T comme… TELEPHONE

Laisse pleurer le téléphone, ça fait des vacances... Je ne sais si vous croyez en l’existence de cette forme de justice qu’on dit poétique, mais moi, j’y crois dur comme fer. Car les exemples sont nombreux, de ces statues du commandeur qui viennent nous gratouiller la mauvaise conscience derrière les oreilles. Aujourd’hui je n’en retiendrai qu’une, emblématique il est vrai puisqu’il s’agit du TELEPHONE. Dans une vie professionnelle pas si lointaine, figurez-vous que j’ai mis toute mon intelligence et mon professionnalisme (limités, j’en conviens) à pousser des individus incrédules et près de leurs sous à composer un numéro de téléphone commençant par 08 pour se procurer à prix d’or des objets et services d’une utilité somme toute relative. A l’époque, j’espérais un tsunami d’appels, car de l’importance de la vague dépendait en partie celle de ma rémunération. J’y mettais donc, je n’ose dire toute mon âme, en tout cas tout mon savoir-faire. Bref, j’espérais les appels. Je les espérais autant qu’aujourd’hui, je les redoute. Car j’ai un problème avec le téléphone... Oh, rassurez-vous, vous pouvez continuer à dégainer votre cochonnerie dernier cri dans la librairie pour tenir des conversations d’un intérêt relatif ; je me suis fait depuis longtemps aux longs conciliabules dont je suis l’involontaire auditeur. J’encaisse avec le détachement requis la description de l’accouchement de la petite dernière, j’ai vécu plus d’une fois des ruptures en direct (je me fais alors l’effet du barman dans un roman de Pelecanos et cela ne me déplait pas) mais j’avoue continuer à tiquer un peu quand on me tend avec autorité un téléphone et qu’on me passe « le petit » qui veut me passer la commande du livre scolaire dont il…

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T comme… TITRE

"Je lui ai baisé la main, et elle m'a interrogé, ses yeux maintenant ardoise, agrandis dans son visage, qu'elle tient incliné en avant." in La princesse et le président (titre provisoire ?) Un jour peut-être, j’en aurai marre d’être libraire. Cela veut dire qu’un jour, il faudra que je me cherche un nouveau boulot. Editeur, cela me tenterait assez, mais éditeur à l’ancienne, hein, avec des livres roulés à la main sous les aisselles, genre Attila ou Cambourakis (*). Cela dit, je ne suis pas sûr de faire aussi bien qu’eux. Sans compter qu’il me faudra faire la tournée des libraires, et il suffit de les faire boire un peu, les (petits) éditeurs, pour qu’ils se lâchent et vous fassent comprendre que ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir. Car des libraires doux et gentils, comme votre serviteur, il y en a, mais pas autant que de malappris, à ce qu’il paraît. Pas grave, parce que si cela ne marche pas l’édition, si les libraires me jettent des pierres, eh ben j’ai déjà un plan B. Je vous le donne en avant-première mais c’est bien parce que c’est vous : je serai chercheur de titres. Ne riez pas, je suis sûr qu’il y a un marché. La preuve en chiffres : « Mort aux cons ». 51 exemplaires en poche vendus depuis le début de l’année, après une belle carrière en grand format. « Je suis mort, qui dit mieux ? » une trentaine d’exemplaires lors de sa sortie en 2006. Points communs de ces deux livres : des auteurs inconnus ou presque, peu ou pas de presse, … mais LE titre qui marque. Les romans en eux-mêmes…

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