaisir ; ça fait désordre et des auréoles sous les aisselles, et donc ça fait fuir le chaland, de fait, ce qui n’était pas inclus dans le business plan de la librairie. Mais tout de même, c’est une juste colère : la colère du « Y en a plus ». Le courroux de la rupture. L’exaspération de la réimpression. On remet sa chemise déchirée et on s'explique. C’est la rentrée, les gens retournent à leurs livres, on parle de bouquins à la radio, à la télé et dans la presse, on se rend chez son libraire et on lui demande ce livre-ci ou cet ouvrage-là, et là c’est le drame, le libraire pâle comme un linge explique que oui c’est un très bon texte, et qu’il serait ravi de vous le vendre, mais qu’il est désolé, y en a plus. Lui aussi aimerait bien faire une pile de ce livre, mais non, il ne peut plus, il est en rupture. D’où un gros soupir de frustration. Vous pourriez me rétorquer qu’il n’avait qu’à en commander plus d’exemplaires à l’office, ce ronchon de libraire ; pour sûr, il nous arrive de nous planter dans les commandes, d’être parfois frileux, et il faut le dire, échaudés, après…

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Y comme…GENERATION Y

Les jeunes, y'en a des bien... Si on croit Wikipedia, la Génération Y désigne les personnes nées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90. Les rejetons de la fameuse Génération X donc, elle-même queue de comète des mythiques baby boomers (*). On parle aussi de Net génération, d’E-generation et même de “digital natives” quand on veut faire le malin. Pour nous ce sera la Generation Y, vu que cela m’arrange, abécédairement parlant. Car c’est bien joli de se donner des contraintes, mais n’est pas Georges Perec qui veut. La génération Y, donc, c’est les 15-30 ans. Déjà, cela commence mal pour eux parce que 15/30 ans, laissez-moi rire, c’est n’importe quoi. N’importe quel chef de produit, pubeux ou statisticien vous le dira. Par contre, demandez-moi du 15/24 ans, du 25/34 et vous aurez du tableau et de l’info chiffrée au kilo… Le Ministère de la culture et de la Communication, qui est une maison sérieuse et a commandité l’étude intitulée « Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique » (**) ne s’y trompe pas, d’ailleurs. Et c’est ainsi qu’elle segmente la population qui nous intéresse (la Génération Y, si vous ne faites pas un effort, on y arrivera pas). D’un côté les Vrais Jeunes, de l’autre, les Déjà Moins Frais. On va dédaigner ces faux jeunes et surtout s’intéresser aux premiers, qui sont l’Avenir de la Nation, le Sang Neuf de la France et plus prosaïquement l’assurance de nos futures retraites. Or, qu’apprend-t-on, à la lecture de cette fameuse enquête ? Eh bien, on y lit avec horreur que ces petits scorpions sont moyennement décidés à entrer dans la carrière (de lecteurs) quand leurs aînés…

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